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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 12:51

...l'expérience est le fruit de la souffrance...

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 16:24

 On appelle Sandai Adauchi  "Les Trois Grandes Vengeances", c'est-à dire les trois plus célèbres histoires de vengeance du Japon:

puce.gifla vengeance des 47 ronin (akô rôshi - voir l'article sur Les 47 Rônin)
puce.gifla vengeance des frères Soga (sogamono)
puce.gifla vengeance d’Igagoe (igagoemono).


Voici donc, après l’histoire des 47 rônin: l'histoire des frères Soga.

 

http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/soga_b10.jpg


Le Japon était autrefois dirigé par un empereur, membre des Fujiwara, depuis le 7ème siècle. Au 12ème siècle, deux autres familles tentèrent aussi de s’imposer : les Minamoto et les Taira. Les Minamoto étaient aussi appelés Genji, et le clan des Taira était aussi connu sous le nom de Heike ou Heishi.

Ces deux familles étaient parvenues à mettre l’empereur de la branche des Fujiwara hors course, ce qui amena ces deux familles à se battre ensuite l’une contre l’autre pour gagner le pouvoir. Les Minamoto arrivèrent tout d’abord à leur fin, mais en 1159, le clan des Heike, avec leur chef Kiyomori, les battirent et les chassèrent de la capitale de Kyôtô.

Après la mort de Kiyomori en 1181, la chance tourna encore. Les Minamoto gagnèrent la bataille décisive à Dannoura en 1185 et leur chef, Yoritomo, s’autoproclama chef militaire incontesté du Japon – Shogun. Dans les années qui suivirent, Yoritomo unifia et pacifia le pays – d’une façon radicale, en exécutant tous ceux qui semblaient avoir du sang des Taira dans les veines, ou ceux représentant un danger potentiel envers son pouvoir, comme ses propres frères Yoshitsune et Noriyori.


http://i44.servimg.com/u/f44/11/14/75/51/soga_p10.jpgLe clan des Ito, avec à sa tête Sukechika Ito ( ? – 1182) , était allié aux Heike qui dirigeaient alors la région. Ito commandait à cette époque Yoritomo Minamoto, le fils du rival des Taira, qui était en exil, mais qui allait par la suite établir le Shogunat de l’époque Kamakura. Yoritomo tomba amoureux de la fille de Sukechika et eut un fils. Par peur de la réaction du clan des Taira, Sukechika tua l’enfant et essaya d’assassiner Yoritomo qui parvint à s’enfuir. Ce dernier trouva refuge chez Tokimasa Hojo, qui devint plus tard son beau-père. Dans le même temps, Suketsune Kudo ( ? – 1193), cousin d’Ito, fut envoyé à Kyoto par les Taira pour servir leur gouvernement. Sukechika le priva alors de ses terres, et furieux, Kudo décida de se venger. En 1176, il ordonna à ses hommes d’assassiner Kawazu Saburo Sukeyasu, le fils d’Ito, un sumotori connu. Lors d’une chasse à Izu, Sukeyasu fut abattu. Il laissa deux fils derrière lui, âgés de 3 et 5 ans. A partir de là, on trouve différentes versions de l’histoire. Il est dit que la veuve de Sukeyasu se remaria plus tard à un homme du nom de Sukenobu Soga, ce qui changea les noms des deux frères en Sukenari Soga (1172 – 1193) et Tokimune Soga (1174 – 1193). Sukenobu adopta le fils le plus âgé, Juro Sukenari. L’autre enfant, Goro Tokimune, fut envoyé à 11 ans dans un temple bouddhiste afin de devenir moine, sous le service de Gyojitsu. Mais les deux frères avaient juré de se retrouver et de venger la mort de leur père.


Pendant ce temps, le clan des Minamoto avait regagné le pouvoir et Yoritomo prit le contrôle du Japon en 1185, ses quartiers principaux étant situés à Kamakura.

