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BUSHIDÔ

BUSHIDÔ : Code d’honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samouraï – ce dernier étant d’un rang plus élevé –, le sens de la justice et de l’honnêteté, le courage et le mépris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l’étiquette, la sincérité et le respect de la parole donnée, la loyauté absolue envers les supérieurs et enfin la défense de l’honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particulièrement les Samouraï, devaient observer une étiquette sévère et consacrer leur vie et leur esprit à une ou des activités ‘dépassant l’homme ordinaire’ et transcendant la vie et la mort. Le bushidô est une manière d’être, de se comporter envers ses semblables, et une fidélité absolue à une ligne de vie (autrefois à un maître, à un supérieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu’ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu’à la maîtrise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l’esprit en harmonie (Wa) avec l’univers. Il est évident que cet idéal n’était atteint que très rarement.

D’après Louis Frédéric, Dictionnaire des Arts Martiaux (éd. Félin).

28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 11:14

Le fondateur de ce que l'on appelle aujourd'hui Muso Shinden Ryu s'appelait Hojo Jinsuke Shigenobu ou encore Hayashizaki Jinsuke Shigenobu. Les faits et actes de sa vie sont assez mal connus et son histoire ressortit souvent à la légende. Nous savons cependant qu'il naquit dans la province de Sagami (Soshu) vers le milieu du 16e siècle. Il s'installa plus tard, dit-on, dans la province de Mutsu au nord du Japon. On sait mal actuellement à quel degré de perfection il parvint dans son art mais on sait qu'il étudia intensivement l'art du sabre, approximativement de 1596 à 1601. Par la suite, il mit au point une série de technique de Iaï qu'il appela Batto-Jutsu et qui prirent, selon les époques, différents noms: Junpaku den, Hayashizaki Ryu, Shin Muso Hayashizaki Ryu, Shigenobu Ryu, etc. Nous savons également qu'il fit une tournée au Japon à la mode Musha-Shugyo et que c'est durant cette période qu'il attira un grand nombre de disciples. Les techniques exactes qu'il enseignait nous restent aussi obscures que sa propre vie mais on s'accorde le plus souvent à penser qu'elles étaient relativement simples, pratiques et très adaptées au combat. On dit aussi qu'il fit, à l'âge de 73 ans, en 1616, une deuxième tournée à travers le Japon au cours de laquelle on perdit sa trace.

Sous son influence de nombreuses écoles de Iaï prirent naissance.

Après sa mort, la tradition du Shin Muso Hayashizaki Ryu fut perpétuée par Tamiya Taira-no Hyoe Narimasa qui, dit-on, fut le professeur de Tokugawa Ieyasu, Hidetada et Iemitsu. Ce fait contribua très certainement à la popularité de ce style. Nagano Murakusai Kinro, 3e Sokei, succéda à Tamiya Narimasa puis Numo Gumbei Mitsushige, 4ee Sokei, Arikawa Shozaemon Munetsugu, 5ee Sokei, Manno Danuemon Nobusada, 6ee Sokei.

Le 7ee Sokei fut Hasegawa Chikara-no-Suke Hidenobu (Eishin). Il étudia Hayashizaki Ryu sous la direction de NobuSada, à Edo, durant la période Kyoho (1716-1735) et fut très réputé pour sa maîtrise dans l'art du sabre. Il fit évoluer de nombreuses techniques et mit au point, dit-on, l'art de dégainer une arme dont le tranchant est tourné vers le haut. De retour dans sa province, il donna à son style le nom de Muso Jikiden Eishin Ryu. Il s'y est conservé jusqu'à nos jours.

Le 9ee Sokei, Hayashi Rokudayu Narimasa, était le vassal de Yamanouchi Toyamasa, 4e Hanshu, gouverneur de province. Il étudia, durant son séjour à Edo, le Eishin Ryu sous la direction de Arai Seitatsu, 8e Sokei et suivit simultanément l'école Shinkage Ryu sous la direction de Omori Rokuro Saemon Masamitsu. Ce dernier avait mis au point une méthode de Iaï se pratiquant dans la position seiza (assis). Il l'enseigna à Hayashi Morimasa qui, plus tard, l'intégra dans le Muso Jikiden Eishin Ryu. C'est ce que nous appelons aujourd'hui Shoden Omori Ryu.

Après l'enseignement du 11e Sokei, un schisme se développa, qui donna naissance à deux branches: Shimomura-ha et Tanimura-ha. Le 10ee Sokei du Shimomura-ha fut Nakayama Hakudo Sensei. Il étudia Muso Jikiden Eishin Ryu, dans la province de Tosa, sous la direction de Hosokawa Yoshimasa, 15e Soke (Shimomura-ha) et sous celle de Morimoto Tokumi, 17e Sokei (Tanimura-ha). En 1933, il donna à son enseignement le nom de Muso Shinden Ryu Batto-Jutsu, école dont la popularité ne fit que croître grâce à ses efforts perpétuels et au travail de ses disciples.

