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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 16:50

Le terme de seppuku désigne le suicide rituel honorable pratiqué par les japonais dans différentes circonstances (voir plus loin). L’expression de hara-kiri signifie seulement « ouvrir le ventre » (hara : ventre) et ne concerne donc pas le rituel en lui-même. C’est une expression surtout employée en Occident, là où les japonais préfèrent le terme moins argotique de seppuku. Les deux mots s’écrivent de la même façon bien qu’en sens inverse avec une particule d’accompagnement seppuku : 切腹 – hara kiri : 腹切り

 

L’origine de ce rituel est controversée. Certains historiens se basent sur des archives du VIII° - IX° siècle, mais ce sont surtout des documents des X° et XI° siècles qui font clairement apparaître une scène de seppuku (tableau de la guerre des Trois Ans 1086-1089).
La légende veut que Minamoto no Tametomo soit le premier à avoir commis le Seppuku, en s'ouvrant le ventre, en 1156 après avoir tenté un coup d'état contre la capitale. Cette pratique trouve son origine en Chine où elle était employée par les femmes afin de prouver qu'en n'étant pas enceinte, leur vertu restait intacte (lorsqu’elles étaient accusées d'avoir enfanté l'enfant d'un autre homme que leur époux. Elles s'ouvraient alors le ventre de désespoir afin de prouver leur fidélité). Minamoto no Yorimasa est le premier dont on a une description détaillée du seppuku : après sa défaite à la première bataille d'Uji en 1180, Yorimasa s'est retiré dans la salle du Phénix du temple du Byōdō-in, a écrit un poème au dos de son étendard, avant de prendre son poignard et de s'ouvrir l'abdomen. Cette façon de procéder a codifié le seppuku.

 

A la fin du Shogunat  Ashikaga, le seppuku est ajouté aux deux autres formes de sentences de mort : l’étranglement et la décapitation (cette forme non accompagnée du seppuku était considérée comme le pire des déshonneur). Mais c’est seulement sous le shogunat des Tokugawa qu’il est codifié et institué comme un système pénal. Les peines imposées aux samouraï à l’époque étaient divisées en cinq catégories :

- hissoku : isolement en pénitence

- heimon : réclusion au domicile (50 à 100 jours)

- chikkyo : réclusion dans la solitude (retraite temporaire ou permanente jusqu’à la mort)

- kai-eki : mort civile (retrait du nom du condamné de la liste des samouraï)

- seppuku

 

La dernière peine était octroyée au guerrier uniquement s’il en était considéré comme digne. De ce fait, les gens du peuple et les femmes ne pouvaient se faire seppuku. Cependant, les femmes nobles et les femmes de samouraï pouvaient se trancher la carotide avec un tantô après s'être entravé les jambes afin de garder dans la mort une attitude décente. Cette forme de suicide s'appelle jigai.

 

 

 

Le peuple japonais a toujours été très soucieux des formes et régit par une grande discipline. Il est donc normal que le seppuku ait été codifié en cérémonie.

Il existait quatre grandes raison de faire seppuku:

- la défaite au combat. En effet, elle constituait un déshonneur pour le samouraï lui-même mais également pour ses compagnons et le maître. Pour éviter de souiller le nom de leur seigneur, les samouraï préféraient se donner la mort, et éviter par là même d'être pris ou torturés par l'ennemi. Ce type de seppuku est rapide et violent.

- le "Kanshin" ou "les remontrances": les vassaux du shogun accompagnaient leur critique par leur suicide. Le samouraï pouvait également protester contre une injustice en attirant l'attention de son seigneur qui reconsidérait alors une action imprudente ou indigne et, sauvant ainsi la vie de ses comparses. Oda Nobunaga reçut de cette manière une lettre de reproche d'un de ses vassaux qui, en commettant le seppuku lui ouvrit les yeux sur la situation catastrophique du Japon.

- à l'inverse, le "Tsumebara" fut institué par le shugon Tokugawa en tant que sanction à l'infidélité des vassaux. Le seppuku permettait au guerrier et à son clan d'éviter la honte, l'exil ou la prison. cette sanction était une offre de rachat soumise par le seigneur à son vassal.

- le "Junshi" ou "accompagnement dans la mort", est un suicide de groupe, signe de dévouement des samouraï à leur maître qu'ils accompagnent dans la mort (cas des 47 ronin). Ces seppuku collectifs pouvaient rassembler jusqu'à 500 guerriers, laissant les clans exsangues et sans défense. Le shogun Tokugawa promulgua un édit, en mai 1663 à la demande de Nobutsuna Matsudaira, pour mettre fin à cette pratique qui conduisait à une dépense inadmissible de vies humaines. Des cas épars de désobéissance furent cepenant commis et accueillis comme des actes d'autant plus braves par la population. Ainsi, le général Nagi qui se suicida à la mort de l'empereur Meiji en 1912, fut un cas très connu de désobéissance.

 

Concernant la cérémonie elle-même :

La cérémonie du Seppuku se pratiquait généralement en public mais devant une assemblée restreinte, et exigeait la présence obligatoire de certaines personnes telles que le kaishaku ou kaishakunin.