Suketsune en était un des serviteurs. Pendant une douzaine d’années, la chance n’aida pas les frères Soga. Par la force des choses, une opportunité se présenta en Mai 1193. Un jour, Kudo Suketsune fut convié à une partie de chasse organisée par le Shogun Yoritomo. Lorsqu’il l’apprit, Juro alla chercher son frère à Oiso, l’endroit où ce dernier vivait comme moine. Juro et Goro arrivèrent au camp de chasse, près du Mont Fuji, trouvèrent Kudo Suketsune dans une tente et le tuèrent. Il y a là différentes versions à propos des circonstances. Dans l’une d’elles, Kudo était saoul, dans une autre, en compagnie d’une prostituée. Un combat s’engagea alors entre les serviteurs de Suketsune et les deux frères. Juro fut tué et Goro capturé. Par la suite, le Shogun ordonna l’exécution de Goro. Il avait 20 ans et son frère 22 ans lorsqu’ils moururent et 18 ans avaient passé depuis leur serment. Le Prêtre Guojitsu les enseveli par la suite.
La saga fut mise en scène dans de nombreuses pièces de noh et kabuki et de nombreuses reliques sont préservées dans la région d’Hakone (où fut tué Sukeyasu), comme la dague qu’aurait donné Suketsune à Tokimune en disant : " Tue moi avec cette dague si tu veux te venger ". Un autel a aussi été érigé à la mémoire des deux frères, presque 800 ans après leur vengeance.

 

Sources

The Samuraï Swordsman: Master of War, de Stephen Turnbull

The Ballad Drama of Medieval Japan, de James Araki


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29 août 2006 2 29 /08 /août /2006 14:19

selon diverses sources, plus ou moins contradictoires

 

En l'an 1701, le 5° shôgun Tokugawa, de son prénom Tsunayoshi (4° fils de Tokugawa Iemitsu), attend la visite de trois ambassadeurs chargés de lui transmettre les vœux de l'Empereur Higashiyama (1675-1709) pour la nouvelle année, à l'occasion du Sankinkotai. Il charge deux samouraï de diriger la cérémonie et d’accueillir les émissaires. Le Shôgun désigne donc un noble du nom de Kamei Sama et le seigneur Asano Naganori (1665-1701, titre Takumi no Kami) jeune daimyô de 36 ans du château d’Ako (province de Harima). Asano refuse d'abord, mais est obligé d'accepter, à la condition d'être formé aux coutumes. De ce fait, les deux hommes doivent prendre conseil auprès du maître des cérémonies Kira Kozuke no Suke Yoshinaka (1641-1703). Il est alors d'usage de donner un cadeau en échange d'un tel service. Kamei et Asano font parvenir un présent à Kira mais ce dernier estime être mal récompensé pour ses conseils, du fait de la modicité des cadeaux. Il a d'ailleurs très mauvaise réputation et est connu pour sa cupidité et sa corruption. Il se montre donc très méprisant envers Asano et son compagnon, nourrissant à leur encontre une profonde haine qu'il manisfeste par un grand manque de considération et d'insulte. En effet, il aurait traité Asano de "cul-terreux". Kamei supporte mal l'humiliation et se montre moins stoïque que son compagnon face à cette attitude inacceptable.

Une nuit, Kamei convoque donc ses conseillers et leur annonce: "Kozuke no Suke nous a insulté Takumi no Kami et moi-même durant notre service.Cela va à l'encontre de toute décence et j'ai eu à l'esprit de le tuer sur le champ; mais je me suis dit que si j'accomplissais un tel acte dans l'enceinte du château, non seulement ma propre vie serait perdue mais ma famille et mes vassaux seraient ruinés; alors j'ai retenu ma main. Toujours est-il la vie d'un tel coquin est une peine pour le peuple, et demain quand j'irai à la Cour, je le tuerai: c'est décidé et je n'écouterai aucune remontrance." Devinant que la situation est critique, un des conseillers de Kamei agit pendant la nuit, et récolte une somme d'argent conséquente qu'il envoie à la demeure de Kira, ainsi soudoyé grassement. Yoshinaka devait par la suite changer complètement de comportement et montrer à Kamei une grande déférence. Cependant, il reste très grossier envers Asano et néglige sa formation.


Le jour de la cérémonie, Asano se trouve très embarrassé, ne sachant où se placer dans l'assistance, et demande assistance à Kira, qui lui aurait répondu qu'il est trop tard pour s'en préoccuper (dans la version de Mitford, Asano attaque Kira après que celui-ci l'a traité de maladroit et de mufle, car il n'aurait pas noué le ruban de la chaussette de Kira correctement). Etant donné l'importance de l'étiquette à l'époque, cette attitude représente une véritable trahison.

Le 14 mars, face à un tel affront, Asano, fou de colère, sort sa dague et blesse Kira au visage dans les couloirs du palais, et aurait crié en même temps: "Kono aida no ikon oboetaru ka!" ("c'est pour la rancune que j'ai envers toi!"). Un officier, Kajikawa Yososobei, s'interpose.
L'incident est grave : attaquer un hatamoto, c'est-à dire un haut fonctionnaire, et sortir sa lame au sein du Palais sont des violations des lois shôgunales. Un tel acte est puni de mort. Le shôgun fait immédiatement arrêter Asano et lui demande de se faire seppuku. Le soir même, Asano accomplit le rituel, laissant un poème sur l'impermanence de la vie.

