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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 20:07

http://i58.servimg.com/u/f58/11/14/75/51/masand10.jpgQuelle est l'essence du Shinto?

"[...] L'amour entre l'homme et la femme est l'origine de tout. En Occident l'individu est au centre. Mais un individu seul ne peut donner naissance à un autre être. Il faut qu'il y ait musubi."

 

Qu'est-ce que le musubi?

"Lorsqu'un homme et une femme s'unissent, un enfant naît. Les opposés qui s'unissent est l'essence du musubi. L'être humain naît du musubi du corps du père et de la mère. Musubi est l'union des contraires qui permet l'équilibre. [...] L'esprit du musubi est le coeur de l'âme japonaise. Ainsi le Japon a unifié bun et bu, la culture et le guerrier."

 

Comment doit-on considérer le corps?

"Le corps de l'homme est le corps des dieux. La journée nous l'utilisons, la nuit il retourne aux dieux.  [...] Nous ne sommes que des utilisateurs, nous ne possédons pas le corps, nous en avons l'usufruit."

 

Qu'est-ce que le Bushidô?

"[...] Mais le Bushidô n'est pas le chemin de la mort. Le Bushidô est une voie où l'omniprésence de la possibilité de la mort nous amène à réfléchir sur la façon de vivre. Cette présence de la mort nous amène à vivre pleinement et intensément chaque instant sans crainte. Et si cela s'avère nécessaire, à sacrifier son existence. Livrer un combat juste et nécessaire même en sachant que la seule issue possible est la défaite est aussi l'âme du samouraï. Mais le Budô est la vie."

 

Vous considérez que le Japon a oeuvré pour l'indépendance des pays d'Asie?

"[...] Le coeur de l'homme est pensée et empathie, compassion. Mais des deux l'essentiel est la compassion. La pensée n'a de valeur que lorsqu'elle renforce l'altruisme et la compassion."

 

Quelle est la spécificité de l'Aïkidô par rapport aux autres Budô?

"[...] L'Aïkidô est le dernier des Budô, son achèvement. Il contient l'esprit de la paix dans le monde."

 

Source: Dragon Magazine n°10

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 19:56

http://i58.servimg.com/u/f58/11/14/75/51/tamura10.jpg

 

 "Etudier un dô, c'est suivre un chemin vers l'homme qui est en nous. Un chemin que chacun peut emprunter et qui a été créé pour pouvoir être suivi par tous."

 

"Le Budô est une voie de purification. C'est le misogi haraï. Ce n'est pas une voie de destruction de l'adversaire. C'est un voie qui est au-delà de la victoire et la défaite."

 

"La mère qui protège ses enfants est la véritable signification du bu et a le même sens que le aï de l'Aïkidô. C'est le contraire absolu de la recherche de la destruction de l'autre."

 

"L'Aïkidô est une voie qui permet de se découvrir soi-même et de se construire en tant qu'être humain afin de vivre une vie pleine et heureuse."

 

Source: Dragon magazine - Hors série n°1 - Spécial Aïkidô

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:00

Voici un article tiré du magazine HISTOIRE & BATAILLES (n°2, Août-Sept-Oct 2012).

par Umberto Vasco

 

http://i34.servimg.com/u/f34/11/14/75/51/hb10.jpg

 

Bonne lecture.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 16:40

"On ne trouve la vie qu'à travers la conquête de la peur et de la mort dans sa propre intimité, son propre esprit. Vider l'esprit de toutes les formes d'attachement, charger et conquérir l'adversaire dans un éclair décisif."

Togo Shigekata

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"Conquérir le mal et non l'adversaire, voilà l'essence de l'homme d'épée."  

Yagyu Munenori

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"Une position efficace ne doit être attachée ni à l'épée de l'adversaire ni à son épée."

Yagyu Toshiyoshi
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"L' esprit paisible est comme l'eau calme réfléchissant l'éclat de la lune. Vider l'esprit et vous réaliserez un esprit paisible."

