Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 14:06

Voici un article établit par NGUYEN Thanh Thiên et paru dans Dragon, magazine d'arts martiaux.

 

"A l'occasion du [1er stage européen du Hyoho Niten Ichi Ryu] organisé par Nguyen Thanh Thiên, nous avons rencontré le maître Toshio Iwami, 11e successeur du Hyoho Niten Ichi-Ryu, l'école du légendaire Miyamoto Musashi. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions :

 

Comment se déroule l'enseignement au sein de votre école ?

Me Iwami : D'abord vous devez apprendre le kokoro, le cœur. Si vous ne comprenez pas le kokoro, alors ne prenez pas votre sabre.
Autrefois, l'élève apprenait d'abord dans le dojo les techniques avec un seul sabre, Ito. Aujourd'hui au dojo, des techniques de Ito, nous étudions 7 techniques, pas une de plus. Les techniques avec deux sabres, Nito, étaient okuden, secrètes ; le Maître ne les enseignait pas dans le dojo mais en privé. Depuis peu, les techniques Nito sont dévoilées dans le dojo et sont exhibées en démonstration publique.
Il y a quelques années, j'ai fait la rencontre de Philippe. Je lui ai donné et lui donne le keiko, entraînement, au Japon. Grâce aux nombreux keiko qu'il a reçus, nous avons pu cette année organiser un stage ici en France.

Combien de types de technique sont enseignés dans votre école ?

Me Iwami : Il existe plusieurs catégories : techniques à un sabre, techniques à deux sabres, Kodachi (sabre court), Ju-jitsu, Jitte (arme à une main qui permet de bloquer un sabre et de casser sa lame), Bo-jitsu (bâton). Les fondamentaux sont les mêmes, les techniques de base sont similaires. Dans le dojo, nous étudions principalement Ito, Nito et Kodachi (sabre long, deux sabres, et sabre court).
Chacun d'entre nous habite dans une région différente du Japon. Nous faisons plusieurs centaines de kilomètres chaque semaine pour nous entraîner ensemble.

 

Comment vous déplacez-vous avec le sabre en main ? Est-ce une marche normale ou un déplacement particulier ?

Me Iwami : Nous nous déplaçons selon la manière naturelle professée par Musashi.
Musashi marchait en se déplaçant sur le bol du pied : dans la plupart des écoles, en dojo, le pratiquant marche sur la plante des pieds. Mais dans la nature, la marche emploie le bol du pied avec les orteils relevés. Nous gardons toujours à l'esprit que l'adversaire peut attaquer à tout moment aussi nous devons toujours nous tenir prêt.

 

Durant l'un de ses duels, Musashi a lancé son sabre court sur son adversaire. Etait-ce une des techniques enseignées dans son école ?

Me Iwami : Musashi enseignait que dans le duel tous les outils peuvent être utilisés. Quand il eut son duel avec le meijin (grand maître) du kusarigama (sorte de faucille dont le manche se termine par une chaîne lestée d'une petite masse en métal) il ne put bouger son sabre à cause de la double menace de cette arme qui alterne la lame de la faucille et la masse de fer. Il lança alors son kodachi, sabre court, sur son adversaire et le frappa avec le sabre long. Il emporta ainsi le combat par une réaction tout à fait naturelle et opportune.

 

J'ai cru comprendre que Musashi utilisait beaucoup le Jitte ?

Me Iwami : Le père de Musashi, Munisaï, était un meijin (grand maître) de Jitte. Naturellement Musashi a appris Jitte par son père. A l'époque de Musashi, le hyoho, Voie de la Stratégie, est un art martial généraliste, donc il a appris le sabre, le bâton, le jitte, et le taïjutsu (ou Ju-Jitsu, techniques de corps-à-corps).

 

Ainsi Musashi utilisait également des techniques de Ju-Jitsu ?

Me Iwami : Les techniques sont importantes. Mais l'essence de l'enseignement de Musashi est la philosophie qui se dégage du Gorin No Sho, Le Traité des Cinq Roues (ou Eléments), l'ouvrage le plus connu de Musashi. Il s'agit d'un livre qu'on peut lire et relire sans cesse : une idée nouvelle surgit à chaque lecture et chacun y puise une inspiration différente.

 

Quelle est la stratégie enseignée dans votre école ?

Me Iwami : Dans notre école, nous avons le Hyoho de Kizen (Kizen no Hyoho). Nous n'attaquons jamais en premier. Il faut bien connaître et saisir l'instant où l'adversaire commence l'offensive. Ayant perçu cette occasion, nous l'employons pour frapper. Si l'adversaire attend, nous devons donner l'impression de ne pas être prêt ou d'être faible afin de l'engager à prendre l'initiative. Au moment où l'adversaire est poussé à l'attaque, nous tenons l'instant propice et ripostons. Ca s'appelle Kizen no Hyoho ou Sensen no Sen qui n'est pas qu'une question de stratégie, mais bien une façon de vivre, de se comporter, d'agir selon la situation, avec ou sans sabre. Quand vous saisissez complètement ce que votre maître vous a enseigné, vous pénétrez le vrai coeur, le kokoro, de l'être humain.

