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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 14:47

Voici une lettre accompagnant la présentation d'un séminaire intitulé "La Voie du Samouraï" proposé par le Groupe Gérard Carton

 

"Probablement le samouraï le plus connu du Japon, MIYAMOTO MUSASHI fit une carrière

exceptionnelle de maître d'armes. La philosophie qu'il tenta d'inculquer à travers sa discipline a frappé l'imagination des Japonais. Il fut également un peintre et un calligraphe de premier ordre.

Miyamoto Musashi est né en 1584 à une époque où le Japon est marqué par la fin de "l'ordre

social héréditaire" ce qui signifie que même des gens pauvres et simples, mais qui se distinguent par un grand courage dans les combats, peuvent prétendre occuper de hautes fonctions.

Mais cette société féodale dans laquelle les seigneurs provinciaux se partagent le pays et se font construire des châteaux, est en proie aux guerres civiles. Tout individu digne de ce nom doit donc apprendre le métier des armes parfois au péril de sa vie pour pouvoir se défendre car cette cohésion sociale n'est pas encore pleinement affirmée et les brigands et détrousseurs de toutes sortes rôdent dans les campagnes et même dans les villes.

Musashi est un garçon indomptable et courageux qui rêve de gloire rapportée des batailles. Baigné dans cette ambiance et fils d'un "rônin", samouraï sans maître, il quitte précocement le cocon familial et connaît son premier duel à treize ans. A cette occasion il fracasse la tête de Kihei Arima un sabreur itinérant habitué à lancer des défis.

Puis il voulut connaître l'ivresse de la guerre, et se mit aux ordres du Shogûn Togukawa en

participant à la bataille de Sekigahara. Cependant, ce Shôgun pacifia le territoire et Musashi

comprit que pour lui la période des guerres était terminée. La seule manière d'attirer l'attention sur lui était désormais de provoquer en duel des grands maîtres renommés et bien sûr de les vaincre... Il choisit donc de parcourir le pays en essayant seul de perfectionner son art et en gardant cette philosophie primaire: le sabre est l'âme du samouraï et ce dernier ne doit s'en séparer sous aucun prétexte.

Ainsi Musashi ne prit aucun bain dans sa vie et se lavait uniquement dans l'eau glacée des torrents des montagnes fortifiant ainsi son mental. Egalement il chassait lapins et rongeurs l'arme à la main ce qui lui permit de se perfectionner dans de nombreuses armes comme le poignard et le jitte: crochet cruciforme que l'on utilise dans le combat.

Musashi fût quasiment déifié de son vivant et reconnu pour la maîtrise de son art.

A la fin de sa vie, Musashi se retira dans une grotte appelée Regandô en menant une vie austère accompagnée de la rédaction de son ouvrage: "Le Traité des Cinq Roues".

Il mourut à l'âge de soixante deux ans revêtu de son armure.

L’enseignement de ce livre a été repris dans de nombreuses Business Schools japonaises.

Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il

énonce trouvent aussi à s’appliquer à toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne : "Je comprenais bien, écrit Musashi, comme il est difficile de maintenir une position face aux événements. [...] J’ai appliqué les principes (avantages) de la stratégie à tous les domaines des arts."

Le Traité des Cinq Roues n’est pas seulement un livre de stratégie guerrière ou pour l’action. C’est aussi un guide sur la Voie, qui énonce les principes d’un art de vivre. Livre à la fois d’action et de sagesse, ou plutôt de sagesse dans l’action, il donne le secret d’une stratégie victorieuse, d’un trajet initiatique qui passe par la maîtrise de soi.

"Dans une auberge isolée, un samouraï est installé à dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant. Trois rônin (guerriers sans maître) entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en oeuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois rônin. Loin de se décourager, les rônin se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes précis, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les rônin. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils apprirent, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était Miyamoto Musashi."

Cette légende illustre un principe capital de la Voie du Samouraï, selon lequel on doit « chercher à vaincre sans combattre » et « percevoir ce que l’on ne peut voir ».

 

L’enseignement de Musashi se définit à deux niveaux :

Tout d’abord, l’action efficace...