Yagyu Jubei
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"L'esprit insensible aux conditions extérieures produit une mobilité corporelle."
Yagyu Renyasai

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"Ne pas vaciller devant l'adversaire et son épée est l'essence de l'homme d'épée."

Miyamoto Musashi
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"Lorsqu'une école cherche avant tout à se garantir une clientèle en affichant les trophés gagnés en tournoi, elle trompe l'élève quant à la Voie du Combattant."

Miyamoto Musashi

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"Le sabre doit être plus qu'une simple arme; il doit être la réponse à des questions de la vie."

Miyamoto Musashi

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"Se conquérir soi-même, c'est conquérir l'adversaire."

Takuan Soho
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"Un samouraï ne devrait ni être pompeux ni arrogant."
Tsukahara Bokuden  
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"Un cristal brut ne brille pas; un samouraï indiscipliné n'a pas d'éclat. Un samouraï devrait donc cultiver
son esprit."

Anonyme

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"Celui qui apprend mais ne met point en pratique l'enseignement, celui-là est comparable à un pauvre hère occupé à compter le trésor des autres. Beaucoup de beaux discours, mais pas la moindre vertu intérieure - voilà la caractéristique de ceux qui oublient la pratique!" 

Sutra de l'Ornementation Fleurie

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"Sans vertu, un samuraï, fut-il célèbre, intelligent, grand orateur et plein d'esprit, ne serait qu'un vaurien. Un homme qui méconnait la vertu n'est pas un samuraï. Loyauté, esprit de justice, bravoure sont les trois vertus naturelles du samuraï"

Daidoji Yuzan

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"Le sabre est bien employé s'il subjugue les barbares alors qu'il repose, brillant, dans son fourreau. S'il quitte le fourreau, son utilisation ne peut être que mauvaise."

Tokugawa Ieyasu

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"Les arts martiaux sont comme un miroir, dans lequel vous vous regardez avant de vous laver le visage le matin. Vous vous voyez, simplement, tels que vous êtes."

Jiddu Krishnnamurti

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"La Voie du Sabre et la Voie du Zen sont identiques, car elles ont le même but; celui de tuer l'ego."

Yamada Jirokichi

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"Le sabre et l'esprit doivent être unis. La technique seule est insuffisante, et l'esprit seul n'est pas assez."

Yamada Jirokichi

 

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"Il est mieux d'éviter que de bloquer;

Il est mieux de bloquer que de frapper;

Il est mieux de frapper que de blesser;

Il est mieux de blesser que de mutiler;

Il est mieux de mutiler que de tuer;

Il est mieux de tuer que d'être tué;

Chaque vie est précieuse et aucune ne peut être remplacée."

Principe du Kung-Fu

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 15:17

puce.gif Male Colors: the Construction of Homosexuality in Tokugawa Japan

de Gary Leupp

éditions University of California Press

 

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/male_c10.jpg

Certains d'entre vous trouveront le choix de ce mois surprenant. Pourtant, la culture japonaise est empreinte de ce qu'on appelle "nanchoku", "wakashudô", "nandô" ou encore "bidô", tous ces termes étant synonymes d'un amour impliquant exclusivement des hommes.

Il faut savoir que l'homosexualité durant les périodes historiques du Japon (et pas seulement la période Tokugawa!) n'était pas interdite; elle était tout à fait tolérée, et même encouragée, car considérée comme honorable. Il était viril de la part d'un homme de ne pas succomber à la tentation d'avoir des relations charnelles avec une femme; aussi l'amour entre hommes était très répandu et celui qui appréciait les femmes était parfois même considéré comme efféminé. Beaucoup de daimyô, de guerriers et d'hommes de la Cour possédaient des amants. Certains n'eureut même jamais de relations hétérosexuelles. Comme le dit l'auteur, n'est-il pas écrit dans l'Ise Monogatari, qui date de 951:

 

Je ne peux pas croire que

tu sois loin,

car je ne peux jamais t'oublier,

et donc ton visage

est toujours devant moi


Ce poème est écrit par un homme pour un de ses amis. Et ce n'est pas là le seul exemple que l'on peut trouver dans la littérature. Ainsi, selon Ijiri Suzuke (1482): "Dans notre empire du Japon, cette voie a fleuri depuis l'époque du grand maître Kobo. [...] Cette voie doit être vraiment respectée et ne doit jamais disparaître." Quelle étrange chose pour nous, Occidentaux. Et pourtant, l'amour mâle a toujours existé et fut toujours toléré, en premier lieu par la religion bouddhiste. Pour les moines, quelque soit la sexualité, l'important est qu'elle respecte les autres.