Quelle est la relation avec le bouddhisme ?

Me Iwami : Un Samouraï doit être prêt à mourir à n'importe quel moment. Le Bushido, Voie martiale, est une préparation à la mort. Mais même les femmes ou les enfants peuvent être prêts à affronter la mort. Pour Musashi, la différence est qu'un samouraï ou un Bushi, homme de la Voie martiale, doit toujours gagner, toujours être prêt, et en d'autres mots, doit toujours vivre et survivre. Cet enseignement correspond à celui du bouddhisme.

 

Pourquoi avez-vous choisi de pratiquer cette école ?

Me Iwami : Après avoir lu le Gorin No Sho, j'ai voulu en étudier les techniques et le kokoro, le coeur. Il y a une trentaine d'années, j'ai contacté le descendant de MIYAMOTO Musashi, mais lui-même ne pratique pas. Il m'a ensuite orienté vers le successeur de la dixième génération de l'école Nito, et je suis devenu son disciple.

 

Est-ce que l'école est ouverte à tout le monde et quelles sont les conditions d'admission ?

Me Iwami : Oui, elle est ouverte à tout le monde et nous n'avons jamais refusé personne. L'enseignement de Musashi est un enseignement pour le Monde entier. Ici en Europe, si vous voulez apprendre cet enseignement, vous avez besoin de l'autorisation de Philippe. Contactez Philippe, s'il vous plait.

 

Que pensez-vous du stage que vous avez dirigé ?

Me Iwami : J'apprécie beaucoup les efforts des organisateurs du stage qui s'est tenu à Saint-Brice sous Forêt, Val d'Oise, du 14 au 17 Octobre dernier. Grâce aux efforts de Philippe NGUYEN Thanh Thiên et des membres de son école, ainsi qu'avec la coopération de Monsieur le Maire Alain LORAND, j'ai pu ouvrir l'enseignement de MIYAMOTO Musashi à l'Europe.
Depuis son entrée dans le monde de Hyoho Niten Ichi Ryu, Philippe pratique toujours sérieusement et sincèrement. Il est venu au Japon plusieurs fois et a supporté des keiko (entraînements/exercices) extrêmement durs. Ce qu'il m'a montré pendant ces keiko éprouvants m'a donné confiance en lui. Je l'ai donc autorisé à organiser ce stage.
Ce fut un grand honneur pour moi d'avoir eu, à l'occasion de ce stage, la possibilité de connaître les stagiaires et leur attitude très sincère et sérieuse durant le keiko. Je dois à Musashi la chance de faire ces rencontres humaines magnifiques. J'espère que tous les stagiaires continueront à pratiquer le keiko de Hyoho Niten Ichi Ryu. Je leur donne rendez-vous pour le prochain stage du 6 au 9 Octobre 2005 au même lieu, à Saint-Brice sous Forêt en France.

 

Quels conseils donneriez-vous à un pratiquant ?

Me Iwami : Musashi a écrit dans son ouvrage majeur, le Gorin no sho, que le keiko d'un millier de jours s'appelle Tan et le keiko de dix mille jours s'appelle Ren. Mille jours représentent 3 ans et dix mille jours, 30 ans. Que cela soit trois ou trente ans, nous devons continuer le keiko sans arrêt. Ceci est un point très important : persévérer dans le keiko sans cesse.Bon courage ! "                                                                                                                                                  

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 13:32
On entend souvent dire que le dôjô est le « lieu de l’éveil ». Littéralement en japonais, signifie la voie, donc le dôjô est le lieu où l'on étudie et cherche la Voie. Pour Bodhimanda, dôjô se traduit également en sanscrit par  le « lieu d'édification ».

Historiquement le dojo était la salle d’un temple religieux consacré à la méditation bouddhiste zen. Ces salles ont aussi été utilisées par la suite pour l'enseignement des arts martiaux. Dans le cas du dôjô où l'on étudie les arts martiaux comme dans le cas des dôjô servant de centre de méditation, des règles strictes sont instituées.