Malcolm T. Shewan, "Iai, l'art du sabre japonais", © éd. F.E.I. Cannes 1983

NB: la branche Shimomura est à l’origine de l’école MUSO SHINDEN RYU, la branche Tanimura à l’origine de l’école MUSO JIKIDEN EISHIN RYU.
 

 

Mu=rêve -- So=pensée -- Shin=Dieu -- Den=racine -- Ryu=école

 L'école trouverait donc son origine dans une vision divine apparue dans un rêve qu'aurait fait Jinsuke Shinegobu.

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Published by Shingen - dans Les Ecoles
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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 11:13
Qu'est-ce que le Bushido?
C'est le respect d'un certain stoïcisme, du mépris du danger et de la mort, d'honneur, de courage, de fidélité absolue à la parole donnée; une philosophie qui s'adresse avant tout au gentilhomme, au Bushi. Au bouddhisme, le guerrier puise un sens de sereine confiance dans le destin, un esprit de soumission à l'inévitable. L'acceptation stoïque du danger et de ses conséquences, le dédain de la vie. Au shintoïsme, le Bushi puise les notions de loyauté envers le supérieur, de vénération des ancêtres, de piété filiale, de passivité et de patriotisme. Clef de voûte de cette mentalité, la rectitude, la justice ou Giri est la vertu la plus importante : c'est le devoir pur et simple. La deuxième vertu est le courage ou la disposition à accomplir ce qui est juste. Vivre lorsqu'il est juste de vivre et mourir lorsqu'il est juste de mourir. Le nasake ou bienveillance, vient ensuite. C'est la magnanimité, la pitié, la sympathie, le tout cultivé par la poésie et la musique. Oser vivre quand la vie est plus pénible que la mort, apprendre à ne point se plaindre, malgré les plaintes de l'âme et les souffrances du corps voilà l'ascèse de celui qui suit le bushido.

Quelques règles de vie :

Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre, à mourir quand il est juste de mourir.



Il faut songer à la mort avec la conscience vive de ce qu'exige l'honneur d'un samouraï, peser chaque parole avant de la prononcer, se demander avant de répondre si ce que l'on a à dire est vrai.




Manger avec modération, éviter la volupté.





Après les tâches quotidiennes, se souvenir du mot Mort, ne pas faillir de le mettre en son cœur.





Un homme qui méconnaît la vertu n'est pas un samouraï. Pour tout homme, les parents sont comme la tige de son propre corps, lui-même est branche consanguine de ses parents.




Respecter la règle de la tige et de branches; l'oublier, c'est ne jamais parvenir à comprendre ce qu'est la vertu. - Un samouraï se conduira en fils et en sujet fidèle. Il ne quittera pas son suzerain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un.




En temps de guerre, le témoignage de sa loyauté consistera à se porter s'il le faut au-devant des flèches ennemies sans faire cas de sa vie.




Loyauté, esprit de justice, bravoure sont les trois vertus naturelles du samouraï.





Un samouraï, où qu'il dorme, ne doit pas mettre les jambes dans la direction du logement de son suzerain. De même, quand il s'exerce au tir à l'arc, il ne doit pas pointer ni lancer sa flèche dans la direction de son suzerain, ou encore quand il pose sa lance.




Le faucon ne pique pas les épis, même quand il meurt de faim. De même un samouraï se servant d'un cure-dents fera-t-il semblant de s'être régalé, même quand il n'a pas mangé.




Si à la guerre un samouraï perd le combat et s'il est obligé de livrer sa tête, il manifestera hardiment son nom à l'appel de l'ennemi et mourra en souriant, sans aucune vile allure.




Étant gravement blessé, si gravement qu'aucune opération chirurgicale ne puisse le guérir, il parlera correctement devant ses supérieurs et ses pairs et mourra avec sang-froid, se rendant bien compte de l'état de sa blessure.




Un samouraï qui ne serait que fort n'est pas admissible. Sans parler de la nécessité des études en science, il faut qu'il profite de ses loisirs pour s'exercer à la poésie et comprendre la cérémonie du thé.

Budo ShoShin Shu (lectures élémentaires sur le Budo) - Daïdoji Yuzan, 1639 -1730

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 08:11

Pour commencer, je voudrais donner une brève description de ce qu'est le bouddhisme, du cours des idées philosophiques dans l'histoire du monde, et de la relation entre les deux.

