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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 11:17

Katô Kiyomosa -加藤清正, aussi connu dans sa jeunesse sous le nom de Toranosuke ‘le jeune tigre’ 虎之助 (25 juillet 1562 – 2 août 1611)

 

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La période Sengoku est riche en figures emblématiques. On cite souvent Toyotomi Hideyoshi, en raison de son incroyable ascension au pouvoir. Il s’avère que le lien entre les deux personnages historiques est des plus importants.

Kiyomosa était le fils d’un forgeron du village de Nakamura (ancienne province d’Owari et actuelle zone de Nagoya), où serait également né Hideyoshi. On les sait tous deux d’ascendances modestes, puisqu’Hideyoshi avait pour père un fantassin du nom de Yaemon. Apparemment liés de par leurs origines, leur lien va se resserer avec le temps, puisque Katô Kiyomosa deviendra vassal de Toyotomi Hideyoshi et l’un des plus célèbres généraux de l’ancien Japon.

 

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Le père de Kiyomosa, Katô Kiyotada, décède alors que son fils n’a que trois ans. Les mères d’Hideyoshi et de Kiyomosa partageant un lien de famille, le jeune Kiyomosa fut en conséquence confié au soin de Toyotomi Hideyoshi lui-même.
Katô Kiyomosa révèle vite de grandes aptitudes militaires. A l’âge de quinze ans, en 1576, il est déjà récompensé de 170 koku. Il participe ensuite à la bataille de Yamazaki en 1582, opposant les forces de Toyotomi à celles d’Akeshi Mitsuhide (général d’Oda Nobunaga qu’il finit par trahir en 1582). Cependant, il faudra attendre la bataille de Shizugatake en 1583 pour que Kiyomosa se distingue enfin à 21 ans au milieu des troupes d’arquebusiers. A cheval, et soutenu par des hommes de son clan, il montre une grande témérité au combat qu’il soutien avec sa fameuse lance. Un de ses hommes y attachera les têtes décapitées des ennemis pour intimider leurs opposants, ce qui vaudra à Katô Kiyomosa le surnom de « Shichi-hon yari », ou « les Sept Lances » de Shizugatake. A partir de cette époque, sa renommée ne fait qu’augmenter et Toyotomi lui octroie une récompense de 3000 koku. En 1585, il reçoit même le titre de Kazue-no-Kami et devient le percepteur de taxes d’Hideyoshi.
En 1586, Katô Kiyomosa gagne le territoire d’Higo et ses 250 000 koku, suite à la confiscation de la province à Sassa Narimasa qui est alors poussé au suicide. Le château de Kumamoto devient sa résidence principale, ce jusqu’à sa mort.

On sait que Katô Kiyomosa était un fervent adepte des préceptes de la secte bouddhiste Nichiren, au point d’en reprendre une expression comme devise et cri de guerre (Namu myoho renge kyo – Saluons le Lotus de la Loi Divine). Cette devise était aussi reprise sur les plates de ses fantassins et sur sa bannière (sur laquelle Nichiren lui-même aurait écrit ces mots selon la légende).

 

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De fait, Katô n’était pas un admirateur du christianisme et participa aux purges contre les chrétiens du Japon. Lors de la bataille de Hondo, il alla jusqu’à ordonner à ses hommes d’éventrer les mères enceintes chrétiennes et de décapiter les enfants. Katô se montra bien des fois sans pitié. Doté d’un état d’esprit d’une grande sévérité, il admettait peu d’écarts dans la conduite de ses hommes, banissant les amusements et se consacrant de façon très spartiate aux métiers de la guerre.


D’après lui :
« La pratique de la danse de Noh est absolument interdite. […]on devrait ordonner à un samuraï qui pratiquerait la danse – ce qui est en dehors des arts-martiaux, de se faire seppuku.»
« Lire de la poésie chinoise, des vers et des waka est interdit. On se féminiserait certainement si l’on donnait à son cœur le goût de tels délicats et élégants raffinements.»
« On devrait se lever à quatre heure du matin, s'entraîner aux techniques de sabre, prendre son repas, et s'entraîner à l'arc, aux armes à feu et à cheval »
« Ideals of the Samuraï » de William Scott Wilson – traduction par Shingen


Le fait est que Katô Kiyomosa inspira sûrement à son époque un grand respect, malgré sa cruauté, car il s’avéra un excellent meneur d’hommes, transmettant à ses troupes un esprit résolu. Ses actes lors des campagnes étrangères montrent sa détermination et sa force de caractère.


