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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 10:07

Les termes de BUSHI et SAMURAÏ sont souvent employés dans le même sens, mais attention, ils n'apparaissent pourtant pas à la même époque. De ce fait, ils désignent des types différents de personnages dans l'histoire du Japon. 

Le terme "bushi" apparaît au plus tard au VIII° siècle et provient d'origines chinoises.

Etymologiquement, il découle peut-être du terme ici romanisé en Pinyin "wu shi" composé de deux idéogrammes qui ont le même sens dans les deux langues: 武士. Le premier pour “martial, militaire, guerre” (que l’on retrouve par exemple dans le titre chinois de l’Art de la Guerre - 孙武兵法 - de Sun Tsu), le second pour “guerrier, chevalier”.
Le terme bushidô peut d’ailleurs être traduit en chinois par “wǔ shì dào” selon les mêmes idéogrammes en japonais
  武士道.
Dans le livre de William Scott Wilson (voir la section Bibliographie, Ideals of the Samuraï – éditions Black Belt), on trouve un passage très intéressant en page 16 sur l’étymologie du terme bushi.

Voici une partie du texte traduit:
“En japonais, il y a plusieurs termes qui s’approchent de la signification de guerrier, mais le plus proche dans l’emploi et le sens est certainement le terme bushi. En décomposant l’idéogramme bu , il révèle le radical  , signifiant “arrêter” et une abréviation du radical  “lance” […].
Le radical shi d’un autre côté semble avoir originellement désigné une personne qui effectue une fonction ou a une capacité dans un domaine.” 

 

 



Le premier texte à faire référence au statut de guerrier est le Shoku Nihongi, qui est une continuation du Nihon Shoki, faisant partie des Six Histoires Nationales, chroniques officielles rapportant les événements survenant à la Cour Impériale entre 697 et 771 (du règne de l’Empereur Mommu à la dixième année du règne de l’Empereur Kamu). Dans un extrait couvrant l’année 721 (volume 8 du Shoku Nihongi), il est stipulé que : “les hommes de lettres et les guerriers sont ceux que la Nation estime”.  
Voici la phrase, où l’on peut distinguer le mot bushi dans la première partie :

続日本紀』より 養老五年正月甲戌条
また、詔して曰はく、「文人・武士は国家の重みする所なり。医卜・方術は古今、斯れ崇ぶ。百僚の内より学業に優遊し師範とあるに堪ふる者を擢(ぬきいだし)て、特に賞賜を加へて後生を勧め励すべし」とのたまふ。



NOTE : merci au Japanese Historical Text Initiative, de l’université de Berkeley, Californie, qui m’a fournis cette partie du texte en version japonaise.

D’ailleurs, toujours selon William Scott Wilson, le terme bushi pouvait être traduit par “un homme qui a la capacité de préserver la paix, soit par les lettres, soit par des moyens militaires, mais de façon prédominante par ce dernier moyen”. (éditions Black Belt, page 16)
L’appellation fait donc référence à l’idée d’un guerrier-poète, que l’on traduit communément de nos jours par “guerrier gentilhomme”. C’est à cette époque le seul terme utilisé pour désigner un guerrier japonais.

 

 



Vers le 10° siècle, un autre terme apparaît. Dans le Kokinshu, anthologie impériale de poèmes, on trouve une référence au terme “saburau” (provenant à l’origine de “saburatu”), signifiant, “escorter un noble ”, dont le substantif, on le sait, est “saburai” – traduit par “servir” ou “rester à côté de”.
En chinois, l’idéogramme
(pour samuraï en japonais) était un verbe signifiant “attendre ou accompagner une personne dans les hauts rangs de la société”.
Voici le poème concerné du Kokinshu (poème n°1091):
misaburai                       oh guardsman remind             
mikasa to môse              your master to wear his hat -              
miyagi no no                   here on Miyagi                                  
ko no shita tsuyu wa       Moor the dewdrops fall from the   
ame ni masareri              trees more heavenly than rain
(anonyme)


Source: Kokinshu: A Collection of Poems Ancient and Modern – Translated and Annoted by Laurel Rasplica Rodd, with Mary Catherine Henkenius (éditions Cheng & Tsui Company, 2004, page 372)

NOTE: (la traduction dans le livre de William Scott Wilson est différente – page 17 :
Attendant to nobility
Ask for your master’s umbrella
The dews neath the trees of Miyagi
Are thicker than rain.)


