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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 17:08
Certains d’entre vous connaissent l’ouvrage " Le Sabre de Vie ", traduction du " Heiho Kadensho " (Enseignements Secrets de la Maison du Shogun) de Yagyu Munenori, maître de sabre du Yagyu Shinkage-ryu et des shôguns Tokugawa leyasu (1542-1616), Hidetaka (1579-1632) et lemitsu (1604-1651)
Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, ce livre est une approche à la fois philosophique et pragmatique de la pratique du sabre. Le titre de l’ouvrage paraît souvent paradoxal aux non pratiquants. Une arme aussi radicale que le sabre japonais est-elle capable de « donner la vie » ? A proprement parler non, évidemment, mais le sabre est un outil à la construction de soi-même, qui permet donc d’être en harmonie avec ce qui nous entoure. Aujourd’hui, le sabre en tant qu’arme est « en paix » et n’est plus qu’un « outil »  dans la pratique. Mais attention à ce dernier terme : le considérer comme un simple outil et le manipuler sans respect de l’autre ni de ce que l’arme représente serait dangereux. Les pratiquants devraient se pencher sur le principe de Katsu Jin Ken pour éviter ces dérives. Ce concept, à l’opposé de Satsu Jin Ken, « le Sabre Qui Prend la Vie », permet au pratiquant de résoudre les conflits sans violence, en respectant l’autre, aboutissant de ce fait à une amélioration personnelle. Chacun d’entre nous dans sa pratique, quelle qu’elle soit (visant n’importe quel bugei), devrait garder à l’esprit que la violence n’est pas la finalité de l’art. André Cognard dans son livre « L’Esprit des Arts Martiaux » déclare que « la violence est toujours un échec de l’art ». Nul ne peut pratiquer en ayant en tête de dominer l’autre et d’utiliser sans discernement les techniques qui lui sont enseignées. On ne peut pratiquer les arts martiaux si l’on est dénué de fibre morale. Le pratiquant n’en tirera aucun bénéfice dans sa vie quotidienne et sera toujours en compétition avec les autres. Oubliez l’ego ! Lorsque vous entrez sur le tatami, souvenez-vous de ceci :

Le Sabre est le cœur.
Si le coeur n'est pas droit,
Le Sabre ne l'est pas.
Si l'on veut apprendre le Sabre,
Il faut d'abord apprendre le coeur.

Cela ne s’applique pas seulement en Kendô ou Iaïdô. L’idéogramme pour « Ninja » n’est-il pas fait de l’image du sabre et du cœur ? Hatsumi Masaaki, sôke des 9 écoles du Bujinkan (Budô Ninpô Taijutsu) n’a-t-il pas dit : « Oubliez votre peine, colère, rancune et haine. Laissez-les passer comme la fumée prise par la brise. Vous ne devriez pas dévier du chemin de la droiture: vous devriez mener la vie d'un homme de bien. Ne soyez pas possédé par l'avarice, la luxure, ou votre ego. Vous devriez accepter le chagrin, la peine et la haine comme elles sont et les considérer comme une chance et une épreuve donnée par les pouvoirs (les puissances divines)...une bénédiction donnée par la nature. Engagez totalement à la fois votre esprit et votre temps dans le budo et ayez votre esprit profondément ancré dans le bujutsu. » ? (article du 25 décembre 2006 – Citations).
Dans chaque art martial, soyez dénué d’intentions. Ne cherchez pas à détruire et ne soyez pas arrogant. Votre cœur doit être délesté de tout désir. C’est votre art qui doit vous apporter la sérénité et vous éclairer. Le pratiquant ne la trouvera pas en détruisant l’harmonie entre lui et les autres. Son art ne doit pas le mettre en danger ni ceux autour de lui. Détournez-vous de Satsu Jin Ken, qui est un principe malsain et inutile de nos jours. Les pratiquants devraient entraîner leurs cœurs et leurs esprits constamment en recherchant l’échange et en développant une amitié constructive. Kobayashi Senseï disait: « Changez le cœur de l’adversaire » (Aïte no kokoro kawaru). De même, O Senseï Ueshiba déclarait : « Enveloppez votre adversaire dans votre cœur ». Il s’agit de transformer les énergies négatives, tout en évitant le conflit (le meilleur des sabres est celui qui reste dans son fourreau – vaincre d’abord, couper ensuite). Il ne s’agit pas de vaincre l’adversaire mais de se vaincre « soi-même ». A partir de là, une fois les doutes, les peurs et la fierté effacés, il est possible de résoudre les conflits sans violence. Comme le dit André Cognard, on aura à ce moment élevé « la notion de combat au niveau de la compassion ».
On trouve en Kendô cette expression : « Yakusoku-geiko ». C’est la promesse permanente que se font les Kendoka de se donner l’un à l’autre la chance d’apprendre et de progresser. Il n’y a pas dans cet esprit de volonté de victoire (gagner par tous les moyens) et chacun repart en ayant assimilé des principes et techniques. Ainsi, le sabre ou l’art devient un outil de vérité. On parle parfois de Sabre de l’Illumination, celui qui a abattu le mal (en nous) et qui donc préserve la vie (adage attribué à l’instructeur des Shogun Tokugawa). Pour cela, il faut que :

« Ken Shin Itchi » (sabre et cœur ne font qu’un)

« Shin Gi Itchi » (cœur et technique ne font qu’un)

« Shin Shin Ichi Nyo » ou « Shin To Shintai » (cœur et corps ne font qu’un) 

En définitive, dans Katsu Jin Ken, le sabre est le miroir du cœur et l’esprit doit être au bout du sabre.

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Published by Shingen - dans Le Bushido
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