Image hébergée par servimg.com

L’orientation

Traditionnellement, le dôjô obéit à des règles concernant son orientation, règles fixées par l'Empereur Kammu (736-805), pendant l'ère Heïan, en 794 lors de l'édification du Butokuden ou « Salle de la Vertu chevaleresque », dojo situé dans le parc du Palais Impérial de Heïan Jingu à Kyoto (construit en l'honneur de Sakanoue Tamuramaro qui, après une campagne militaire reçut le titre de Sei I Tai Shogun ou « Généralissime Dompteur des Barbares »)

Le côté honorifique, dit kamiza -上座 (le côté élevé) est situé face au Sud. C'est “l'Assise (Za) des Esprits (Kami)”.
Kami signifie littéralement Feu (Ka) et Eau (Mi). Les Kami, divinités de l'Eau et du Feu, protègent le Japon. Ainsi les pilotes se jetant sur les porte-avions américains à la fin de la Seconde Guerre Mondiale se nommaient “Kamikaze”. Kaze, dans ce cas représente le Vent. Le Kamikaze est donc le “Vent Divin Protecteur du Japon” mais aussi le “Vent de Feu et d'Eau”.
Le kamiza dispose d’un autel : le Tokonoma, où l’on peut déposer de nombreux éléments décoratifs. A l'origine cet autel était constitué d'une niche représentant symboliquement la grotte céleste dans laquelle s'était réfugiée Amateratsu O Mi Kami “Grande Auguste Kami Illuminant du Ciel” et qui est à l'origine des dynasties impériales.
Dans cette niche, l'Empereur conservait les “Trois Joyaux” du Japon : un miroir de bronze poli, une épée droite, un joyau écarlate.
Le miroir servit à faire sortir Amateratsu de sa retraite en lui renvoyant son propre reflet qu'elle prit pour une concurrente.
L'épée droite fut trouvée dans un dragon tué par Hayasusanoo No Makoto le “Prince Masculin Puissant et Impérieux”.
Cette épée nommée “Fauchant l'Herbe” (Kusanagi No Tsurugi) sauva des flammes le Prince Shotoku (572 - 622) qui échappa grâce à elle à un incendie allumé par des conspirateurs.
Il s'agit, en réalité, d'une merveilleuse épée chinoise (Jian) à double tranchant qui servit de modèle aux premiers sabres japonais (Ken).
Le joyau écarlate est d'origine inconnue et seul l'empereur peut le contempler.

A côté du miroir ou de petites cloches de bronze, on déposa par la suite dans le tokonoma le Daisho. Dans des périodes moins troublées, on y déposa des éléments plus pacifiques tels qu’un kakemono. Aujourd’hui, il est le plus souvent décoré d'un portrait ou de tout autre objet symbolique de la discipline enseignée. C’est le lien de l'Est, qui correspond à l'Energie du Bois et au Dragon Vert, donc à la bravoure chevaleresque. Il est traditionnel d'y déposer un bouquet (Ikebana) ou un Bonsaï qui matérialisera les forces de la Nature. En fait on peut utiliser de nombreux éléments décoratifs : pierre ou poterie ancienne, statuette de bronze, éventail de fer, casque (Kabuto), ou même une armure ancienne. Parfois dans les dôjô traditionnels, ce mur était composé d'une cloison de bois permettant d'y disposer divers rangements.
On y dissimulait des armes ainsi que les archives du dôjô dont les fameux rouleaux (Maki) comportant les enseignements ésotériques de l'école (Himitsudo).
 L'enseignant s'assied dos au kamiza. C'est aussi de ce côté qu'est placé un invité de marque.

Le mur d'en face est le shimoza - 下座 (côté bas), où sont assis les élèves. C'est l'Assise (Za) des Ancêtres (Shimo - du japonais ancien Shimeru : être à l'origine). Le Shimoza représente à la fois le culte des ancêtres et la piété filiale ainsi que la force des anciennes traditions. Il correspond à la justice et à l'équité (le Tigre Blanc). Il est dédié au “Kami des Naissances Divines”.
Les élèves y sont rangés selon un ordre coutumier. Le Migi Gawa (sur le côté Est, considéré comme Ura, donc Yin et féminin) est traditionnellement réservé aux plus anciens.
Le Hidari Gawa (côté gauche, considéré comme Omote, donc Yang et masculin) est occupé par les débutants.
Cette disposition s’explique ainsi : les débutants se trouvant près de l'aire d'attente dans le coin sud-ouest sont près de la porte d'entrée et de sortie. C'est le coin des « sans-grade »  et « sans nom » (Mukyu – ceux qui n’ont pas leur nom sur une plaque à l’entrée), soit ceux qui se faisaient tuer en premier lorsque le dôjô était attaqué.  A l'opposé les plus hauts gradés protégeaient le Maître de leur sabre.
C'est également à l'Ouest que sont placés les visiteurs éventuels, tandis que les assistants de l'enseignant s'asseyent dos au côté Est de la salle (Jozeki, au Sud).
Cette orientation a une signification symbolique. Face au Sud, l'enseignant reçoit la lumière du soleil, qui est la connaissance qu'il doit transmettre. Les élèves ne peuvent voir cette lumière qu'au travers de la réflection qu'en offre l'enseignant, qui se doit donc d'être le miroir le plus fidèle possible. Les pratiquants anciens sont du côté du soleil levant : de par leur ancienneté, ils commencent à comprendre les principes essentiels de leur discipline, alors que les débutants sont encore dans l'ombre.
Le placement des invités du côté des débutants (Shimozeki, au Nord) est également un héritage historique. Quand il existait de nombreuses écoles concurrentes, mettre les invités du côté des débutants et loin des anciens rendait difficile aux éventuels espions envoyés par les autres écoles de voir les techniques particulières à ce dôjô.