 

J'ai choisi cette oeuvre car elle s'inscrit dans le cadre de notre compréhension du Bushidô. Car pour ceux qui l'auraient oublié, Yamamoto Tsunetomo fait lui aussi référence à l'homosexualité dans son oeuvre, Hagakure. De ce fait, puisque cette sexualité semble avoir régit pendant longtemps les moeurs des guerriers et des nobles, elle est une source de connaissances et nous permet d'appréhender un peu plus l'esprit des hommes qui ont fait et construit le Japon.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 12:39

"En dehors du Japon, les gens pensent que le Bushidô est synonyme d'hara-kiri. En fait, le sens du Bushidô est d'accomplir quelque chose en ce monde et d'être ensuite capable d'abandonner son corps et d'accepter la mort. Mais ce concept est très facilement incompris. C'est très différent du simple fait de simplement s'en aller et mourir. Si vous échouez à accomplir quelque chose et vous dites: "Oh, je dois me suicider", ce n'est pas une façon de penser très productive. Le Bushidô rejète cette façon de penser irresponsable. Il y a aussi dans le Bushidô le concept de continuer  à vivre bien que vous ayez à vivre dans la honte. S'il y a un moyen de rectifier le mal que vous avez fait, alors vous devriez le faire. C'est le véritable Bushidô."

Risuke Otake

 

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/otake_10.png

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 12:20

"Le pardon est la parure du guerrier." Gandhi

 

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"Sachant ce qui est juste, ne pas le faire démontre l'absence de courage. Donc, le courage est de faire ce qui est juste." Confucius

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"La sincérité est la fin et le commencement de toutes choses, sans la sincérité, rien n'existerait." Confucius


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"Le but de toute étiquette est de cultiver votre esprit de telle manière que, même lorsque vous êtes tranquillement assis, l'idée ne puisse même pas venir au plus grossier des hommes d'oser vous attaquer." Maxime de l'Ecole Ogasawara


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" Quand d'autres te blâment, ne les blâme pas. Quand d'autres sont en colère contre toi, ne le sois pas contre eux. La joie ne vient que lorsque la passion et le désir sont partis." Kumazawa

 

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" Il est dans la nature de tout homme d'aimer l'honneur, mais ce qui est vraiment honorable réside en chacun et non ailleurs. L'honneur que les hommes confèrent n'est pas le véritable honneur ". Meng-Tseu

 

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"Il est dans la nature de tout homme d'aimer l'honneur, mais ce qui est vraiment honorable réside en chacun et non ailleurs. L'honneur que les hommes confèrent n'est pas le véritable honneur." Meng-Tseu

 

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"La bienveillance emporte avec elle tout ce qui tente de lui faire obstacle, aussi facilement que l'eau domine le feu." Meng-Tseu

 

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"Quand les autres disent du mal de toi, ne rends pas le mal pour le mal, mais réfléchis que tu n'as pas été non plus toujours fidèle dans l'accomplissement de tes devoirs." Ogawa

 

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"Le déshonneur est pareil à une cicatrice sur un arbre que le temps, au lieu d'effacer, agrandit tous les jours." Anonyme

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 17:47

Voici la traduction d'une interview de William Scott Wilson, le célèbre traducteur, effectuée par la Kodansha USA.

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Q: Qu'est-ce que le Bushidô?

