Blog sur l'esprit du Bushidô et le Sabre Japonais.
Les kôan sont de courtes phrases ou brèves anecdotes absurdes ou paradoxales utilisées dans certaines écoles du bouddhisme zen comme objet de méditation ou pour déclencher l’éveil. Il s'agit souvent d'une rencontre entre un Maître et un disciple ou toute(s) autre(s) personne(s). On les utilise dans le cours d'une forme de méditation qu'on appelle Méditation de Kôans. Au Japon, l'étude des kôans est devenue, au fil du temps, très formalisée dans chaque lignage d'enseignement, chaque lignée ayant son propre cursus de kôans "au travers" desquels il faut passer, des réponses acceptées correspondant aux cas donnés, et une méthode standardisée pour guider secrètement l'élève à travers le cursus des kôans et réponses. Le contenu d'un cursus à l'intérieur d'une lignée reste secret bien gardé. Ces dialogues sont le plus souvent totalement confondants pour le non-initié. Les kôans ne sont pas des compte-rendus historiques d'événements réels, quoique c'est ce que croient les bouddhistes d'Extrême Orient, comme beaucoup d'autres, si ce n'est la majeure partie des pratiquants contemporains. Il s'agit plutôt de re-créations de la façon dont les maîtres éveillés du passé pourraient avoir parlé et agi. La popularité des textes de kôans a fini par informer la pratique orale factuelle. C'est-à-dire qu'ils ont fini par servir de modèles aux formes de la rhétorique et de la procédure dans le discours public à l'intérieur des institutions Zen.
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Voici plusieurs kôans:
Lorsque le coeur est dépouillé de tout désir, c'est là la voie.
La clarté de la lune dépend de l'ombre des pins.
Quand un homme ordinaire atteint le savoir, il est sage. Quand un sage atteint la compréhension, il est un homme ordinaire.
Les ignares se délectent du faux clinquant et de la nouveauté. Les gens cultivés trouvent leur plaisir dans l'ordinaire.
Qui excelle au tir ne touche pas le centre de la cible.
La lumière existe dans l'obscurité ; ne voyez pas avec une vision obscure
L'homme regarde la fleur, la fleur sourit.
Quel était votre visage avant la naissance de vos parents ?
Ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as.
Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ?
J'éteins la lumière, où va-t-elle ?
Pour savoir si l'eau d'un bol est chaude ou froide, il faut y mettre le doigt... Il ne sert à rien de discuter.
A esprit libre, univers libre.
Lorsqu'il n'y a plus rien à faire, que faites-vous ?
Une illusion peut-elle exister ?
Non anxieux ici, non anxieux toute la vie.
En ultime analyse, toute chose n'est connue que parce que l'on veut croire la connaître.
Le bambou existe au-dessus et en dessous de son noeud.
Le courant rapide n'a pas emporté la lune.
La voie est sous vos pieds.
Jour après jour, c'est un bon jour.
Un de gagné, un de perdu.
L'homme regarde le miroir, le miroir regarde l'homme.
Le soleil de midi ne fait pas d'ombre.
La haine seule fait des choix.
Les vivants sont dans le corbillard, les morts suivent le cortège.
L'heure me regarde et je regarde l'heure.
Maison pauvre, voie riche.
La courbe ne peut inclure la ligne droite.
Recherchez la liberté et vous deviendrez esclave de vos désirs. Recherchez la discipline et vous trouverez la liberté.
Une journée, une vie.
Avant qu'une personne n'étudie le Zen, les montagnes sont les montagnes, les eaux sont les eaux. Après un premier aperçu de la vérité du Zen, les montagnes ne sont plus les montagnes, les eaux ne sont plus les eaux. Après l'éveil, les montagnes sont de nouveau des montagnes, les eaux de nouveau des eaux.
Un Samouraï se présenta devant le Maître Zen Hakuin et lui demanda : "Y a-t-il réellement un paradis et un enfer ?"
"Qui es-tu ?" demanda le Maître.
"Je suis le Samouraï..."
"Toi, un guerrier ! s'exclama Hakuin. Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t'avoir à son service ? Tu as l'air d'un mendiant."
La colère s'empara du samouraï. Il saisit son sabre et dégaina. Hakuin poursuivit :
"Ah bon, tu as même un sabre, prêt à frapper le Maître… A ce moment celui-ci dit :
"Ici s'ouvrent les portes de l'enfer." Mais surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina son sabre et s'inclina.
"Ici s'ouvrent les portes du paradis", lui dit alors le Maître.
(extrait "Les contes des arts martiaux")
Lien utile: zen occidental (sur le kôan zen)