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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 13:32
On entend souvent dire que le dôjô est le « lieu de l’éveil ». Littéralement en japonais, signifie la voie, donc le dôjô est le lieu où l'on étudie et cherche la Voie. Pour Bodhimanda, dôjô se traduit également en sanscrit par  le « lieu d'édification ».

Historiquement le dojo était la salle d’un temple religieux consacré à la méditation bouddhiste zen. Ces salles ont aussi été utilisées par la suite pour l'enseignement des arts martiaux. Dans le cas du dôjô où l'on étudie les arts martiaux comme dans le cas des dôjô servant de centre de méditation, des règles strictes sont instituées.

Image hébergée par servimg.com

L’orientation

Traditionnellement, le dôjô obéit à des règles concernant son orientation, règles fixées par l'Empereur Kammu (736-805), pendant l'ère Heïan, en 794 lors de l'édification du Butokuden ou « Salle de la Vertu chevaleresque », dojo situé dans le parc du Palais Impérial de Heïan Jingu à Kyoto (construit en l'honneur de Sakanoue Tamuramaro qui, après une campagne militaire reçut le titre de Sei I Tai Shogun ou « Généralissime Dompteur des Barbares »)

Le côté honorifique, dit kamiza -上座 (le côté élevé) est situé face au Sud. C'est “l'Assise (Za) des Esprits (Kami)”.
Kami signifie littéralement Feu (Ka) et Eau (Mi). Les Kami, divinités de l'Eau et du Feu, protègent le Japon. Ainsi les pilotes se jetant sur les porte-avions américains à la fin de la Seconde Guerre Mondiale se nommaient “Kamikaze”. Kaze, dans ce cas représente le Vent. Le Kamikaze est donc le “Vent Divin Protecteur du Japon” mais aussi le “Vent de Feu et d'Eau”.
Le kamiza dispose d’un autel : le Tokonoma, où l’on peut déposer de nombreux éléments décoratifs. A l'origine cet autel était constitué d'une niche représentant symboliquement la grotte céleste dans laquelle s'était réfugiée Amateratsu O Mi Kami “Grande Auguste Kami Illuminant du Ciel” et qui est à l'origine des dynasties impériales.
Dans cette niche, l'Empereur conservait les “Trois Joyaux” du Japon : un miroir de bronze poli, une épée droite, un joyau écarlate.
Le miroir servit à faire sortir Amateratsu de sa retraite en lui renvoyant son propre reflet qu'elle prit pour une concurrente.
L'épée droite fut trouvée dans un dragon tué par Hayasusanoo No Makoto le “Prince Masculin Puissant et Impérieux”.
Cette épée nommée “Fauchant l'Herbe” (Kusanagi No Tsurugi) sauva des flammes le Prince Shotoku (572 - 622) qui échappa grâce à elle à un incendie allumé par des conspirateurs.
Il s'agit, en réalité, d'une merveilleuse épée chinoise (Jian) à double tranchant qui servit de modèle aux premiers sabres japonais (Ken).
Le joyau écarlate est d'origine inconnue et seul l'empereur peut le contempler.

A côté du miroir ou de petites cloches de bronze, on déposa par la suite dans le tokonoma le Daisho. Dans des périodes moins troublées, on y déposa des éléments plus pacifiques tels qu’un kakemono. Aujourd’hui, il est le plus souvent décoré d'un portrait ou de tout autre objet symbolique de la discipline enseignée. C’est le lien de l'Est, qui correspond à l'Energie du Bois et au Dragon Vert, donc à la bravoure chevaleresque. Il est traditionnel d'y déposer un bouquet (Ikebana) ou un Bonsaï qui matérialisera les forces de la Nature. En fait on peut utiliser de nombreux éléments décoratifs : pierre ou poterie ancienne, statuette de bronze, éventail de fer, casque (Kabuto), ou même une armure ancienne. Parfois dans les dôjô traditionnels, ce mur était composé d'une cloison de bois permettant d'y disposer divers rangements.
On y dissimulait des armes ainsi que les archives du dôjô dont les fameux rouleaux (Maki) comportant les enseignements ésotériques de l'école (Himitsudo).
 L'enseignant s'assied dos au kamiza. C'est aussi de ce côté qu'est placé un invité de marque.

Le mur d'en face est le shimoza - 下座 (côté bas), où sont assis les élèves. C'est l'Assise (Za) des Ancêtres (Shimo - du japonais ancien Shimeru : être à l'origine). Le Shimoza représente à la fois le culte des ancêtres et la piété filiale ainsi que la force des anciennes traditions. Il correspond à la justice et à l'équité (le Tigre Blanc). Il est dédié au “Kami des Naissances Divines”.
Les élèves y sont rangés selon un ordre coutumier. Le Migi Gawa (sur le côté Est, considéré comme Ura, donc Yin et féminin) est traditionnellement réservé aux plus anciens.
Le Hidari Gawa (côté gauche, considéré comme Omote, donc Yang et masculin) est occupé par les débutants.
Cette disposition s’explique ainsi : les débutants se trouvant près de l'aire d'attente dans le coin sud-ouest sont près de la porte d'entrée et de sortie. C'est le coin des « sans-grade »  et « sans nom » (Mukyu – ceux qui n’ont pas leur nom sur une plaque à l’entrée), soit ceux qui se faisaient tuer en premier lorsque le dôjô était attaqué.  A l'opposé les plus hauts gradés protégeaient le Maître de leur sabre.
C'est également à l'Ouest que sont placés les visiteurs éventuels, tandis que les assistants de l'enseignant s'asseyent dos au côté Est de la salle (Jozeki, au Sud).
Cette orientation a une signification symbolique. Face au Sud, l'enseignant reçoit la lumière du soleil, qui est la connaissance qu'il doit transmettre. Les élèves ne peuvent voir cette lumière qu'au travers de la réflection qu'en offre l'enseignant, qui se doit donc d'être le miroir le plus fidèle possible. Les pratiquants anciens sont du côté du soleil levant : de par leur ancienneté, ils commencent à comprendre les principes essentiels de leur discipline, alors que les débutants sont encore dans l'ombre.
Le placement des invités du côté des débutants (Shimozeki, au Nord) est également un héritage historique. Quand il existait de nombreuses écoles concurrentes, mettre les invités du côté des débutants et loin des anciens rendait difficile aux éventuels espions envoyés par les autres écoles de voir les techniques particulières à ce dôjô.

Cette disposition spécifique du dôjô implique des déplacements tout aussi particuliers. Il faut donc savoir évoluer suivant les règles du dôjô : le Kihontai

Source : notamment article de Georges Charles

Liens: 
http://shotokancrsa.com/ethiquedojo.htm
http://www.etik.asso.fr/Journal/J3/page5.html

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Published by Shingen - dans Le Bushido
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