R: Le Bushidô pourrait être expliqué en partie par l'étymologie des caractères chinois utilisés dans le mot. BU provient de deux radicaux signifiant "arrêter" et "lance". Ainsi, même si le mot signifie aujourd'hui "martial" ou "affaire militaire", il a la sens de stopper une agression. SHI peut signifier "samurai", mais signifie aussi "gentilhomme" ou "érudit". En examinant le caractère, vous pouvez distinguer un homme avec de larges épaules mais avec ses pieds franchement campés dans le sol. DO, avec les radicaux de tête et de mouvement dépeignait à l'origine un moyen d'action réfléchi. Il désigne maintenant un chemin, une rue ou une voie. En ayant ceci en tête, nous pouvons comprendre le Bushidô comme un Moyen de Vie, à la fois éthique et martial, avec de l'autodiscipline comme doctrine fondamentale. L'autodiscipline demande au guerrier de considérer sur le moment sa place dans la société et l'éthique que cela implique, et de se forger dans la voie des arts martiaux. L'ensemble devrait finalement le mener à comprendre que ses ennemis fondamentaux sont sa propre ignorance et ses passions.

Q: Comment s'est développé le code et comment a t-il influencé la société japonaise? 

R: La classe guerrière commença à se développer en tant qu'entité reconnaissable vers les 11ème et 12ème siècles. Les meneurs de cette classe descendaient souvent de la noblesse, et de ce fait étaient des hommes éduqués et de lignage. Je dirais que le code se développa quand les chefs de la classe guerrière commencèrent à réfléchir à leur position dans la société et ce que cela représentait d'être un guerrier. Ils commencèrent d'abord à écrire ces pensées en tant que yuigon, dernières paroles à leurs descendants, ou en tant que kabegaki, littéralement "inscription sur mur", maximes destinées à tous leurs samuraï. Samuraï même est un mot intéressant, venant du classique saburau, "servir". Aussi, quand nous comprennons que le samuraï est "celui qui sert", nous voyons que les implications vont beaucoup plus loin que d'être simplement un soldat ou un combattant. Aussi, il est important de comprendre que les érudits confucéens avaient toujours réfléchi sur ce que cela signifiait que d'être un véritable gentilhomme, et qu'ils conclurent qu'un tel homme pouvait être autant martial que littéraire. Les japonais héritèrent tôt de ce système de pensée, et certains idéaux étaient déjà implicitement acceptés. La classe guerrière dirigea le pays pendant environ 650 ans, et son influence – politique, philosophique et même artistique, bénéficia d'une longue période pour infiltrer la société japonaise.

Q: Les samurai étaient pratiquement des hommes polymathes – intéressés par les arts, la cérémonie du thé, la religion, aussi bien que par les arts martiaux. Quel rôle jouèrent ces intérêts dans le développement du Bushidô? Comment s'intégrèrent les arts martiaux?  

R: Ce sujet remonte à l'idéal confucéen d'équilibre don’t ont hérité les japonais, probablement vers le 7ème siècle, ou à peu près. Le terme employé par les deux cultures pour exprimer ce concept, du "gentilhomme" pour les chinois et du guerrier pour les japonais, est hin, prononcé uruwashii en japonais, signifiant à la fois "équilibré" et "beau". L'étude des arts tels que la cérémonie du thé, la calligraphie, l'étude de la poésie ou de la littérature, et bien sûr les arts martiaux de l'escrime et de l'archerie, élargit la perspective d'un homme et sa compréhension du monde, et comme précisé ci-dessus, lui procurèrent l'outil pour s'autodiscipliner. Les arts martiaux furent inclus naturellement dans les devoirs du samurai, mais cela ne les rendit pas moins instructifs en devenant un être humain accompli.  

Q: A quoi ressemblait le combat au sabre?
Le style au sabre était-il différent en fonction des samuraï ?