 

  Les 47 rônin attaquant la 

        demeure de Kira

"Kaze sasofu

Hana yori mo naho

Ware wa mata

Haru no nagori o

Ika ni toyasen"

 

"Plus fragile que les fleurs de cerisier

Qui invitent le vent à les éparpiller,

Dois-je maintenant souhaiter un dernier adieu

Et laisser derrière le printemps merveilleux?"

       

Même si les règles de l’époque auraient voulu que les deux parties à la querelle soient punies, Kira ne sera pas jugé.

Asano est inhumé au temple de Sengaku-ji ; ses terres lui sont alors confisquées, ses vassaux et sa famille perdent leurs titres (environ 300 personnes). A ce moment, beaucoup ne savent pas comment réagir. Certains refusent de rendre le château d'Ako au shôgun, d'autres estiment qu'il devraient comploter contre Kira et se venger tandis que d'autres pensent qu'il vaut mieux s'en remettre à la loi et simplement accepter leur sort.

Oishi Kuranosuke, principal vassal d'Asano (ou karo), entend écouter toutes les opinions, et convient finalement d'un plan: une pétition sera envoyée au shôgun avec l'aide du frère cadet d'Asano, Daigoku, afin de réétablir la maison d'Asano dans ses droits. Si ce plan échoue, les anciens samouraï refuseront de rendre le château.

Les jours suivants, tous les samouraï qui s'étaient opposés à l'idée de la pétition désertent le château, laissant seulement une soixantaine de guerriers encore loyaux derrière eux. Daigoku envoie alors une lettre à Oishi, lui demandant d'obéir aux ordres: le château d'Ako est donc pris pas le shôgun.

 

Mais les samouraï du seigneur Asano n'entendent alors pas en rester là. Avant de rendre le château, cinquante-neuf rônin décident de s'opposer à Kira pour venger leur maître, jurant fidélité et loyauté à sa mémoire, surtout qu'Asano Daigoku est arrêté et assigné à résidence. Le groupe attendra presque deux ans avant de s’acquitter de sa promesse. Entre-temps, afin de tromper la surveillance des espions de Kira, les rônin se séparent et feignent de se livrer à la débauche. Oishi divorce de sa femme avec qui il est marié depuis vingt ans, afin qu'aucun tort ne lui soit fait. Il se met à fréquenter les tavernes et les maisons de geisha à Yamashina, un faubourg de Kyôtô. Il prétend boire plus que de raison et trompe tout son entourage, si bien que lorsqu'il tombe ivre mort dans la rue, un samuraï de Satsuma qui passait par là l'insulte tout bonnement et lui crache au visage: "N'est-ce pas ce Oishi Kuranosuke, qui était un conseiller d'Asano Takumi no Kami, et qui, n'ayant pas le coeur de venger son seigneur, s'adonne aux femmes et au vin? Voyez comme il est étendu ivre sur la voie publique! Bête infidèle! Imbécile et poltron! Indigne de porter le nom de samuraï!" Tous ces faits sont rapportés à Kira, dont la vigilance finit par s'émousser. Les anciens vassaux d'Asano, tous devenus commerçants ou artisans ne semblent plus représenter une menace. Pourtant, ces derniers ont rassemblé des armes illégalement et ont même leur entrée dans la maison de Kira! Kinemon Kanehide Okano a épousé la fille de l'architecte de la maison de Kira et a pu se procurer les plans du bâtiment! 

                                                    
En décembre 1702, Oishi Kuranosuke rassemble ses hommes dans un conciliabule secret.

Il estime que le moment est venu et que son plan est fin prêt. Il renvoie cependant treize de ses guerriers vers leur famille et ne garde que 47 rônin avec lui.

Dans la nuit du 14 décembre, les 47 hommes attaquent dans la neige le demeure de Kira, qui organise alors une soirée. Le fils de Oishi, Chikara âgé de 16 ans, est présent, ayant souhaité suivre son père plutôt que de partir avec sa mère.

Oishi divise ses hommes en deux troupes, armées d'épées et d'arcs. Les hommes ont tous convenu de signaux: un son de tambour annonce l'assaut, un coup de sifflet annonce que Kira a été capturé.