Le "Kaishaku", dont la signification est « veiller à s’occuper de ou servir » était celui chargé de couper la tête du guerrier, généralement un bon ami, homme de confiance, expérimenté et bon sabreur car sa tâche était délicate.  Avant l’exécution, le samouraï et lui participaient à un souper où ils mettaient en place un code discret pour permettre au Kaishaku d’abattre son sabre au bon moment.

Le rituel se pratiquait à la base sur le champ de bataille, mais avec la codification, la cérémonie se déroulait désormais dans un temple ou dans la maison du seigneur au service duquel appartenait le samouraï (où une salle spéciale était parfois dédiée au seppuku). Seuls les samouraï étant sur le front pouvait déroger à l’étiquette, puisque sur le point d’être pris par l’ennemi. Ils effectuaient un seppuku rapide et moins codifié, réduit à l’essentiel. Pour les autres, les règles étaient très spécifiques.

Sur le lieu de la cérémonie, on trouvait deux entrées, une pour le samouraï située au nord (shugyo mon – porte acsétique)  et une pour le kaishaku au sud (nehan-mon – porte du nirvana). Le samouraï devait entrer et s’asseoir sur un coussin face au nord et en face du kenshi (inspecteur), qui s’assurait que tout était en place et prononçait la sentence . Le kaishaku venait derrière le samouraï sur un tatami prévu à cet effet.

Avant de se donner la mort, le samouraï exprimait des remerciements pour la grâce qu’on lui faisait en lui octroyant cette mort. Sur le tatami, le bushi disposait d'encre, d'un pinceau, de feuilles de papier de riz et d'une tasse de saké. Il pouvait lire ou composer un poème reflétant son état d’esprit, boire (matsugo non misu – eau du dernier instant). L’un des membres officiels présentait alors le sanbo (plateau de bois blanc) où était posé le couteau entouré de deux feuilles de papier de soie japonaise (sugihara). La longueur standard du couteau (kusungobu) était de 0.95 shaku (soit 1 shaku = 35 cm). Le samouraï de rang élevé pouvait s’éventrer avec son propre wakizashi si cela lui était accordé.

 

 

Le rituel se pratiquait dans un kimono blanc (symbolisant la pureté). Le samouraï assis en seiza ouvrait son kimono pour laisser apparaître son ventre et pratiquait une double incision en croix dans l'abdomen (la forme traditionnelle consistant en une ouverture dans la largeur de gauche à droite puis de haut en bas à partir du sternum ). En effet, dans la tradition bouddhiste, l’abdomen inférieur (appelé hara) est considéré comme la conscience d’une personne. Le hara est le centre de gravité, le point d‘équilibre du corps, où sont concentrées les forces vitales. Ce centre se trouve à l’intérieur de l’abdomen: entre, d’une part, quatre centimètres environ (2 ou 3 doigts) sous le nombril et, d’autre part, la cinquième vertèbre lombaire. Le hara est le noyau de l’énergie vitale, de la force instinctive ou ki.
L’âme était alors libérée. Une fois la deuxième incision pratiquée, le kaishaku placé derrière lui, lui ôtait la tête rapidement d'un coup de sabre. La douleur insupportable était ainsi stoppée, une fois que le samouraï avait fait preuve de son courage. Ce Giri no jumonji, terriblement douloureux, était donc la plupart du temps interrompu.

 

 

Si le samouraï n’avait pas de kaishaku, il devait laisser sortir ses intestins et se laisser mourir.

La décapitation permettait à l'âme de s'élever vers le cosmos, tandis que dans le hara-kiri effectif -'éventration réelle'- l'âme retourne à la terre.

Une fois la cérémonie finie, on brisait la lame qui avait mis fin au seppuku.

 

 

 

« A l’époque féodale, nous croyions que la sincérité résidait dans nos entrailles; et s’il nous fallait montrer notre sincérité nous devions nous trancher le ventre pour en sortir notre sincérité visible. C’était aussi le symbole de la volonté du soldat, le samouraï; tout le monde savait que c’était le moyen le plus douloureux de mourir. Et si l’on préférait mourir de la façon la plus atroce, c’est qu’elle prouvait le courage du samouraï »

 

 

 

« Mishima expulse tout l’air de son corps avec un dernier cri sauvage.
De toutes ses forces, il s’enfonce le poignard dans le corps.
A la suite du coup, son visage pâlit et sa main droite se met à trembler. Voûtant le dos, Mishima commence de s’entailler horizontalement le ventre. Tandis qu’il tire sur le couteau, son corps cherche à expulser la lame;
la main qui tient le poignard tremble avec violence.
De la main gauche?
Mishima appuie fortement sur la droite.
Le couteau reste dans la plaie, et Mishima continue à s’ouvrire le ventre.
De l’entaille le sang gicle, coule vers le bas-ventre, tache d’écarlate le fundoshi.»

 

 

 

 (extrait de "Mort et vie de Mishima", par Henri Scott Stokes)

 

 

 sources:
http://www.clan-takeda.com/telechargements/Takeda_Mag_6.pdf, Rite ancestral, les origines du Seppuku – Hara kiri , article par Takeshi Otori

 

Wikipédia

 

 

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Published by Shingen - dans Le Bushido
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commentaires

tta race 11/11/2016 12:25

bitch