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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 15:28

Voici un article qui je l'espère s'avérera le plus clair et le mieux renseigné possible.

D'après les informations du livre SAMOURAÏ, de Mitsuo Kure, voici une synthèse du chapitre 28 (complétée par d'autres informations) pour connaître l'évolution de l'armure vers le style oyoroi et ses caractéristiques.

 

 ~ NOMENCLATURE DE L'OYOROI (à venir - selon le livre de Mitsuo Kure) ~

 

Jusqu'à la période Nara, deux types d'armures étaient principalement utilisés (datant de la période Kofun - III° et VIII° siècle).

 

Un petit descriptif de ces armures est nécessaire:

 

le type tankô (IV° - VI° siècle) se caractérise par son maintien au niveau des hanches. Sur la photo suivante, on distingue la forme évasée du plastron qui se resserre vers la taille.

L'armure s'ouvrait sur un côté, pivotant sur des charnières.

Concernant la fabrication, le plastron était formé de plaques horizontales en bronze le plus souvent, rivetées entre elles sur une armature. Le tout était noué avec des lanières de cuir sur le devant, solidement maintenu au buste (voir photo 2).

Au niveau des bras, on trouvait des plaques couvrant les épaules et les biceps. La jupe était formée d'étroites plaques mais les jambes n'étaient pas protégées.

De ce fait, ce type rigide et serré d'armure était surtout adapté aux fantassins portant épées et lances en rangs serrés.

 

 

 

le type keikô se différencie du modèle tankô par son maintien au niveau des épaules grâce à des cordelettes de coton.

L'armure s'ouvrait sur le devant.

Lorsque les chevaux furent introduits au Japon depuis le continent, les cavaliers devinrent plus nombreux et nécessitèrent un nouveau type d'armure. Ce modèle répondait mieux aux besoins de la cavalerie, constituée en majorité d'archers.

Il s'inspire des armures chinoises des époques Tang notamment, mais aussi d'un modèle de construction coréenne. Les lamelles ("sane") étaient minces et faites de bandes de fer ou d'acier flexible, lacées par des lanières de cuir ou rivetées entre elles  pour former ds plaques semi-rigides. Cette armure était renforcée au niveau de la poitrine et des hanches par une seconde rangée. L'ensemble était complété par une protection aux épaules et au cou, et d'une jupe encore rigide arrivant à mi-cuisse.

 

  

 

A partir du VIII° siècle, l'importance de la cavalerie amena l'altération du modèle keikô pour aboutir à un nouveau style: le yoroi, parfois appelé oyoroi ("grande armure") dont le poids atteignait à peu près les 30 kilos.

 

L'évolution de ces armures vers l'oyoroi est la suivante:

 

concernant le KABUTO: le casque à bec de perroquet frontal (style "shokaku" ou "shokaku tsuki", présentant une protubérance à l'avant, et en forme de bateau renversé) fut modifié pour aboutir au casque à segments assemblés dit "ibako shi kabuto", orné de gros rivets ("hoshi") maintenant entre elles les plaques de métal. Il présentait déjà des "fukigaeshi" destinés à protéger les joues par les ailettes recourbées vers l'extérieur. Bien plus tard, les fukigaeshi seront complètement rabattues vers l'arrière, plaquées sur le casque.

Une visière ("maebashi") est rajoutée au bol plus conique.

La partie dite "shikoro" couvre la nuque et les côtés du cou contre les flèches, presque à la verticale.

Sous le casque est porté le bonnet "eboshi", puisque les kabuto ne présentaient pas de doublure. Le casque est maintenu sur la tête par des cordons d'attache, passés dans quatre trous dits "hibiki on ana". Au sommet du casque, on trouve un trou ("tehen") pour la ventilation et laisse passer le chignon ou les cheveux. Ce style restera sensiblement le même jusqu'à la période Kamakura, avec quelques variantes esthétiques au niveau des ornements, tels que le kuwagata.

NOTE:  il existait avec le shokaku tsuki un autre style de casque dit "mabizashi tsuki" (voir image 1 de l'armure keikô) à la visière très avancée et à l'ornement distinctif au sommet.