Oishi envoie tout d'abord quatre hommes pour surprendre les portiers. Puis il fait informer le voisinage de leur action. Après quoi, il sonne le gong de l'assaut. Les rônin entrent donc, protégés par des archers sur les toîts. Chikara neutralise des hommes avec son groupe à l'avant de la maison. Kira se rend compte du danger et essaye d'envoyer des messagers qui seront tous abattus. Seuls les civils de la demeure seront épargnés, sauvés par le serment des rônin de ne blesser ni femmes, ni enfants.

 

Une fois tous les hommes maîtrisés, Oishi et ses suivants (il n'y a eu aucune perte du côté d'Oishi, seuls quatre rônin sont blessés. 40 hommes de Kira ont été tués, mais les ofiiciels rabaissent le chiffre à 23) fouillent la maison et découvrent un passage derrière une tapisserie. Le chemin les mène vers une cour intérieure. Dans cette cour se trouve un abri à charbon où est caché un homme qui soudainement les attaque un poignard à la main. Questionné, le prisonnier ne veut pas révéler son nom, mais la cicatrice à son visage montre qu'il s'agit bien du maître des lieux, Kira Yoshinaka. Oishi fait preuve de déférence: s'agenouillant devant Kira, il explique ses motivations: "Mon seigneur, nous sommes les vassaux d'Asano takumi no Kami. L'année dernière, votre seigneurie et notre maître vous êtes querellés au palais et notre maître fut condamné au seppuku et sa famille fut ruinée. Nous sommes venus cette nuit pour le venger, puisque tel est le   devoir d'hommes fidèles et loyaux. Je prie votre seigneurie de comprendre la justice                         

de notre acte. Et maintenant mon seigneur, nous vous conjurons de vous faire seppuku."

Il donne à son ennemi la dague dont s'était servi Asano pour se donner la mort, en proposant ses services à Kira afin de l'aider dans le rituel. Mais Yoshinaka dédaigne ses opposants. Oishi est obligé de faire s'agenouiller Kira pour qu'on le décapite. Tous quittent alors la  maison avec la tête de leur adversaire, et se dirigent vers le temple Sengaku-ji accompagnés  même par la foule. Oishi envoie en même temps Terasaka Kichiemon avertir les autres anciens samuraï de l'événement, à Ako.

En chemin, le prince de Sendai les auraitinvités à venir prendre une boisson chez lui, tant il était admiratif de leur courage.

Une fois au temple, les rônin lavent la tête de Kira et la déposent sur la tombe de leur maître avec la dague d'Asano. Ils remettent ensuite au temple tout l'argent qu'ils possédaient et attendent leur châtiment. Les 46 hommes sont arrêtés et emprisonnés pendant des mois. Ils semblent bénéficier du soutien populaire et le Shôgun lui-même ne cache pas son admiration. Il repousse leur condamnation, sans les acquitter  ce qui contredirait les lois en vigueur.
C'est durant cette période qu’Oishi rédige ce court poème :


  "Le vrai bonheur est toujours d'accomplir son dessein.
   Alors notre volonté brille, perçant l'épaisseur de nos corps
  Ainsi que la lune se dégageant de lourds nuages."


Le 4 février 1703, les 46 rônin sont divisés en quatre groupes et menés devant quatre daimyô qui doivent superviser leur mort. Tous les hommes s'ouvrent le ventre en même temps. Ils sont enterrés au temple Sengaku-ji près de la tombe d'Asano. Seul Terasaka Kichiemon reste en vie, grâcié par le Shôgun une fois revenu de sa mission à Ako. A sa mort, à l'âge de 78 ans, il sera également inhumé avec ses compagnons.

Là est également enterré le samouraï de Satsuma, qui avait offensé Oishi. Inconsolable, regrettant son comportement envers Kuranosuke, il vient se recueillir sur la tombe d'Oishi: "Quand je t'ai vu étendu saoûl sur le côté de la route à Yamashina, à Kyôtô, je ne savais pas que tu complotais pour venger ton maître; et te croyant un samouraï infidèle, je t'ai piétiné et craché au visage en passant. Je suis maintenant venu demander pardon et expier mon insulte de l'année passée." Sur ces mots, prostré sur la tombe, il se suicide en s'ouvrant le ventre au Sengaku-ji. Le prenant en pitié, le prêtre en chef du temple décide de l'enterrer là avec les autres corps.

Le frère d'Asana, Daigaku, fut par la suite réhabilité et regagna certains de ses titres.

 

Si les corps des 47 rônin sont enterrés au temple de Sengaku, il est dit que leurs cheveux et leurs ongles ont été placés dans le temple Kissho à Osaka. Asano était un proche du prêtre en chef du temple, qui après la disparition des 47 rônin demanda s'il était possible de récupérer certaines parties de leurs corps.