Cette disposition spécifique du dôjô implique des déplacements tout aussi particuliers. Il faut donc savoir évoluer suivant les règles du dôjô : le Kihontai

Source : notamment article de Georges Charles

Liens: 
http://shotokancrsa.com/ethiquedojo.htm
http://www.etik.asso.fr/Journal/J3/page5.html

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 15:10

Le Maître en Arts Martiaux est, d'abord, le disciple de son ou de ses Maîtres. Il reste leur disciple et se conduit comme tel. Il a subi une formation technique, physique et psychique qu'il peut transmettre à son tour. S'il a été bien formé, il est suffisamment modeste pour connaître les limites de sa connaissance. Mais, ce qu'il connaît, il peut le transmettre. Si donc il enseigne, il doit sans fausse modestie, prendre la responsabilité de la transformation de son disciple. Il doit l'assumer courageusement et se conduire de telle façon qu'il puisse lui servir d'exemple, non seulement de technique, mais aussi de caractère, de maîtrise et des autres aspects du BUSHIDO. Cette prise de responsabilité implique du courage, mais aussi la Tendresse du guerrier pour le disciple. C'est le respect du Maître pour le futur Maître qui dort en son disciple. Le disciple à son tour accepte d'être formé, même douloureusement, par son Maître et le respecte profondément. Ainsi Maîtres et disciples se forment mutuellement et se respectent réciproquement.

extrait de l'article Bushido, code d'honneur et de morale

Image hébergée par servimg.com

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 12:00

La notion de mushin est importante mais difficile à appréhender pour les débutants. 
Mushin signifie "sans pensée" et le vrai terme est mushin no shin, expression zen pouvant être traduite par "pensée sans pensée". C'est un état du combattant qui n'est pas fixé sur une émotion et qui libère l'esprit de crontrainte spirituelle mais aussi physique. Penser à une technique dans l'attaque amène souvent à l'échec de cette technique. C'est souvent parce qu'elle n'a pas encore été assimilée par le pratiquant, qui n'est donc pas capable de la restituer naturellement sans y penser.

L'état de mushin est aussi lié à l'ego. Il faut arriver à se détacher des peurs et de la colère, tout comme l'envie de dominer l'autre. C'est un défaut qu'on retrouve chez beaucoup de pratiquants et qui entrave la progression.

Mushin, c'est être capable de bouger sans hésitation et de sentir instinctivement se qui se passe autour, sans toutefois se concentrer dessus. Le combattant n'essaye de deviner dans ce cas ce que va faire l'autre, il devient l'autre

Selon Takuan Soho:
"L'esprit devrait toujours être dans un état de fluidité, cera lorsqu'il s'arrête sur quelque chose le flux est interrompu et c'est l'interruption qui est préjudiciable au bien-être de l'esprit. Dans le cas d'un sabreur, cela signifie la mort. Quand le sabreur se tient devant son adversaire, il ne pense pas à son ennemi, ni à lui-même, ni aux mouvements du sabre de son adversaire. Il se tient juste là avec son sabre, qui oubliant toute technique, est prêt à suivre uniquement ce que lui dicte le subconscient. L'homme s'est effacé en maniant le sabre. Quand il frappe, ce n'est pas l'homme mais le sabre dans les mains du subconscient de la personne, qui frappe."

mushin-copie-1.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 15:59

Un petit extrait du Traité des Cinq Roues qui peut nous aider:

"Lorsque, au cours d’un combat qui reste à l’état de mêlée, rien n’avance plus, abandonnez vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu’entre votre adversaire et vous tout grince, changez d’intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d’autres moyens avantageux pour vous."

A méditer et mettre en pratique autant dans les arts martiaux que dans la vie de tous les jours...

samurai-copie-1.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 15:59
On sait que pour les japonais, la victoire était primordiale, la défaite amenant la mort. Cependant, on sait que selon Miyamoto Musashi, le plus important était d'abord de se vaincre soi-même ("vainquez le moi d'hier et demain, vainquez celui qui vous est inférieur, puis un autre jour vous vaincrez ceux qui vous sont supérieurs")
Pour y arriver, il faut passer au-delà de son ego. Des anecdotes mettant en scène Tsukahara Bokuden illustrent ce principe.