R: Il y avait littéralement des centaines d'écoles d'escrime samurai vers 1800, comme mentionné précédemment, chaque école ayant accentué les différences de style et d'approches. Certaines faisaient sauter et bondir les étudiants, d'autres préconisaient de maintenir ses pieds solidement ancrés dans le sol; certaines enseignaient les différentes façons de tenir le sabre, d'autres une seule méthode seulement. Une école déclara que les techniques d'escrime arrivaient en second lieu après la méditation assise. Historiquement parlant, il y a eut des périodes durant lesquelles la plus grande partie de l'art du sabre était effectué à cheval, et d'autres principalement à pied. Aussi, comme la forme et la longueur du sabre varia tout au long des différentes époques, les styles de combats varièrent tout autant. Je suppose donc qu'un combat entre deux hommes qui étaient résolus à mourir devrait être très différent d'un combat dans lequel les hommes ne souhaitent pas être blessés.

Q: Comment la société japonaise reflète t-elle le code de nos jours?

R: Quand je suis arrivé la première fois pour vivre au Japon dans les années 60, je fus impressionné de voir combien les gens étaient dévoués et loyaux envers les sociétés qui les employaient. Quand j'ai finalement compris les termes samurai et saburau, cela commença à avoir du sens. Tandis que ces hommes  (les femmes en général ne resteraient pas longtemps dans une société, abandonnant le travail pour le mariage) ne portaient bien sûr pas de sabre, ils semblaient représenter cet ancien sens du service, du devoir, de la loyauté et même de la fierté samuraï. Cela peut paraître étrange dans notre culture "moi d'abord", mais cela m'impressionna que la société ait pris en quelque sorte la place du seigneur féodal, et que la rente du samuraï soit devenue le salaire des cols-blancs. Cela est sur un plan sociétal. Sur le plan individuel, j'ai souvent senti que les japonais avaient une forte résolution, peut-être de par ce passé culturel du Bushidô, pour résoudre les problèmes plutôt que de les contourner.

 

traduction par Shingen

 

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 13:18

Le Tachi précède la Katana dans l'histoire du sabre japonais. Voici dans les lignes qui suivent une mise en parallèle de ces deux armes.

 

De nombreux ouvrages définissent les deux termes.

D'après  Florence Braustein, "le tachi se portait à la ceinture au moyen d'une bélière de cuir ou de soie. D'une longueur comprise entre 60 et 76 cm, à la courbure profonde, c'est un sabre utilisé par les cavaliers."

D'après Tamio Tsuchiko, le tachi est "une épée incurvée avec une lame plus longue que 24in (60cm). Il était porté  suspendu à la ceinture avec le tranchant face au sol. Les tachi étaient produits durant la période Koto, avant 1596. Plus tard, certaines lames produites originellement en tant que tachi furent converties en katana par un raccourcissement de la soie (ou de la portion de la lame qui s'étend sous le hamachi et le munemachi); cette procédure cause inévitablement la perte de toute signature."

William Deal donne une définition très intéressante: "le terme tachi est employé pour désigner une longue épée d'abord utilisée par les nobles de la période Heian à la période Muromachi. Les lames de tachi étaient arquées et plus longues que celles des katana et étaient portées de manières différentes. Le terme tachi se réfère spécifiquement aux épées portées suspendues à la hanche avec le tranchant vers le bas. Par contraste, le katana était porté avec la surface tranchante face vers le haut et porté en travers de la ceinture. Les tachi étaient généralement produits pour les aristocrates en tant qu'atours indiquant une position sociale et un rang de la cour impériale. Sous le gouvernement militaire, les seigneurs de guerre et les vassaux militaires balayèrent les vestiges de l'ancien ordre aristocratique, en préférant peut-être des épées telles que les katana pour l'avantage tactique qu'ils offraient, en tant que dernier recours pour la défense dans un combat en face à face."

Stephen Turnbull confirme cette dernière idée: "d'abord utilisé par des guerriers trop pauvres pour se permettre de posséder un tachi, il (le katana) supplanta finalement le tachi comme arme de choix, car sa taille et son positionnement permettait au porteur d'effectuer un coup dévastateur directement à partir du fourreau."
Le tachi fut donc supplanté dans le temps de par ces deux raisons:

 

puce.gifle manque de moyens de certains guerriers de pouvoir s'offrir une telle arme.