Le temple de Kissho abrite 47 statues de pierre représentant les rônin, et l'on reconnait bien Oishi avec son fameux tambour. Ce tambour et le sifflet utilisés lors de l'attaque sont toujours conservés au temple Sengaku.


                                   Tombe d'Oishi Kuranosuke

 

 

par ordre alphabétique

 

OISHI KURANOSUKE YOSHIO (ou YOSHITAKA) - âge 45

AKAGAKI (ou AKAGANE) GENZO SHIGEKATA - âge 35

CHIKAMATSU KANROKU YUKISHIGE - âge 34

FUWA KAZUEMON MASATANE - âge 34

HARA SOEMON (ou GOEMON) MOTOTOKI - âge 56

HAYAMIZU (ou HAYAMI) TOZAEMON (ou SOZAEMON) MITSUTAKA - âge 42

HAYANO (ou KAYANO) WASUKE TSUNENARI - âge 38

HAZAMA JUJIRO MOTOOKI - âge 27

HAZAMA KIHEI MITSUNOBU - âge 65 (ou 69 ans)

HAZAMA SHINROKU MITSUKAZE - âge 24

HORIBEI (ou HORIBE) YAHEI KANAMARU - âge 77

HORIBEI (ou HORIBE) YASUBEI (ou YASUHEI) TAKETSUNE - âge 34 

ISOGOI (ou ISOGAI) JUROZAEMON (ou JUROEMON) MASAHISA - âge 25

KAIGA (ou KAIGAYA ou KAIDA) YAZAEMON (ou ZAEMON) TOMONOBU - âge 54

KANZAKI YOGORO NORIYASU - âge 39

KATAOKA GENGOEMON (ou GENZOEMON) TAKAFUSA - âge 37

KATSUTA SHINZAEMON (ou SHINEMON) TAKETATA - âge inconnu

KIMURA OKAEMON SADAYUKI - âge 46

KURAHASHI DENSUKE (ou ZENSUKE) TAKEYUKI - âge 34 (ou 24 ans)

MAEHARA (ou AIHARA) ISUKE (ou ESUKE) MUNEFASA - âge 41

MASE (ouMASEKI) GOKURO (ou MAGOSHIRO) MASATATSU - âge inconnu

MASE (ou MASEKI) YUDAYU (ou CHUDAYU) MASAAKI - âge 63

MIMURA JIROZAEMON KANETSUNE - âge inconnu

MURAMATSU KIHEI (ou KIBEI) HIDENAO - âge 62

MURAMATSU SANDAYU TAKANAO - âge 28

NAKAMURA KANSUKE MASATOKI - âge 47

OHIBA (ou SEMBA) SABUROBEI MITSUTADA - âge 51

  OISHI CHIKARA YOSHIKANE - âge 16

OISHI SEZAEMON NOBUKIYO - âge 29

  OKAJIMA YASOEMON TSUNESHIGE (ou TSUNEKI) - âge 38

OKAMO (ou OKANO) KINEMON KANEHIDE - âge 24

OKUDA MAGODAYU SHIGEMORI - âge 57 (ou 50 ans)

OKUDA SADAEMON YUKITAKA - âge 27

ONODERA JUNAI HIDEKAZU (ou HIDETOMO) - âge 61

ONODERA KOZAEMON (ou KOEMON) HIDETOMI - âge 29

OTAKA GENGO TADAO (ou TADAKATSU) - âge 32

SHIODA MATANOJO TAKANORI - âge 35

SUGAYA HANNOJO MASATOSHI - âge 44

SUGINO TOHEIJI TSUGUFUSA - âge 29

TAKEBAYASHI TADASHICHI TAKASHIGE - âge 32

TERASAKA KICHIEMON NOBUYUKI - âge inconnu

TOMIMORI (ou TOMINOMORI) SUKE'EMON MASAYORI - âge 34

YADA (ou YATA) GOROZAEMON (ou GOROEMON) SUKETANE (ou SUKETAKE) - âge 29

YATO EMONSHICHI (ou UEMONSHICHI) NORIKANE - âge 16

YOKOGAWA KAMPEI MUNETOSHI (ou MUNENORI) - âge inconnu

YOSHIDA CHUZAEMON KANESUKE - âge 64 

YOSHIDA SAWAEMON (ou SADAEMON) KANESADA - âge 29

 

~ voir la GALERIE des 47 Rônin, pour obtenir de plus amples informations sur ces personnages ~

 

 


Les 47 rônin ont-ils respecté le Bushidô en attendant aussi longtemps pour venger la mort de leur maître?