En voici une:

Alors que Bokuden traversait le lac Biwa sur un radeau, un des passagers, un autre samuraï, se vantait sans cesse de manier le sabre mieux que quiconque. Tous étaient à l'écouter mais Bokuden ne disait mot, détaché de la conversation. Vexé par ce manque d'intérêt, le samuraï alla voir Bokuden et lui demanda quelle était la raison de son silence, voyant qu'il était aussi samuraï. Alors Bokuden répondit:
"Mon art est bien différent du tien. il consiste non pas à vaincre les autres mais à ne pas être vaincu."
L'autre samuraï resta perplexe.
"Mais alors, quelle est ton école?" demanda t-il
"C'est l'art de combattre sans armes."
"Mais dans ce cas, pourquoi portes-tu des sabres?"
"Cela m'oblige à rester maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C'est un défi de tous les jours."
"Tu penses pouvoir combattre contre moi sans sabres?"
lança le samuraï excédé.
"Pourquoi pas. Il est même possible que je gagne" fit Bokuden.
Sur ce, le samuraï ordonna qu'on les dépose sur le rivage, mais Bokuden proposa plutôt d'aller se battre sur une île où ils seraient à l'abris des regards et des attroupements. En vue de l'île, le samuraï sauta à terre, mais Bokuden se saisit alors de la perche du rameur et renvoya le radeau au loin, laissant le samuraï sur les berges de l'île. Il lui cria alors:
"Tu vois, c'est cela combattre sans armes!"

enso_by_shodo_harada.jpg



Il faut savoir vaincre par la dissuasion avant de vaincre par la technique. C'est un état d'esprit.

Une dernière histoire pour illustrer cet article.

Nous connaissons tous les deux grands forgerons qu'étaient Masamune et Muramasa. On disait du premier qu'il était un homme de paix, juste et honnête, alors que le second était enclin à la colère. De ce fait, bien que sa technique de forge était parfaite, Muramasa avait passé son aura maléfique dans ses lames, qui imprégnées de violence, causaient grand tort à qui les portait.

Pour reconnaître de qui étaient les lames, la légende dit qu'il fallait placer les sabre dans le courts d'une rivière, tranchant vers l'amont. Les feuilles apportées par le courant étaient tranchées par la lame de Muramasa, alors qu'on disait qu'elles évitaient le tranchant de Masamune.

Ainsi doit être l'esprit du guerrier, qui impose la paix par sa seule présence...

buddha-copie-1.jpg



Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 17:08
Certains d’entre vous connaissent l’ouvrage " Le Sabre de Vie ", traduction du " Heiho Kadensho " (Enseignements Secrets de la Maison du Shogun) de Yagyu Munenori, maître de sabre du Yagyu Shinkage-ryu et des shôguns Tokugawa leyasu (1542-1616), Hidetaka (1579-1632) et lemitsu (1604-1651)
Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, ce livre est une approche à la fois philosophique et pragmatique de la pratique du sabre. Le titre de l’ouvrage paraît souvent paradoxal aux non pratiquants. Une arme aussi radicale que le sabre japonais est-elle capable de « donner la vie » ? A proprement parler non, évidemment, mais le sabre est un outil à la construction de soi-même, qui permet donc d’être en harmonie avec ce qui nous entoure. Aujourd’hui, le sabre en tant qu’arme est « en paix » et n’est plus qu’un « outil »  dans la pratique. Mais attention à ce dernier terme : le considérer comme un simple outil et le manipuler sans respect de l’autre ni de ce que l’arme représente serait dangereux. Les pratiquants devraient se pencher sur le principe de Katsu Jin Ken pour éviter ces dérives. Ce concept, à l’opposé de Satsu Jin Ken, « le Sabre Qui Prend la Vie », permet au pratiquant de résoudre les conflits sans violence, en respectant l’autre, aboutissant de ce fait à une amélioration personnelle. Chacun d’entre nous dans sa pratique, quelle qu’elle soit (visant n’importe quel bugei), devrait garder à l’esprit que la violence n’est pas la finalité de l’art. André Cognard dans son livre « L’Esprit des Arts Martiaux » déclare que « la violence est toujours un échec de l’art ». Nul ne peut pratiquer en ayant en tête de dominer l’autre et d’utiliser sans discernement les techniques qui lui sont enseignées. On ne peut pratiquer les arts martiaux si l’on est dénué de fibre morale. Le pratiquant n’en tirera aucun bénéfice dans sa vie quotidienne et sera toujours en compétition avec les autres. Oubliez l’ego ! Lorsque vous entrez sur le tatami, souvenez-vous de ceci :

Le Sabre est le cœur.
Si le coeur n'est pas droit,
Le Sabre ne l'est pas.
Si l'on veut apprendre le Sabre,
Il faut d'abord apprendre le coeur.