Ces guerriers sont les fantassins, le tachi étant essentiellement utilisé sur le champ de bataille par les bushi à cheval, plus haut gradés.
Les fantassins portaient des armes appelées uchi-gatana. D'après Karl Friday: " l'uchi-gatana se développa probablement en tant que tachi des hommes pauvres". Turnbull s'y réfère également dans son ouvrage The Samuraï Swordsman, en page 25: "Le katana était utilisé avant la période Muromachi, mais de façon limitée, c’est-à dire que seuls les hommes de bas rang le portaient. Dans ce cas, on parlait plus d'uchi-gatana, porté de la même façon que le katana, c'est-à dire en travers de la ceinture."

Enfin, selon Serge Mol, "dans la période Muromachi, les dagues devinrent plus longues et se développèrent graduellement en uchigatana (épée qui frappe/perce). A l'origine, l'uchigatana avait une lame droite faisant jusqu'à 60 cm de long, le rendant approprié comme poignard. Plus tard, des versions plus longues, plus courbes de l'uchigatana furent développées, résultant en une arme connue aujourd'hui sous le nom de daïto (épée longue), et plus communément katana. Au départ, l'uchigatana était complémentaire du tachi, mais durant la période Azuchi-Momoyama (1576-1600), il devint si populaire qu'il remplaça le tachi. A la place, deux uchigatana étaient portés – un long et un court. Le plus court, faisant jusqu'à 60 cm de longueur, était aussi appelé chiisagatan (petit katana), ou wakizashi (les caractères les plus communs signifiant 'inséré au côté')"
On se rend compte que la définition de Mol apporte une notion supplémentaire: les guerriers de hauts rangs portaient deux sabres: un tachi et une lame plus courte. Turnbull tout comme Friday font référence à la "dague" mentionnée ici. "Ce que nous voyons comme étant porté dans des rouleaux tels que le Heiji Monogatari Emaki sont le tachi, qui est suspendu sur une ceinture séparée avec le tranchant vers le bas, et un sabre plus court, qui est introduit en-travers de la large écharpe autour de la taille de l'armure."
Le tachi, que beaucoup de guerriers ne pouvaient pas posséder, fut donc supplanté par l'uchigatana, qui semble être un dérivé de la dague que les guerriers nobles possédaient. L'uchigatana devint lui-même le katana que nous connaissons.

 

puce.gifle besoin d'évoluer dans les combats  en raison d'un manque de maniabilité du tachi.

Du fait de sa longueur, il est difficile de dégainer rapidement une telle arme. Selon Kôkan Nagayama: "Lorsqu’on utilise un tachi, deux actions discrètes - le dégainé du fourreau et la coupe - sont nécessaires. Mais lorsqu’on utilise un katana, l’action du dégainé est continue et devient l’action de couper, en d’autres mots, les deux actions peuvent être effectuées dans le même temps. Le katana est apparu comme le résultat de changements dans la façon dont les batailles étaient menées, le combat était devenu quelque peu féroce et demandait une réponse plus rapide." (The connoisseur's book of Japanese swords) Le port du tachi  à cheval favorisait par ailleurs un dégainé vertical et le tranchant vers le bas empêchait toute attaque surprise (Early Japanese sword guards, de Masayuki Sasano et Shihachi Fujimoto, page 7)
Il faut également savoir que le poids de l'arme était important. Comme il ne servait pas d'arme défensive mais offensive, le tachi devait avoir de la puissance pour couper les armures. De par son poids, les hommes devaient l'employer à deux mains, ce qui renforçait la puissance des coups. Les explications de Stephen Turnbull nous permettent d'appréhender la façon dont devait être utilisé le tachi: "le tachi devait être tenu à deux mains et des coups violents plutôt que des mouvements d’estoc devaient être le mode normal d’opération. Quand l’emploi du tachi est décrit dans les gunkimono (récits de guerre), nous notons l’emploi de verbes qui peuvent être le mieux traduits par « couper », « frapper » ou « entailler ». Dans le Mutsu Waki :
      
