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"Le menkô est un masque de métal couvrant soit toutes les parties, présentant des trous pour les yeux et les narines, dans quel cas il est appelé Menpô, soit plus petit, couvrant seulement les joues et la portion du visage sous le nez, auquel cas il est appelé Ho-Ate" Josiah Conder.
En vérité, on peut classer la protection du visage (généralement appelée men yoro, mengu ou katchu-men) en plus de groupes que cette répartition donnée par Conder:
Happuri – masque
couvrant le front et les joues (utilisé par les ashigaru). Il n'y a pas de nodowa
Hanbo (ou
tsubame-bo, tsubakuro-bo, tsubame-gata, embigata, yembi-gata) – demi-masque, couvrant la gorge et le menton, appelé "queue d'hirondelle"
Hoate (ou
saru-bô "visage de singe") – demi masque, couvrant la gorge, le menton et les joues
Menpo –
demi-masque, couvrant tout le visage jusqu'au niveau des yeux. Dans ce cas, la partie du nez peut être amovible
Sômen
(parfois So-Mempô; Matt Garbutt l'appelle menbô) – masque complet couvrant tout le visage.
D'après Anthony J. Bryant, les sômen "n'étaient pas très bien étudiés, car, tandis qu'ils servaient de protection, ils limitaient la respiration et la vision; de ce fait, ils étaient rarement portés".
Le guerrier ne pouvant pas ouvrir la bouche en portant son masque devait par exemple s'il était assoiffé, utiliser la tige de bambou qui formait les flèches pour boire. (Garbutt)
Je ne compte pas dans cette division le Nodowa (gorgerin) qui pouvait parfois se porter seul, sans masque. On peut voir ci-contre la forme de
cet accessoire.
Le gorgerin était porté par des bushi de haut rang. Il était fait de 2 ou 3 rangs de plates lacées fermement sur une lame plus large en forme de U. Les meilleurs Nodowa sont faits de kozane. Cet accessoire s'est développé à partir du 6° siècle et dérive d'un collier cuirassé en plaques de métal ou en peau de requin anciennement porté sous le do et attaché à un support matelassé de cuir ou de tissu appelé eri-mawari.
Il y a différents types de gorgerins, qui dérivent tous de la forme basique Nodowa:
Nodawa – gorgerin attaché par des cordes à l'arrière du cou
Meguriwa – gorgerin attaché au kabuto par des crochets
Eriwa – gorgerin attaché par une boucle
Guruwa – extension du nodowa, se présentant comme des ailettes ou un anneau de métal entourant complètement le cou. Il pouvait disposer
d'une charnière sur un des côtés et d'un bouton pour le maintenir sur le côté opposé; ou bien être simplement noué par une cordelette.
GURUWA
Avant d'enfiler
le masque, les bushi devaient se munir d'un tissu (fukuza) qu'ils plaçaient sur le menton. Ils attachaient ensuite le masque avec des cordelettes nouées derrière la tête. La face interne
du mempô était laquée pour ne pas irriter la peau (d'une couleur correspondant au reste de l'armure).
"Le milieu d'une corde souple et lourde était attaché à l'anneau situé à l'arrière du casque et la corde était lacée depuis les anneaux aux attaches du mempô et finalement nouée sous le menton du porteur". (Stone)
Le masque pouvait présenter des trous pour faire s'écouler la sueur. Ces trous sont appelés asenagashi-no-ana (ou asenagashi-no-kan) situé sous le menton, parfois agrémentés d'un tube appelé tsuyo-otoshi-no-kubo.
impress. sur bois - Hayakawa Kyuukei
Afin de montrer une apparence redoutable, les men yoroi portaient des accessoires exagérés tels que des verrues, des moustaches, des barbes ou des dents en or ou en argent. On leur donnait également l'apparence de démons ou d'esprits maléfiques.
"Ces masques étaient faits de façon à représenter des visages d'hommes, de démons ou d'animaux et étaient très
intelligemment faits, les hommes âgés portant des masques de jeunes hommes et vice-versa." (Gilbertson et Kowaki)
Ci-après, voici les dénominations que l'on peut donner au masque en fonction de l'apparence:
Akuryo-bo - représentation d'un mauvais
esprit
Bijo-bo - visage féminin sans dent, à la
peau lisse et à la grande bouche
Emi-bo - masque avec un très large
sourire
Etchu-bo (ou etchu-men,
yasuri-men) - masque strié
Genjoraku-bo - le genjoraku est un
personnage de la mythologie indienne apparaissant dans les danses de type Bugaku et Gigaku (forme archaïque du gigaku, disparue à
la période Edo)
Karasu-bo - masque avec un bec de corbeau
(voir masque rouge ci-dessous)
Karura-ho - Garuda est un oiseau mythique
dans la mythologie hindoue, monture de Vishnu. Il est appelé Karura en japonais.