Cela ne s’applique pas seulement en Kendô ou Iaïdô. L’idéogramme pour « Ninja » n’est-il pas fait de l’image du sabre et du cœur ? Hatsumi Masaaki, sôke des 9 écoles du Bujinkan (Budô Ninpô Taijutsu) n’a-t-il pas dit : « Oubliez votre peine, colère, rancune et haine. Laissez-les passer comme la fumée prise par la brise. Vous ne devriez pas dévier du chemin de la droiture: vous devriez mener la vie d'un homme de bien. Ne soyez pas possédé par l'avarice, la luxure, ou votre ego. Vous devriez accepter le chagrin, la peine et la haine comme elles sont et les considérer comme une chance et une épreuve donnée par les pouvoirs (les puissances divines)...une bénédiction donnée par la nature. Engagez totalement à la fois votre esprit et votre temps dans le budo et ayez votre esprit profondément ancré dans le bujutsu. » ? (article du 25 décembre 2006 – Citations).
Dans chaque art martial, soyez dénué d’intentions. Ne cherchez pas à détruire et ne soyez pas arrogant. Votre cœur doit être délesté de tout désir. C’est votre art qui doit vous apporter la sérénité et vous éclairer. Le pratiquant ne la trouvera pas en détruisant l’harmonie entre lui et les autres. Son art ne doit pas le mettre en danger ni ceux autour de lui. Détournez-vous de Satsu Jin Ken, qui est un principe malsain et inutile de nos jours. Les pratiquants devraient entraîner leurs cœurs et leurs esprits constamment en recherchant l’échange et en développant une amitié constructive. Kobayashi Senseï disait: « Changez le cœur de l’adversaire » (Aïte no kokoro kawaru). De même, O Senseï Ueshiba déclarait : « Enveloppez votre adversaire dans votre cœur ». Il s’agit de transformer les énergies négatives, tout en évitant le conflit (le meilleur des sabres est celui qui reste dans son fourreau – vaincre d’abord, couper ensuite). Il ne s’agit pas de vaincre l’adversaire mais de se vaincre « soi-même ». A partir de là, une fois les doutes, les peurs et la fierté effacés, il est possible de résoudre les conflits sans violence. Comme le dit André Cognard, on aura à ce moment élevé « la notion de combat au niveau de la compassion ».
On trouve en Kendô cette expression : « Yakusoku-geiko ». C’est la promesse permanente que se font les Kendoka de se donner l’un à l’autre la chance d’apprendre et de progresser. Il n’y a pas dans cet esprit de volonté de victoire (gagner par tous les moyens) et chacun repart en ayant assimilé des principes et techniques. Ainsi, le sabre ou l’art devient un outil de vérité. On parle parfois de Sabre de l’Illumination, celui qui a abattu le mal (en nous) et qui donc préserve la vie (adage attribué à l’instructeur des Shogun Tokugawa). Pour cela, il faut que :

« Ken Shin Itchi » (sabre et cœur ne font qu’un)

« Shin Gi Itchi » (cœur et technique ne font qu’un)

« Shin Shin Ichi Nyo » ou « Shin To Shintai » (cœur et corps ne font qu’un) 

En définitive, dans Katsu Jin Ken, le sabre est le miroir du cœur et l’esprit doit être au bout du sabre.

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 16:50

Le terme de seppuku désigne le suicide rituel honorable pratiqué par les japonais dans différentes circonstances (voir plus loin). L’expression de hara-kiri signifie seulement « ouvrir le ventre » (hara : ventre) et ne concerne donc pas le rituel en lui-même. C’est une expression surtout employée en Occident, là où les japonais préfèrent le terme moins argotique de seppuku. Les deux mots s’écrivent de la même façon bien qu’en sens inverse avec une particule d’accompagnement seppuku : 切腹 – hara kiri : 腹切り

 

L’origine de ce rituel est controversée. Certains historiens se basent sur des archives du VIII° - IX° siècle, mais ce sont surtout des documents des X° et XI° siècles qui font clairement apparaître une scène de seppuku (tableau de la guerre des Trois Ans 1086-1089).
La légende veut que Minamoto no Tametomo soit le premier à avoir commis le Seppuku, en s'ouvrant le ventre, en 1156 après avoir tenté un coup d'état contre la capitale. Cette pratique trouve son origine en Chine où elle était employée par les femmes afin de prouver qu'en n'étant pas enceinte, leur vertu restait intacte (lorsqu’elles étaient accusées d'avoir enfanté l'enfant d'un autre homme que leur époux. Elles s'ouvraient alors le ventre de désespoir afin de prouver leur fidélité). Minamoto no Yorimasa est le premier dont on a une description détaillée du seppuku : après sa défaite à la première bataille d'Uji en 1180, Yorimasa s'est retiré dans la salle du Phénix du temple du Byōdō-in, a écrit un poème au dos de son étendard, avant de prendre son poignard et de s'ouvrir l'abdomen. Cette façon de procéder a codifié le seppuku.