Les hommes d’armes dits “saburaï” désignent à cette époque les gardes de la cour impériale et de la haute noblesse. On retrouve bien en effet dans le poème le mot “guardsman” qui signifie en français “garde”, ou “attendant” dans l’autre traduction, qui peut être traduit par différentes entrées selon le contexte : gardien, préposé, surveillant. Il y a ici un rapport de féodalisation à un seigneur plus marqué que dans le statut du bushi.

En page 18 du livre de Stephen Turnbull  “The samuraï – a military history” (éditions Routledge Curzon), il est mentionné à l’appui : “ (le terme) bushi, quoiqu’il en soit, n’implique pas une relation maître-servant, et peut être considéré comme un terme général pour un combattant ou un guerrier” (traduction de l’anglais par Shingen).

Dans le Dictionnaire Historique du Japon, volume 2 (par Seiichi Iwao, en page 2340, éditions Maison franco-japonaise de Tokyo), il est suggéré pour le mot “samuraï” que : “le mot à l’origine semble n’avoir désigné que les gardes armés formant l’escorte qui appartenait à des rangs de noblesse égaux ou inférieurs au sixième. Ce n’est pas avant l’époque Kamakura que le terme désigne aussi des membres de la noblesse qui tiennent ces rangs à la Cour. Avec la naissance de la classe guerrière, les hauts personnages comme l’empereur retiré ou la famille régente dite Sekkan, apprécient l’habileté des guerriers dans le métier des armes et ont fini par appeler samuraï ceux qui formaient la garde rapprochée des Grands avant que le mot ne vienne se confondre avec le terme général de bushi. Autrement dit, le samuraï au sens primitif du terme désigne un statut particulier sans aucun rapport avec le bushi qui s’adonne aux affaires militaires.”

De même, à nouveau dans le livre de Stephen Turnbull, “The Samuraï – a military history” (encore en page 18), l’auteur établit que “la signification originale de samuraï n’avait aucune connotation militaire, mais la définition du samuraï a considérablement changé durant l’histoire japonaise.” (traduction de l’anglais par Shingen).
Le terme samurai existe donc bien avant l’époque pré-moderne, mais ne fait que désigner un homme au service de la cour, d'un noble ou d'une administration. C'est donc un serviteur et non un homme d’armes. Il n’appartient pas à une famille guerrière. Les deux termes bushi et samuraï ont cependant bien coexisté avant d’être confondus.

A la période Edo, sous le shogunat des Tokugawa, le terme "bushi" va disparaître.
Au XVII° siècle, les Tokugawa réorganisent la société en cassant le système féodal instauré durant la période Kamakura. En effet, au XII° siècle, le bakufu ou gouvernement militaire (“gouvernement sous la tente”, dirigé par le shogun) avait institué le système des gokenin : le bakufu accordait des terres aux chefs de clans guerriers, en échange de leur obéissance et fidélité. C’était la période de féodalisation des bushi.
Mais à la période Edo, la paix est instaurée et dès lors, les bushi ne sont plus rattachés à la terre. Ils ne reçoivent en récompense plus que des pensions.
Ils deviennent des fonctionnaires. La classe des "samuraï”, remplace la classe guerrière des "bushi" n’ayant plus lieu d’être après l’unification du Japon.

Enfin, la classe des “samuraï” va disparaître en 1876, date de l’interdiction du port du sabre (par décret impérial dit hato rei) pour toute personne extérieure à l’armée. La finalité guerrière, utilitaire et sociale du sabre disparaît avec les derniers fonctionnaires qui pouvaient encore porter le daisho. Les samuraï ne bénéficient plus de privilèges et le terme ne désignera plus que l’ancienne classe disparue face à l’occidentalisation du pays. Terme qui sera bien souvent mésusé par amalgame avec les précédents hommes d’armes de l’histoire du pays.

Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à me contacter. Merci de me signaler toute erreur dans l’article.

 

  

 

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Published by Shingen - dans Le Bushido
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Najib 01/01/2011 23:54



Salut,


Ca fait un moment que je ne suis pas passé et je voulas dire merci c'est du beau boulot. De belle recherches, vraiment de quoi apprendre et s'inspirer.


 


Continue et si tu a besoin d'aide même si je ne serais certainement pas aussi doué que toi tu peu me contacter.


 


(je suis un kendoka et aikidoka)


 



Shingen 02/01/2011 11:56



Bonjour,


 


merci pour le message.


Je n'ai pas mis à jour le blog depuis un moment, et il va falloir que je m'y replonge. Pour ta proposition d'aide, ce sera avec plaisir, si jamais j'ai besoin de renseignements.


Bonne année et meilleurs voeux!!


A bientôt