Korai-bo - masque de visage
coréen
Kotakuraku-men - masque avec un bec de
corbeau beaucoup plus long que celui du type Karasu, tombant plus vers le sol
Kuro-urushi mempo - masque laqué de
noir (laque noire: kuro)
Kusari-mempô - à la place du yodarekake
se trouve une kusari, pièce de tissu recouverte de maillons
Moriyo - visage de fantôme
Neri-ho - masque fait de
cuir bouilli et durci
Oie-bo - type très rare de masque, qui
aurait été inventé par Iwai Yozaemon
Okina-bo - visage de vieil home avec
longue barbe et moustache (dérivé du masque de théâtre Noh)
Onimen: masque de démon (parfois avec des
crocs, comme pour le démon Hannya)
Onna-men - visage de femme
Ressei-men "puissance furieuse" (ou
shiwa-men, shiwa = ride) - masque présentant des rides, des dents et souvent des moustaches avec une expression violente.
Nara-men - type de ressei-men,
présentant de nombreuses rides sur le nez, produit massivement durant la période Nara
Ryubu-bo - un masque présentant peu
de rides, sans moustache et avec une expression sereine et noble
Shishiguchi-men: masque
dérivé du théâtre Noh représentant un lion chinois. La bouche est souvent carréeavec des crocs et une large langue rouge.
Tengu-bo - visage de tengu, personnage
mystérieux, soit avec un long nez (tori-tengu), soit avec un bec de corbeau (dans ce cas, il s'agit d'un karasu-bo)
Warawazura - visage de garcon
Uba-ho - visage de femme âgée, sans dents, avec une petite bouche sans ride


Il faut savoir que les masques pouvaient être signés. On trouve notamment des signatures de Muneharu, M unehide ou Muneakira tous de l'école Myôchin (fondée par Myôchin Munesuke). On peut voir ci-contre à droite une signature qui pourrait être celle de Munekata, forgeron qui fut employé par le clan Tsugara. Il vécut à la période Edo et était fils de Myôchin Jirobei.
Les mengu de l'école sont caractérisés par des traits typiques: pommettes prononcées, oreilles réalistes, menton proéminent et parfois exagéré, rides marquées.
On connait d'autres écoles telles qu'Iwai connue pour ses harikake-mempo et Haruta. Ces dernières se spécialisèrent dans le montage et le façonnage des armures produites par l'école Myôchin.
Hoshi: rivets
Ita-yodarekake: gorgerin à 3 plates au
lieu de quatre
Kuchi: bouche du masque
Hachi-tsuke-no-ita: la plate supérieure
Hishinui-no-ita: plate inférieure
Orikugi (ou "odayori-no-kugi", "ogarami", "o tasuke-no-kugi", "otayori-no-kugi","odome") : crochets ou anneaux sur le côté du masque au niveau des joues. Servaient à attacher les cordes du kabuto (shinobi-no-o).
Ue-ge: "cheveux transplantés" - cheveux ou moustaches sur le masque faits de crins de
chevaux.
Si en poils d'ours: shiro-kuma-ge (ours polaire: haguma - ours brun: shaguma). Si en poils de yak: kuchi-hige.
Yadome: protection sur le côté contre les
flèches
LE LACAGE DU YODARE-KAKE OU DU
NODOWA
Hi-odoshi: laçage
rouge
Kebiki-odoshi: laçage serré
Kon-ito-kebiki-odoshi:
laçage serré bleu foncé
Murasaki-odoshi: laçage
pourpre
Odoshi-ge: le tissu pour laçage
Sugake-otoshi: laçage espacé
LA LAQUE (URUSHI)
Sabi-nuri: laque imitant le
fer naturel oxydé
Shu-urushi: laque rouge. Cette laque
permettait en se reflétant sur le visage du guerrier de lui donner un aspect plus féroce.
Imafuku Zenkuro Koretada (un des 24 généraux de la
province de Kai) mettant son mempô - British Museum
Sources
Secrets of the samurai: a survey of the martial arts of feudal Japan, de Oscar Ratti, Adele Westbrook
A Glossary of the Construction, Decoration and Use of Arms and Armor, de George Cameron Stone
The Watanabe Art Musuem Samurai Armour CollectionVolume I ~ Kabuto & Mengu, de Trevor Absolon
Encyclopédie technique, historique, biographique et culturelle des arts, de Gabrielle Habersetzer, Roland Habersetzer
Oriental Armour, de H. Russell Robinson
The Ethos of Noh: Actors And Their Art, de Eric C. Rath
BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.
D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).
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