 

Yamamoto Tsunetomo pensa en effet que les 47 rônin avaient pris un très gros risque en n’exécutant pas Kira sur le champ. Ōishi Kuranosuke, souhaitait absolument la mort de Kira, alors que selon le Bushidô, la mort de l'agresseur compte peu. Il faut avant tout montrer par une réaction forte et immédiate son courage et sa détermination sans accorder d'importance à la victoire ou la défaite. En laissant passer du temps avant de se venger, Oishi a pris le risque de déshonorer le nom de son clan (si, par exemple, Kira était mort accidentellement entre-temps), ce qui est la pire chose qu'un samouraï puisse faire.

                                                                                                                     

 

traductions par Shingen


"Certaines personnes vivent toute leur vie sans savoir quel chemin est le bon. Elles sont secouées par le vent et ne savent jamais vraiment où elles vont. C'est en grande partie le sort des roturiers - ceux qui ne peuvent choisir leur destinée. Pour ceux d'entre nous nés en tant que samouraï, la vie est autrement. Nous connaissons le chemin du devoir et nous le suivons sans nous interroger."

Oishi Kuranosuke

 

"Notre vie pèse peu comparée au devoir"

Oishi Chikara

 

"Nous, les rônin servant Asano Takumi no Kami, entrerons par effraction dans la demeure de Kira Kozuke no Suke pour venger nôtre maître. S'il vous plait, soyez assurés que nous ne sommes ni des voleurs ni des voyous et aucun mal n'arrivera aux propriétés environnantes."

Message des 47 rônin à l'attention du voisinage de la demeure de Kira

 


traductions par Shingen

 

Voici un document retrouvé sur chacun des rônin, expliquant leur conduite. 

 

"L'année dernière, au troisième mois, Asano Takumi no Kami, à l'occasion du divertissement de l'ambassadeur impérial, fut amené, par la force des choses, à attaquer et blesser le seigneur Kozuke no Suke dans le château, afin de venger une insulte qui lui avait été faite. Ayant fait cela sans considérer la dignité du lieu, et n'ayant ainsi pas tenu compte des règles de propriété, il fut condamné à hara-kiri, son domaine et château d'Ako furent confisqués par l'Etat, et furent rendus par ses vassaux aux officiers mandatés par le Shôgun qui devait les recevoir. Après cela ses suivants furent tous dispersés. Au temps de la querelle les hauts officiers présents empêchèrent Asano Takumi no Kami de persister dans son intention de tuer son ennemi, mon seigneur Kozuke no Suke. Ainsi Asano Takumi no Kami mourut sans avoir pu se venger, et ce fut plus que ce que ses vassaux pouvaient endurer. Il est impossible de demeurer sous le même ciel que l'ennemi de son seigneur ou de son père; pour cette raison nous avons osé déclaré l'inimitié à un personnage de rang si élevé. Ce jour nous attaquerons Kira Kozuke no Suke, afin de terminer l'acte de vengeance qui fut commencé par notre seigneur défunt. Si quelque personne honorable devait trouver nos corps après la mort, il lui est respectueusement demandé d'ouvrir et de lire ce document."

 

"15ème année de Genroku. 12ème mois."

"Signé Oishi Kuranosuke, Vassal d'Asano

 Takumi no Kami, et 46 autres."

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Voici le manuscrit que les 47 rônin déposèrent sur le tombe d'Asano, avec la tête de Kira:


"La 15ème année de Genroku, le 12ème mois, et le 15ème jour. Nous sommes venus ce jour pour rendre ici hommage, 47 hommes en tout, d'Oishi Kuranosuke jusqu'au fantassin, Terasaka Kichiyemon, tous réjouis de sacrifier nos vies en votre nom. Nous annonçons cela avec respect à l'esprit honoré de notre défunt maître. Au 14ème jour du 3ème mois de l'année dernière, notre maître honoré fut ravi d'attaquer Kira Kozuke no Suke, pour une raison que nous ignorons. Notre maître honoré mit un terme à sa vie, mais Kira Kozuke no Suke survécut. Bien que nous craignions qu'après le décret prononcé par le gouvernement notre complot déplaira à notre maître honoré, nous, qui avons mangé de votre nourriture, ne pouvions pas répéter ces vers sans rougir, "Tu ne vivras pas sous le même ciel, ni foulera la même terre que l'ennemi de ton père ou de ton seigneur", ni ne pouvions quitter l'enfer nous présenter au paradis devant nous, à moins d'avoir continué la vengeance que vous aviez initiée. Chaque jour que nous avons attendu nous a paru comme trois automnes. Véritablement, nous n'avons foulé la neige qu'un jour, non, deux jours, et n'avons goûté à la nourriture qu'une fois. Le vieux et le décrépi, le malade et le souffrant, sont venus volontiers pour sacrifier leurs vies. Les hommes pourront rire de nous, tels les sauterelles ayant confiance en la force de leurs bras, et ainsi couvrir de honte notre seigneur honoré; mais nous pouvions pas nous arrêter dans notre acte de vengeance. Ayant pris tous ensemble conseil la nuit dernière, nous avons escorté mon seigneur Kozuke no Suke ici jusqu'à votre tombe. Cette dague à laquelle notre seigneur honoré se fia l'année dernière, et remise à nos soins, nous la ramenons aujourd'hui. Si votre noble esprit est maintenant présent devant cette tombe, nous vous prions, comme un signe, de prendre la dague, et frappant la tête de votre ennemi avec une seconde fois, de dissiper votre haine pour toujours. Ceci est la déclaration respectueuse de 47 hommes."

 

 

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Voici une lettre qu'Onodera Junai Hidemoto laissa à sa femme:


"Le jour est venu. Je pense que la revanche aura lieu d'ici 3 jours à compter d'aujourd'hui. Pendant les deux dernières années, nous avons fait de notre mieux et nous faisons maintenant face à notre vengeance. Notre voeux sera bientôt complété et tous ceux qui vont participer sont excités. Kira est préparé à notre attaque, aussi le fait que nous gagnions ou que nous perdions dépendra de la chance.

Comme je l'ai dit auparavant, je ne considérerai ni désagréable ni réprobateur tout châtiment qui nous sera donné par Kogi. Même si mon corps mort est montré, je pense que mon devoir sera accompli car mon corps montrera la loyauté du samouraï au pays entier et cela renforcera leur détermination."


 

 

          

Sources


Tales from Old Japan, de Algernon Bertram Freeman-Mitford

The 47 Rônin Story, de John Allyn

The 47 rônin: a story of samuraï loyalty and courage, de Barry Till

The revenge of the 47 rônin - Edo 1703, de Stephen Turnbull


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Published by Shingen - dans Le Bushido
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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 11:13
Qu'est-ce que le Bushido?
C'est le respect d'un certain stoïcisme, du mépris du danger et de la mort, d'honneur, de courage, de fidélité absolue à la parole donnée; une philosophie qui s'adresse avant tout au gentilhomme, au Bushi. Au bouddhisme, le guerrier puise un sens de sereine confiance dans le destin, un esprit de soumission à l'inévitable. L'acceptation stoïque du danger et de ses conséquences, le dédain de la vie. Au shintoïsme, le Bushi puise les notions de loyauté envers le supérieur, de vénération des ancêtres, de piété filiale, de passivité et de patriotisme. Clef de voûte de cette mentalité, la rectitude, la justice ou Giri est la vertu la plus importante : c'est le devoir pur et simple. La deuxième vertu est le courage ou la disposition à accomplir ce qui est juste. Vivre lorsqu'il est juste de vivre et mourir lorsqu'il est juste de mourir. Le nasake ou bienveillance, vient ensuite. C'est la magnanimité, la pitié, la sympathie, le tout cultivé par la poésie et la musique. Oser vivre quand la vie est plus pénible que la mort, apprendre à ne point se plaindre, malgré les plaintes de l'âme et les souffrances du corps voilà l'ascèse de celui qui suit le bushido.

Quelques règles de vie :

Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre, à mourir quand il est juste de mourir.



Il faut songer à la mort avec la conscience vive de ce qu'exige l'honneur d'un samouraï, peser chaque parole avant de la prononcer, se demander avant de répondre si ce que l'on a à dire est vrai.




Manger avec modération, éviter la volupté.





Après les tâches quotidiennes, se souvenir du mot Mort, ne pas faillir de le mettre en son cœur.





Un homme qui méconnaît la vertu n'est pas un samouraï. Pour tout homme, les parents sont comme la tige de son propre corps, lui-même est branche consanguine de ses parents.




Respecter la règle de la tige et de branches; l'oublier, c'est ne jamais parvenir à comprendre ce qu'est la vertu. - Un samouraï se conduira en fils et en sujet fidèle. Il ne quittera pas son suzerain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un.




En temps de guerre, le témoignage de sa loyauté consistera à se porter s'il le faut au-devant des flèches ennemies sans faire cas de sa vie.




