Blog sur l'esprit du Bushidô et le Sabre Japonais.
Qu’est-ce que le tamahagane ?
Il s’agit d’un type d’acier brut obtenu de façon traditionnelle, servant à la création des véritables lames japonaises.
Pour faire simple, l’acier est du fer contenant du carbone. On considère qu’à partir de 0.03% de teneur en carbone, le fer peut être appelé acier. Plus il y a de carbone, plus dur est l’acier.
Toutefois, la teneur en carbone dans la fabrication de l’acier japonais (watetsu) est très précise.
Un watetsu de très bonne qualité doit contenir entre 1.0 à 1.2% de carbone, et peu d’impuretés telles que le nickel ou le cuivre. A moins de 1%, la lame manquera de dureté. Au-delà de 1.5% de carbone, la lame deviendra cassante.
Le tanren est le process de préparation du tamahagane (玉鋼 – tama « joyau », hagane « acier »).
La matière première pour la fabrication est tamahagane est du sable ferrugineux appelé satetsu. Il présente deux variétés : l’akame (friable) et le masa (plus épais). Ce dernier est le plus recommandé dans la fabrication des lames, car il contient peu de phosphore et de soufre.

On extrait le fer pur du satetsu dans le tatara (bas fourneau traditionnel de la forge – 1.50m de large, 1.10m de haut, 4.50m de long) par réaction d’oxydoréduction : à proximité du charbon de bois et de l’oxygène introduite par les soufflets, le fer chauffé à très haute température (1200 à 1500°) se combine au carbone pour donner de l’acier.
Il faut compter 5 jours pour de travail pour obtenir du tamahagane :
Le schéma ci-dessous montre un bloc de kera. Les différentes sections identifient les teneurs en carbone.

Comment reconnaître du bon tamahagane?
On considère que le bon tamahagane est dense, argenté et brillant, présentant des tâches rouge, jaune ou bleue, traces d’oxydation à l’air lors du refroidissement.
Un mauvais tamahagane est râpeux et d’apparence grisâtre.
Ci-dessous, la composition d’un bon tamahagane (de type « grade one »). Le « grade three » présente la qualité la plus inférieure.

C : carbone - Si : silicum - Mn : manganèse - P : phosphore - S : soufre - Ti : Titane - Ni : nickel - Cu : cuivre
On trouve cinq classifications de tamahagane : tsuru (grue), kame (tortue), matsu (pin), take (bambou), ume (prune). Le tamahagane de meilleure qualité est celui de type tsuru.
Pour donner une idée des volumes de production, avec 8 tonnes de charbon et 13 tonnes de sable, on peut fabriquer 2 tonnes de tamahagane brut.
A l’heure actuelle, la NBTHK produit son propre tamahagane dans un tatara d’époque, reconstruit en 1976 à Shimane et approvisionne les forgerons du Japon.

Sources :
The Craft of the Japanese Sword - de Leon Kapp, Hiroko Kapp, Yoshindo Yoshihara
The Art of the Japanese Sword: The Craft of Swordmaking and its Appreciation - de Yoshindo Yoshihara, Leon Kapp, Hiroko Kapp
The New Generation of Japanese Swordsmiths – de Tamio Tsuchiko