http://i38.servimg.com/u/f38/11/14/75/51/kato0310.jpgEn 1592 débute donc l’invasion de la Corée par le Japon. Toyotomi Hideyoshi, qui souhaite depuis longtemps envahir la Chine, doit passer par le territoire coréen. Cependant, le refus du roi Seonjo de le laisser passer marque l’invasion du pays.
Le commandement de la Seconde Division de l’armée est confié à Katô. Malheureusement, le leadership de la Première Division est donné à Konishi Yukinaga, d’obédience catholique. C’est là une des raisons pour lesquelles Katô et Konishi furent toujours ennemis. Une autre raison est que la Première Division avait râflé tous les butins et les honneurs à l’arrivée des hommes de Kiyomosa en Corée, tant son avancée fut rapide. Katô en prit grand ombrage et une querelle monta entre les deux hommes pour savoir qui mènerait l’offensive finale sur Seoul. Les deux divisions prirent des routes séparées et Konishi arriva à la capitale avant Katô, ce qui ne fit que renforcer la colère de ce dernier. Les détails de la campagne sont donnés notamment dans le livre de Robert O’Neill. On y découvre une opposition permanente entres les forces de Katô et celles de Konishi. Le commandement occille souvent entre les deux hommes, qui alternent chaque offensive. Katô finit cependant par se démarquer en déjouant des embuscades menées par les coréens et parvient jusqu’à Hoeryong où se trouvent les princes qu’il finit par capturer. Après quoi, il décide de marcher sur la Chine (Mandchourie) et sera le seul et unique général japonais à entrer dans ce pays durant la campagne qui se poursuit jusqu’en 1598.

Suite à une alliance sino-coréenne et la force de frappe navale des coréens, la campagne japonaise subit un large revers ainsi que de lourdes pertes, ce qui aboutit à une trêve de quatre années à partir de 1593. En ce temps, la chasse au tigre est un hobby répandu. De nombreuses peintures dépeignent Katô pratiquant ce sport avec une lance et son amour du combat, tout comme sa cruauté, lui valent le surnom de « Kishokan » ou « Général Démon ». Pour la légende, on prétend qu’un tigre qui avait été mené devant Hideyoshi tenta de se libérer ; mais Katô lui lança un tel regard que le fauve s’arrêta tout net. Ou encore, une des concubines de Katô en Corée aurait été dévorée par un tigre. Katô l’aurait tout simplement tué de colère avec sa lance pour se venger.


Par la suite, la trêve est rompue en juin 1597 et les hostilités reprennent. Katô prend alors part à la capture du château de Hwangsoksan, tout en maintenant les défenses de la forteresse d’Ulsan durant un hiver des plus rigoureux. Cette situation le marquera fortement puisqu’elle le poussera à améliorer les défenses de son propre château de Kumamoto.

 

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Le 18 septembre 1598, Toyotomo Hideyoshi décède de maladie, et son fils Toyotomi Hideyori n’est pas encore en âge dehttp://i38.servimg.com/u/f38/11/14/75/51/casque10.jpg régner. La campagne de Corée est terminée mais la bataille de Sekigahara st sur le point de débuter. Les forces du pays se divisent. Alors que certains hommes restent fidèles au nom des Toyotomi, d’autres se détachent et suivent leur propre route. Tokugawa Ieyasu, qui assurait jusque là la régence d’Hideyori avec quatre autres fidèles généraux (Maeda Toshiie, Môri Terumoto, Ukita Hideie et Uesugi Kagekatsu) commence à s’allier à des familles ennemies, comme celle des Date. Il éveille les soupçons des autres régents au point d’échapper à une tentative d’assassinat en 1599. Cependant, Katô se rallie à lui dans le but de protéger l’héritier d’Hideyoshi, connaissant désormais la puissance du général. On rapporte que lors de son entretien avec Ieyasu, auquel assiste Hideyori lui-même, Katô portait sur lui une dague pour frapper Tokugawa dans le cas où la sécurité du fils d’Hideyoshi lui aurait semblé menacée.


Katô Kiyomosa soutiendra les forces Tokugawa en 1600, lors de la bataille de Sekigahara et se verra octroyer par la suite la seconde moitié du territoire d’Higo, qui était jusque là détenu par son ennemi Konishi (qui avait trouvé la mort pour avoir soutenu les forces adserves à Sekigahara).
Pourtant, on soupçonne Tokugawa Ieyasu d’avoir commandité sa mort en 1611. Katô demeurant fidèle à Toyotomi Hideyori, Ieyasu voyait en lui un possible ferment de dissenssion dans son désir d’unifier le pays et de s’imposer comme maître du Japon.


Katô fut enterré au temple Honmyô-jin, temple bouddhiste de la secte Nichiren de Kumamoto. Sa force de caractère, sa franchise comme sa compétence dans la construction de châteaux ont fait de lui une figure incontournable des champs de bataille de la période Sengoku.


« Si un homme ne s’investit pas quotidiennement dans la pratique du bushidô, il sera difficile pour lui de mourir d’une mort brave et virile. Ainsi, il est essentiel de bien graver dans son esprit son rôle de guerrier. » Katô Kiyomosa (traduction de l'anglais par Shingen)

 

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Sources
War in Japan 1467-1615, de Stephen Turnbull
Samurai Commanders (2): 1577-1638, de Stephen Turnbull
I am Soldier: War stories, from the Ancient World to the 20th Century, de Robert O'Neill
Ideals of the Samuraï, de William Scott Wilson


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