 

A la fin du Shogunat  Ashikaga, le seppuku est ajouté aux deux autres formes de sentences de mort : l’étranglement et la décapitation (cette forme non accompagnée du seppuku était considérée comme le pire des déshonneur). Mais c’est seulement sous le shogunat des Tokugawa qu’il est codifié et institué comme un système pénal. Les peines imposées aux samouraï à l’époque étaient divisées en cinq catégories :

- hissoku : isolement en pénitence

- heimon : réclusion au domicile (50 à 100 jours)

- chikkyo : réclusion dans la solitude (retraite temporaire ou permanente jusqu’à la mort)

- kai-eki : mort civile (retrait du nom du condamné de la liste des samouraï)

- seppuku

 

La dernière peine était octroyée au guerrier uniquement s’il en était considéré comme digne. De ce fait, les gens du peuple et les femmes ne pouvaient se faire seppuku. Cependant, les femmes nobles et les femmes de samouraï pouvaient se trancher la carotide avec un tantô après s'être entravé les jambes afin de garder dans la mort une attitude décente. Cette forme de suicide s'appelle jigai.

 

 

 

Le peuple japonais a toujours été très soucieux des formes et régit par une grande discipline. Il est donc normal que le seppuku ait été codifié en cérémonie.

Il existait quatre grandes raison de faire seppuku:

- la défaite au combat. En effet, elle constituait un déshonneur pour le samouraï lui-même mais également pour ses compagnons et le maître. Pour éviter de souiller le nom de leur seigneur, les samouraï préféraient se donner la mort, et éviter par là même d'être pris ou torturés par l'ennemi. Ce type de seppuku est rapide et violent.

- le "Kanshin" ou "les remontrances": les vassaux du shogun accompagnaient leur critique par leur suicide. Le samouraï pouvait également protester contre une injustice en attirant l'attention de son seigneur qui reconsidérait alors une action imprudente ou indigne et, sauvant ainsi la vie de ses comparses. Oda Nobunaga reçut de cette manière une lettre de reproche d'un de ses vassaux qui, en commettant le seppuku lui ouvrit les yeux sur la situation catastrophique du Japon.

- à l'inverse, le "Tsumebara" fut institué par le shugon Tokugawa en tant que sanction à l'infidélité des vassaux. Le seppuku permettait au guerrier et à son clan d'éviter la honte, l'exil ou la prison. cette sanction était une offre de rachat soumise par le seigneur à son vassal.

- le "Junshi" ou "accompagnement dans la mort", est un suicide de groupe, signe de dévouement des samouraï à leur maître qu'ils accompagnent dans la mort (cas des 47 ronin). Ces seppuku collectifs pouvaient rassembler jusqu'à 500 guerriers, laissant les clans exsangues et sans défense. Le shogun Tokugawa promulgua un édit, en mai 1663 à la demande de Nobutsuna Matsudaira, pour mettre fin à cette pratique qui conduisait à une dépense inadmissible de vies humaines. Des cas épars de désobéissance furent cepenant commis et accueillis comme des actes d'autant plus braves par la population. Ainsi, le général Nagi qui se suicida à la mort de l'empereur Meiji en 1912, fut un cas très connu de désobéissance.

 

Concernant la cérémonie elle-même :

La cérémonie du Seppuku se pratiquait généralement en public mais devant une assemblée restreinte, et exigeait la présence obligatoire de certaines personnes telles que le kaishaku ou kaishakunin.

Le "Kaishaku", dont la signification est « veiller à s’occuper de ou servir » était celui chargé de couper la tête du guerrier, généralement un bon ami, homme de confiance, expérimenté et bon sabreur car sa tâche était délicate.  Avant l’exécution, le samouraï et lui participaient à un souper où ils mettaient en place un code discret pour permettre au Kaishaku d’abattre son sabre au bon moment.

Le rituel se pratiquait à la base sur le champ de bataille, mais avec la codification, la cérémonie se déroulait désormais dans un temple ou dans la maison du seigneur au service duquel appartenait le samouraï (où une salle spéciale était parfois dédiée au seppuku). Seuls les samouraï étant sur le front pouvait déroger à l’étiquette, puisque sur le point d’être pris par l’ennemi. Ils effectuaient un seppuku rapide et moins codifié, réduit à l’essentiel. Pour les autres, les règles étaient très spécifiques.

Sur le lieu de la cérémonie, on trouvait deux entrées, une pour le samouraï située au nord (shugyo mon – porte acsétique)  et une pour le kaishaku au sud (nehan-mon – porte du nirvana). Le samouraï devait entrer et s’asseoir sur un coussin face au nord et en face du kenshi (inspecteur), qui s’assurait que tout était en place et prononçait la sentence . Le kaishaku venait derrière le samouraï sur un tatami prévu à cet effet.

Avant de se donner la mort, le samouraï exprimait des remerciements pour la grâce qu’on lui faisait en lui octroyant cette mort. Sur le tatami, le bushi disposait d'encre, d'un pinceau, de feuilles de papier de riz et d'une tasse de saké. Il pouvait lire ou composer un poème reflétant son état d’esprit, boire (matsugo non misu – eau du dernier instant). L’un des membres officiels présentait alors le sanbo (plateau de bois blanc) où était posé le couteau entouré de deux feuilles de papier de soie japonaise (sugihara). La longueur standard du couteau (kusungobu) était de 0.95 shaku (soit 1 shaku = 35 cm). Le samouraï de rang élevé pouvait s’éventrer avec son propre wakizashi si cela lui était accordé.