Tous les arts martiaux sont d’abord des techniques de défense, car l’on ne choisit pas d’être

attaqué, et dans ce cadre on ne choisit pas son attaquant. L’objectif constant du samouraï, dans l’action, est de vaincre. Pour le Samouraï, perdre c’est mourir... Mais la question est de savoir comment gagner par une action juste du point de vue de la stratégie et de l’attitude. Le guerrier doit, par exemple, "faire perdre à l’adversaire son équilibre mental" ou encore "faire naître une certaine tension nerveuse en empêchant l’adversaire d’être sûr de lui". Musashi souligne même l’importance "de neutraliser l’adversaire directement, sans le laisser souffler, en évitant de croiser son regard". À propos de l’importance de savoir se rénover dans l’action, Musashi dit plus loin :

"Lorsque, au cours d’un combat qui reste à l’état de mêlée, rien n’avance plus, abandonnez vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu’entre votre adversaire et vous tout grince, changez d’intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d’autres moyens avantageux pour vous."

Ces règles trouvent à s’appliquer dans le monde de l’action en général...

Vaincre, soit! Mais de préférence sans combattre et, dans tous les cas, sans perdre l’honneur.

 

Ensuite, la sagesse Musashi se rapproche davantage de la figure du sage que du technicien des armes. Son enseignement vise d’abord à remporter une victoire sur soi. C’est le sens de sa maxime : "Devenez l’ennemi". Dans son action, le guerrier doit atteindre en lui-même le point où cesse la violence. La maîtrise de soi, enseigne le traité, augmente les chances de maîtriser le monde. L’esprit qui anime les principes de Musashi, visant à l’efficacité dans l’action et à la maîtrise de soi pour atteindre la sagesse, se trouve aussi dans la tradition gréco-romaine, en particulier chez les Stoïciens, bien qu’il s’agisse dans ce cas plutôt de l’homme en progrès et du philosophe, qui n’en doit pas moins se considérer comme son seul ennemi, c’est-à-dire comme le seul véritable obstacle à vaincre.

 

L’enseignement de Musashi s’organise autour de neuf principes :

1. Éviter toutes pensées négatives.

2. Se forger dans la voie en pratiquant soi-même.

3. Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.

4. Connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même.

5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.

6. En toutes choses, s’habituer au jugement intuitif.

7. Percevoir ce que l’on ne voit pas.

8. Prêter attention au moindre détail.

9. Ne rien faire d’inutile, jamais.

 

Chacun de ces neufs principes est explicité dans le traité des cinq roues et mis en perspective de l’action et de la sagesse.

La « philosophie » du samouraï apparaît, au premier degré, comme brutale, directe et sans

émotions. Il n’a qu’un seul devoir, vaincre, et une seule contrainte, son échelle de valeur, tout en haut de laquelle on trouve son honneur.

Au second degré, la sagesse des principes apparaît comme fortifiante et épurée. Le samouraï

développe un mental d’acier, ne geint jamais, ne se compromet jamais, n’a aucune complaisance, et dans le même temps canalise sa force pour la maîtrise de soi, la défense de son maître et de son honneur pour être un homme « complet ».

 

"Il ne suffit pas d’apprendre à l’homme une spécialité. Car il devient ainsi une machine utilisable mais non une personnalité. Il importe qu’il acquière un sentiment, un sens pratique de ce qui vaut la peine d’être entrepris, de ce qui est beau, de ce qui est moralement droit. Sinon il ressemble davantage, avec ses connaissances professionnelles, à un chien savant qu’à une créature harmonieusement développée. Il doit apprendre à comprendre les motivations des hommes, leurs chimères et leurs angoisses pour déterminer son rôle exact vis-à-vis des proches et de la communauté."

Albert Einstein

 

Le propre des humains est de souvent réinventer la roue. De génération en génération si certains s’évertuent à enseigner ce que les « anciens » ont découvert, beaucoup tiennent à découvrir par eux même, comme les enfants qui ont besoin de se brûler pour comprendre de quoi il s’agit

 

Gérard D. Carton "

 

 

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Published by Shingen - dans Le Bushido
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