‘avant que les mots n’aient quitté sa bouche, il commença à former un chemin au-travers du centre de l’armée ennemie, frappant

       à droite et à gauche si sauvagement que personne ne s’aventurait à lui faire face' "
Turnbull continue en statuant qu’à l’inverse, l’emploi d’une lame plus courte est décrit par des termes tels que "poignarder/percer" ou "projeter" (on peut imaginer ici l’action de dégainer, où la lame est ‘lancée’ vers l’avant). Il illustre ses dires d’exemples tirés du Heike Monogatari, du Taiheiki ou du Gikeiki. La puissance délivrée par la tachi s’explique par sa courbure et par le fait qu’il soit tenu à deux mains.

 

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On constate ainsi que le tachi semblait peu adapté pour les combats rapprochés, raison pour laquelle il tomba en désuétude

En complément de ce survol historique et des définitions données sur les deux armes, on peut différencier le tachi du katana par plusieurs critères plus ou moins standards:
puce.gifle type de monture: fourreau suspendu pour le tachi (jindashi-zukuri), ou passé en travers de la ceinture pour la katana. Le fourreau du tachi est beaucoup plus décoré que celui du katana (on parle alors de sayamaki-no-tachi);

puce.gifla longueur de la lame: en 1730, la longueur du tachi fut officiellement établie entre 17.5 et 26.5in. (76/79 cm) (A Glossary of the Construction, Decoration and Use of Arms and Armor). La longueur usuelle du katana est de 66 à 76 cm.

puce.gifla signature sur la soie, qui détermine le sens du port de la lame: "La signature de tachi et de katana était habituellement inscrite sur l’extérieur de la soie ; le côté qui apparaissait sur l’extérieur variait en fonction de ce qu’une lame était portée en style tachi (tranchant vers le bas) ou en style katana (tranchant vers le haut). De ce fait, les signatures sur katana (katana-mei) et de tachi (tachi-mei) sont typiquement situées sur des côtés opposés." (The connoisseur's book of Japanese swords, de Kōkan Nagayama);

puce.gifla courbure (sori) de la lame: le tachi a une courbure de type toriizori ou koshizori; (The new generation of Japanese swordsmiths). Elle est souvent plus prononcée que celle du katana;

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/shinog12.jpg

puce.giffumbari plus prononcé sur les tachi (The Japanese Sword)

puce.gifla pointe (kissaki) est surtout de type ko-kissaki sur les tachi dans la période Heian tardive (The new generation of Japanese swordsmiths);

puce.gifhamon souvent de type suguha sur les tachi: ligne de trempe plus droite et parallèle au  hasaki (The Japanese sword);

puce.gifkashira de style kabuto-gane ("casque metallique") sur les tachi (Samurai:  the weapons and spirit of the Japanese warrior).Ce chapeau s'avance beaucoup plus sur la poignée et recouvre plus le tressage que la simple kashira;

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/kabuto10.gif

puce.gifla garde (tsuba) du tachi ressemble au type de garde des sabres chinois et est appelée shitogi-tsuba : "un type précoce de garde qui fut employé sur les tachi de cérémonie longtemps après que son utilisation soit arrêtée sur les sabres de combat. La forme originale dériverait des gateaux de riz rituels, appelés shitogi, qui étaient faits en écrasant une poignée de riz cuit pour y laisser les impressions des doigts. Bien que cette garde soit d'une épaisseur considerable elle est étroite et apporte peu de protection pour la main. On y ajouta donc des anneaux de métal sur chaque côté." (elle devient alors une Kara-Tsuba) (George Cameron Stone – traduction par Shingen). Voici un exemple de Kara Tsuba, qui pourrait être apparentée aux gardes de sabres chinois de la dynastie Tang:

 

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Il arriva que des lames de tachi furent raccourcies, au point de faire disparaître la soie originale. Montées en katana, elles devinrent donc des lames de katanas.
 