Loyauté, esprit de justice, bravoure sont les trois vertus naturelles du samouraï.





Un samouraï, où qu'il dorme, ne doit pas mettre les jambes dans la direction du logement de son suzerain. De même, quand il s'exerce au tir à l'arc, il ne doit pas pointer ni lancer sa flèche dans la direction de son suzerain, ou encore quand il pose sa lance.




Le faucon ne pique pas les épis, même quand il meurt de faim. De même un samouraï se servant d'un cure-dents fera-t-il semblant de s'être régalé, même quand il n'a pas mangé.




Si à la guerre un samouraï perd le combat et s'il est obligé de livrer sa tête, il manifestera hardiment son nom à l'appel de l'ennemi et mourra en souriant, sans aucune vile allure.




Étant gravement blessé, si gravement qu'aucune opération chirurgicale ne puisse le guérir, il parlera correctement devant ses supérieurs et ses pairs et mourra avec sang-froid, se rendant bien compte de l'état de sa blessure.




Un samouraï qui ne serait que fort n'est pas admissible. Sans parler de la nécessité des études en science, il faut qu'il profite de ses loisirs pour s'exercer à la poésie et comprendre la cérémonie du thé.

Budo ShoShin Shu (lectures élémentaires sur le Budo) - Daïdoji Yuzan, 1639 -1730

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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 16:48

Un petit extrait tiré des pages du site nihon-zen, rappelant pourquoi nous faisons des arts martiaux:

"Autant que des techniques de combat les arts martiaux sont des moyens de se réaliser, d'atteindre la maîtrise et la connaissance de soi. La démarche spirituelle, voire religieuse, fait partie intégrante des arts martiaux. Les grands maîtres ont toujours enseigné que l'important n'est pas de se battre, que l'art de la guerre doit être celui de la paix et que, en définitive, il faut gagner sans se battre. C'est l'harmonie qui triomphe du désordre. Un maître du sabre ne tue pas son ennemi : c'est celui-ci, par manque de sagesse, qui vient se détruire sur le sabre. En quelque sorte, les arts martiaux relèveraient de la dissuasion vis-à-vis des autres, ils constitueraient une méthode pour vaincre l'adversaire (parfois en profitant de ses faiblesses) et seraient surtout une voie pour atteindre l'ultime état de la sagesse."

Le meilleur des sabres est celui qui reste dans son fourreau...


 

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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 15:25

Je n'ai pas de parents; je fais du Ciel et de la Terre mes parents.
Je n'ai pas de pouvoir divin; je fais de l'honnêteté ma force.
Je n'ai pas de ressources; je fais de l'humilité mon expédient.
Je n'ai pas de don magique; je fais de ma force d'âme mon pouvoir magique.
Je n'ai ni vie ni mort; je fais de l'Eternel ma vie et ma mort.
Je n'ai pas de corps; je fais de mon courage mon corps.
Je n'ai pas d'yeux; je fais de l'éclair du tonnerre mes yeux.
Je n'ai pas d'oreilles, je fais du bon sens mes oreilles.
Je n'ai pas de membres; je fais de la vivacité mes membres.
Je n'ai pas de projet; je fais de l'opportunité mon dessein.
Je ne suis pas un prodige; je fais du respect du Dharma mon miracle. 
Je n'ai pas de principes; je fais de l'adaptabilité à toutes choses mon principe. 
Je n'ai pas d'amis; je fais de l'esprit mon ami.
Je n'ai pas d'ennemis; je fais de la distraction mon ennemi.
Je n'ai pas d'armure; je fais de la bienveillance et de la rectitude mon armure.
Je n'ai pas de forteresse; je fais de la "sagesse immuable de l'esprit" ma forteresse.
Je n'ai pas d'épée; je fais du "silence de l'esprit" mon épée.


source: "Aijidô, un art martial, une autre manière d'être" - André Protin citant un texte anonyme du XIV° siècle


L'auteur précise:


"Bien que mis par écrit, le "crédo du samouraï" ne fut jamais une théorie de la conduite humaine, ni un code d'honneur où étaient répertoriés vertus et défauts. Le bushidô, s'il n'était à proprement parler une doctrine, puisait sa substance dans tous les courants de pensée qui pénétrèrent au Japon. Dans son application, il mettait l'accent sur l'attitude mentale à avoir au combat et dans la vie - il est vrai qu'à certaines périodes le combat et la vie se confondaient aisément - autant que sur les qualités morales indispensables dans les relations entre les hommes [...]"


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