 

 

Le rituel se pratiquait dans un kimono blanc (symbolisant la pureté). Le samouraï assis en seiza ouvrait son kimono pour laisser apparaître son ventre et pratiquait une double incision en croix dans l'abdomen (la forme traditionnelle consistant en une ouverture dans la largeur de gauche à droite puis de haut en bas à partir du sternum ). En effet, dans la tradition bouddhiste, l’abdomen inférieur (appelé hara) est considéré comme la conscience d’une personne. Le hara est le centre de gravité, le point d‘équilibre du corps, où sont concentrées les forces vitales. Ce centre se trouve à l’intérieur de l’abdomen: entre, d’une part, quatre centimètres environ (2 ou 3 doigts) sous le nombril et, d’autre part, la cinquième vertèbre lombaire. Le hara est le noyau de l’énergie vitale, de la force instinctive ou ki.
L’âme était alors libérée. Une fois la deuxième incision pratiquée, le kaishaku placé derrière lui, lui ôtait la tête rapidement d'un coup de sabre. La douleur insupportable était ainsi stoppée, une fois que le samouraï avait fait preuve de son courage. Ce Giri no jumonji, terriblement douloureux, était donc la plupart du temps interrompu.

 

 

Si le samouraï n’avait pas de kaishaku, il devait laisser sortir ses intestins et se laisser mourir.

La décapitation permettait à l'âme de s'élever vers le cosmos, tandis que dans le hara-kiri effectif -'éventration réelle'- l'âme retourne à la terre.

Une fois la cérémonie finie, on brisait la lame qui avait mis fin au seppuku.

 

 

 

« A l’époque féodale, nous croyions que la sincérité résidait dans nos entrailles; et s’il nous fallait montrer notre sincérité nous devions nous trancher le ventre pour en sortir notre sincérité visible. C’était aussi le symbole de la volonté du soldat, le samouraï; tout le monde savait que c’était le moyen le plus douloureux de mourir. Et si l’on préférait mourir de la façon la plus atroce, c’est qu’elle prouvait le courage du samouraï »

 

 

 

« Mishima expulse tout l’air de son corps avec un dernier cri sauvage.
De toutes ses forces, il s’enfonce le poignard dans le corps.
A la suite du coup, son visage pâlit et sa main droite se met à trembler. Voûtant le dos, Mishima commence de s’entailler horizontalement le ventre. Tandis qu’il tire sur le couteau, son corps cherche à expulser la lame;
la main qui tient le poignard tremble avec violence.
De la main gauche?
Mishima appuie fortement sur la droite.
Le couteau reste dans la plaie, et Mishima continue à s’ouvrire le ventre.
De l’entaille le sang gicle, coule vers le bas-ventre, tache d’écarlate le fundoshi.»

 

 

 

 (extrait de "Mort et vie de Mishima", par Henri Scott Stokes)

 

 

 sources:
http://www.clan-takeda.com/telechargements/Takeda_Mag_6.pdf, Rite ancestral, les origines du Seppuku – Hara kiri , article par Takeshi Otori

 

Wikipédia

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 11:12

par Taisen Deshimaru


En japonais, signifie la Voie. Comment pratiquer cette Voie ? Par quelle méthode peut-on l’obtenir. Ce n’est pas seulement l’apprentissage d’une technique (wasa), et encore moins une compétition sportive. Le budo inclut des arts comme le kendo, le judo, l’aïkido et le kyudo (tir à l’arc). Pourtant, l’idéogramme bu signifie aussi stopper, arrêter la lutte. Car, dans le budo, il ne s’agit pas seulement de concourir, mais de trouver paix et maîtrise de soi. Do est donc la Voie, la méthode, l’enseignement pour comprendre parfaitement la nature de son propre esprit et de son moi. C’est le voie du Bouddha, Butsudo, qui permet de découvrir réellement sa propre nature originelle, de s’éveiller du sommeil de l’ego endormi (notre moi étriqué), et d’atteindre la plus haute et la plus totale des personnalités. En Asie, cette Voie est considérée comme la morale la plus élevée et l’essence de toutes les religions et de toutes les philosophies.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article
12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 12:36

1) Eviter toutes pensées perverses

2) Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même (et non par le jeu des idées)

3) Embrasser tous les arts (et non se borner à un seul)

4) Connaître la Voie de chaque métier (et non se borner à celui que l'on exerce soi-même)

5) Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose

6) En toute chose s'habituer au jugement intuitif

7) Connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas

8) Prêter attention aux moindres détails

9) Ne rien faire d'inutile

(tiré du Gorin-no-Sho)

Partager cet article

Repost 0
Published by Shingen - dans Le Bushido
commenter cet article