 

 

 

au niveau du BUSTE: au niveau des aisselles et des clavicules, la partie connue sous le nom de "sendai no ita" fut divisée en deux. Une plaque large et flexible apparaît à droite, formée par trois rangs de "kozane" (formes de sane), conserve l'appellation "sendai no ita". Elle protège l'aisselle de l'archer exposée lors du tir qui demande un ample mouvement. Une partie plus longue et étroite est placée à gauche et appelée "kyubi no ita" (kyubi = queue de pigeon), en fer. Ces parties forment des petits "sode" de protection attachés aux bretelles du devant ("watagami").

 

 

 

au niveau des CUISSES: la jupe est divisée en quatre tassettes ("kusazuri") permettant de monter à cheval plus aisément. Une des parties et le "wakidate".

 

au niveau des BRAS: on trouve désormais des "sode" qui partent des épaules et descendent jusqu'aux coudes, servant de boucliers.

 

concernant les LAMELLES: elles sont faites soit de cuir durci, soit de métal. Le tout était laqué pour éviter de rouiller et de casser en raison de l'humidité de l'été.

Elles sont percées de trous dans lesquels étaient glissés les lacets permettant de les attacher les unes aux autres. Elles se chevauchent, avec parfois une alternance cuir/métal.

Au milieu de l'ère Heian, elles se rétrécissent: 7.5cm/3cm

A l'ère Kamakura: 7.4cm/2cm

 

Compléments sur l'oyoroi:

 

Ce style d'armure conserve un vestige du modèle keikô dans le laçage en lignes droites verticales, dit laçage "kebiki odoshi" ("laçage complet"). Le tressage est fourni et épais, ne présentant aucun espacement. Ce laçage est très compliqué, et part de la gauche vers la droite lorsque l'on tient les lamelles côté face tourné vers soi. Il existe des variantes au style kebiki odoshi, effectué en "nawame garami" qui est un laçage en diagonales.

 

 

 

Les armures ultérieures du XV° siècle présenteront une méthode plus rapide et économique, dite "sugake odoshi" (voir ci-après). Nous ne sommes plus dans ce cas à la période Heian et le modèle d'armure a encore changé.

 

 

 

L'armure oyoroi se compose de plusieurs parties:

- la première, dite "tsubo ita", est la partie de la cuirasse couvrant le flanc droit (partie autonome). Elle est prolongée par une des quatre kusazuri, le wakidate.

 

- l'autre partie est le "dô" enveloppant le reste du buste et couverte de kozane. Ces sane sont assemblées de manière verticale par du cuir et forment de longues bandes horizontales. Les trois autres parties de la jupe y sont rattachées.

La face avant de cette partie fut recouverte de cuir décoré (le "tsurubashiri") pour éviter d'accrocher la corde de l'arc aux kozane. Cela est logique dans la mesure où les archers tiraient au niveau de leur poitrine et non des oreilles, qui étaient protégées par le large kabuto.

Avant le XIII° siècle, les armures ne présentaient qu'un seul "kote", placé sur l'épaule gauche, le bras droit devant être libéré de tout entrave pour le tir. A partir du XIII° siècle, les kote vont aller par paire. Ils étaient placés sur l'armure, attachés par de longues lanières de cuir. On plaçait ensuite le wakidate par dessus. Ces deux pièces accompagnées du "nodowa" (protège gorge) et des gants "suneate" constituaient la petite armure "kogusoku", que portaient les samuraï dans les camps militaires.

 

Très lourde, encombrante et chère, l'oyoroi restait peu appropriée pour les fantassins et tout soldat non aristocrate. De ce fait, un autre modèle fut élaboré pour cette classe guerrière, le style dômaru, léger et dégagé au niveau des épaules. Ce type d'armure, avec le modèle haramaki, fera l'objet d'un prochain article.

 

 

Pour trouver plus d'informations sur ce sujet, je conseille vivement de consulter le site d'Anthony J. Bryant (en anglais) déjà cité sur le blog, concernant les types d'armures et toutes leurs caractéristiques: www.sengokudaimyo.com

Pour ce qui est des livres (toujours en anglais), voici une liste très intéressante de ce que vous pouvez trouver comme support d'étude: www.satcho.com/katchu-armor.html ou encore www.toriilinks-editions.com (en anglais et en français) dont l'un des ouvrages expose la collection Stibbert de Florence.

 

 

Pour toute erreur dans ces lignes, merci de me contacter. Vous pouvez également apporter des suppléments d'informations qui seront bienvenus.

 

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Published by Shingen - dans Yoroï
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