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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 16:24

 On appelle Sandai Adauchi  "Les Trois Grandes Vengeances", c'est-à dire les trois plus célèbres histoires de vengeance du Japon:

puce.gifla vengeance des 47 ronin (akô rôshi - voir l'article sur Les 47 Rônin)
puce.gifla vengeance des frères Soga (sogamono)
puce.gifla vengeance d’Igagoe (igagoemono).


Voici donc, après l’histoire des 47 rônin: l'histoire des frères Soga.

 

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/soga_b10.jpg


Le Japon était autrefois dirigé par un empereur, membre des Fujiwara, depuis le 7ème siècle. Au 12ème siècle, deux autres familles tentèrent aussi de s’imposer : les Minamoto et les Taira. Les Minamoto étaient aussi appelés Genji, et le clan des Taira était aussi connu sous le nom de Heike ou Heishi.

Ces deux familles étaient parvenues à mettre l’empereur de la branche des Fujiwara hors course, ce qui amena ces deux familles à se battre ensuite l’une contre l’autre pour gagner le pouvoir. Les Minamoto arrivèrent tout d’abord à leur fin, mais en 1159, le clan des Heike, avec leur chef Kiyomori, les battirent et les chassèrent de la capitale de Kyôtô.

Après la mort de Kiyomori en 1181, la chance tourna encore. Les Minamoto gagnèrent la bataille décisive à Dannoura en 1185 et leur chef, Yoritomo, s’autoproclama chef militaire incontesté du Japon – Shogun. Dans les années qui suivirent, Yoritomo unifia et pacifia le pays – d’une façon radicale, en exécutant tous ceux qui semblaient avoir du sang des Taira dans les veines, ou ceux représentant un danger potentiel envers son pouvoir, comme ses propres frères Yoshitsune et Noriyori.


http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/soga_p10.jpgLe clan des Ito, avec à sa tête Sukechika Ito ( ? – 1182) , était allié aux Heike qui dirigeaient alors la région. Ito commandait à cette époque Yoritomo Minamoto, le fils du rival des Taira, qui était en exil, mais qui allait par la suite établir le Shogunat de l’époque Kamakura. Yoritomo tomba amoureux de la fille de Sukechika et eut un fils. Par peur de la réaction du clan des Taira, Sukechika tua l’enfant et essaya d’assassiner Yoritomo qui parvint à s’enfuir. Ce dernier trouva refuge chez Tokimasa Hojo, qui devint plus tard son beau-père. Dans le même temps, Suketsune Kudo ( ? – 1193), cousin d’Ito, fut envoyé à Kyoto par les Taira pour servir leur gouvernement. Sukechika le priva alors de ses terres, et furieux, Kudo décida de se venger. En 1176, il ordonna à ses hommes d’assassiner Kawazu Saburo Sukeyasu, le fils d’Ito, un sumotori connu. Lors d’une chasse à Izu, Sukeyasu fut abattu. Il laissa deux fils derrière lui, âgés de 3 et 5 ans. A partir de là, on trouve différentes versions de l’histoire. Il est dit que la veuve de Sukeyasu se remaria plus tard à un homme du nom de Sukenobu Soga, ce qui changea les noms des deux frères en Sukenari Soga (1172 – 1193) et Tokimune Soga (1174 – 1193). Sukenobu adopta le fils le plus âgé, Juro Sukenari. L’autre enfant, Goro Tokimune, fut envoyé à 11 ans dans un temple bouddhiste afin de devenir moine, sous le service de Gyojitsu. Mais les deux frères avaient juré de se retrouver et de venger la mort de leur père.


Pendant ce temps, le clan des Minamoto avait regagné le pouvoir et Yoritomo prit le contrôle du Japon en 1185, ses quartiers principaux étant situés à Kamakura.

Suketsune en était un des serviteurs. Pendant une douzaine d’années, la chance n’aida pas les frères Soga. Par la force des choses, une opportunité se présenta en Mai 1193. Un jour, Kudo Suketsune fut convié à une partie de chasse organisée par le Shogun Yoritomo. Lorsqu’il l’apprit, Juro alla chercher son frère à Oiso, l’endroit où ce dernier vivait comme moine. Juro et Goro arrivèrent au camp de chasse, près du Mont Fuji, trouvèrent Kudo Suketsune dans une tente et le tuèrent. Il y a là différentes versions à propos des circonstances. Dans l’une d’elles, Kudo était saoul, dans une autre, en compagnie d’une prostituée. Un combat s’engagea alors entre les serviteurs de Suketsune et les deux frères. Juro fut tué et Goro capturé. Par la suite, le Shogun ordonna l’exécution de Goro. Il avait 20 ans et son frère 22 ans lorsqu’ils moururent et 18 ans avaient passé depuis leur serment. Le Prêtre Guojitsu les enseveli par la suite.
La saga fut mise en scène dans de nombreuses pièces de noh et kabuki et de nombreuses reliques sont préservées dans la région d’Hakone (où fut tué Sukeyasu), comme la dague qu’aurait donné Suketsune à Tokimune en disant : " Tue moi avec cette dague si tu veux te venger ". Un autel a aussi été érigé à la mémoire des deux frères, presque 800 ans après leur vengeance.

 

Sources

The Samuraï Swordsman: Master of War, de Stephen Turnbull

The Ballad Drama of Medieval Japan, de James Araki


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Published by Shingen - dans Le Bushido
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