 

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(d'après George Cameron Stone, Kanzan Satô et Markus Sesko notamment)


AMA-OI: renfort métallique longitudinal situé à l'extrêmité du fourreau;
AOI-TSUBA: en dehors du type shitogi-tsuba, c'est un type de garde de tachi, avec des seppa très larges;

HO-HO TACHI: tachi dont le pommeau représente une tête de phœnix;
HYOGO-GUSARI (ou SAGURI): partie en chaîne (kusari) permettant de suspendre le tachi;

KANAGU: ensemble des accessoires de tachi (appelés kodugu sur le katana);
KUCHI-KANAMONO ou KANE-GUCHI : embouchure du fourreau sur le tachi
O-SEPPA: seppa (large) de tachi ;

OBI-TORI : anneaux de bélières, fixés sur le fourreau du tachi;
SEMEGANE : anneaux métalliques renforçant le fourreau du tachi, généralement au nombre de trois;

SHIBA-BIKI: ama-oi situé sur le tiers inférieur du fourreau ;
TAWARA-BYO: décorations sur la poignée, en plus des tsuka-ai;
TENUKI-NO-O : cordelette qui servait à maintenir en place le tachi en passant au travers de la soie, à la place de la cheville (mekugi);

TSUKA-AI: pièce d'ornement remplaçant le menuki sur le tachi;

TSUTSU-KANAMONO : accessoire recouvrant le fourreau du tachi entre les suspensions, tel un "tube";
UDENUKI : cordelette de cuir passée au travers des udenuki-ana (trous dans la tsuba) pour attacher le sabre autour du poignet et ainsi prévenir la perte du tachi lorsqu'utilisé à une seule main (katate-uchi) à cheval;

YAGURAGANE: pièces triangulaires pouvant remplacer les obitori, dans lesquelles passent le cordon pour suspendre le tachi

 

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EFU-NO-TACHI (ou KENUKIGATA-TACHI, ou YAKEN): tachi dont la poignée est percée. Appelé Efu-no-tachi car porté par les gardes impériaux (efu). Le mekugi est remplacé par un accessoire ouvragé ressemblant à une pince à épiler ("kenukigata")

ITO-MAKI-NO-TACHI: tachi possédant une poignée ainsi qu'une partie du fourreau tressée.

KAZARI-TACHI (ou HOSODACHI) : "épée de cérémonie", tachi dont la poignée est dénuée de tressage et à la lame étroite.

KURO-URUSHI-TACHI: tachi laqué de noir (kuro: noir – urushi: laque), arboré par les guerriers braves. La garde de ce modèle se nomme KAWA TSUBA , et est faite de plusieurs couches de cuir durcies avec de la laque noire.
TSUKURI (ou ZUKURI): montures de tachi en général

 

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Sources

 

Âge des héros, âge des guerriers: géographie sacrée et corporelle du guerrier japonais avant l'ère Meiji, de Florence Braunstein

 

A Glossary of the Construction, Decoration and Use of Arms and Armor, de George Cameron Stone

 

Ancient Chinese Warfare, de Ralph D. Sawyer

 

Classical weaponry of Japan: special weapons and tactics of the martial arts, de Serge Mol

 

Encyclopédie technique, historique, biographique et culturelle des art martiaux d'extrême orient, de Gabrielle Habersetzer,Roland Habersetzer

 

Handbook of Sword Fittings related Terms, de Markus Sesko

 

Handbook to life in medieval and early modern Japan, de William E. Deal

 

Japan encyclopedia, de Louis Frédéric

 

Katana : The Samurai Sword: 950-1877, de Stephen Turnbull

 

Nippon-tô: the Japanese sword, de Inami Hakusui

 

Samuraï: the weapons and spirit of the Japanese warrior, de Clive Sinclaire

 

Samuraï, warfare and the State in early medieval Japan, de Karl Friday

 

The connoisseur's book of Japanese swords, de Kōkan Nagayama

 

The Japanese sword, de Kanzan Satō

 

The new generation of Japanese swordsmiths, de Tamio Tsuchiko,Kenji Mishina

 

The Samurai Swordsman: Master of War, de Stephen Turnbull

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 15:43

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