Le bouddhisme est une religion fondée sur l'entraînement. Le sens d'entraînement, ici, est pratique et action, ou "pratique de l'action". C'est là la marque distintive du bouddhisme en tant que religion, et la théorie bouddhique s'est développée sur ces bases.

La nature du bouddhisme en tant que religion fondée sur l'action est très significative, si nous regardons dans le sens de l'histoire du monde. Je voudrais entrer d'avantage dans le détail, et dans ce but, j'aimerais donner un résumé du développement de la civilisation occidentale moderne.

On pense que la civilisation telle que nous la connaissons a commencé en Egypte, en Mésopotamie et en Inde. De récentes découvertes suggèrent que c'est en Ethiopie que s'est située la plus vieille civilisation du monde. De là elle s'est répandue à l'extérieur en de nombreuses directions, arrivant longtemps après en Mer Egée et dans les îles grecques. En Grèce, les graines de la civilisation occidentale moderne telle que nous la connaissons ont germé, et la civilisation moderne doit beaucoup à ces origines.

Parmi les grands penseurs de la Grèce antique a émergé le philosophe Platon. Il a développé une philosophie qui était centrée sur le fonctionnement rationnel del'esprit, et que nous appelons aujourd'hui idéalisme. Les concepts fondamentaux de cette nouvelle philosophie de l'idéalisme se sont répandus et ont été absorbés par l'Empire romain, d'où ils se sont répandus aux quatre coins de l'Europe en même temps que la civilisation romaine. Les temps étaient mûrs pour l'idéalisme, et vers la fin de l'Empire, cet idéalisme rencontra le tout nouveau christianisme.

L'idéalisme tel qu'incorporé dans les pensées de Platon et d'Aristote a trouvé un partenaire dans le christianisme, avec sa croyance en un Dieu vivant au ciel, et l'un a renforcé l'autre. Le christianisme a pu utiliser les forces logiques de l'idéalisme grec pour développer une théologie claire, et en retour, les idéaux du christianisme sont venus former le centre d'un nouvel ensemble d'idéaux philosophiques. La scène était donc toute préparée pour que le christianisme entreprenne son expansion en long et en large dans les sociétés européennes en chevauchant un point de vue idéaliste du monde.

Le christianisme est une religion basée sur la croyance en un Dieu à l'image duquel l'homme a été créé. Avec cette croyance fondamentale, les peuples d'Europe ont créé des sociétés fondées sur les idéaux chrétiens qu'ils gardaient en tête, et ils ont tenté de vivre leur vie au quotidien selon ces idéaux. Ceci correspondait bien à cette époque, alors que les conditions d'existence étaient misérables, et le la croyance en la "salvation" fournissait l'échappée idéale.

A la fin du moyen-âge, cependant, la productivité a commencé à s'améliorer, et la vie des peuples d'Europe s'est peu à peu améliorée. Avec cette lente amélioration dans leur niveau de vie, les gens ont commencé à se rendre compte de leur corporalité. Libérés de la simple course à la survie, ils ont commencé à s'apercevoir que l'homme a une existence physique. Bref, une nouvelle façon de voir la vie a lentement surgi. .

L'observation objective des étoiles a amené Copernic à la conclusion que le soleil était le centre de notre univers et que la Terre tournait autour du soleil. Ceci se posait en contradiction directe aux croyances ptolémaïques que professait la Chrétienté à l'époque. Mais la croyance dans le point de vue copernicien s'est peu à peu mise en place, et avec elle, le développement des premières théories scientifiques. Les gens ont commencé à considérer les faits concrets auxquels ils étaient vraiment confrontés. Dans ces conditions, la science s'est rapidement développée, et à cause de ces développements, les croyances religieuses acceptées se sont écroulées l'une après l'autre. Ceci était inévitable. la civilisation européenne est entrée dans une période de renaissance, une période pendant laquelle la société est revenue à une existence d'avantage centrée sur l'humain, comme à l'époque des Romains et des Grecs. Avec la Renaissance, une réforme dans l'Eglise catholique mit également un visage plus humain sur la nature des croyances chrétiennes.

A la fin du XVIII° siècle, la Révolution française eût un impact significatif dans la rupture avec la croyance en le pouvoir divin des rois, et ceci a permis aux gens de commencer à concevoir qu'avec la création des systèmes politiques, ils pouvaient se gouverner eux-mêmes.

Le XIX° siècle a vu se renforcer le pouvoir du matérialisme, et avec lui, des philosophes comme Karl Marx, qui a développé sa philosophie qui veut que toutes choses et phénomènes dans le monde peuvent être expliqués en termes de matière et de pouvoir matériel. Ceci a fini par conduire à la situation, à la fin du XIX° siècle, où le philosophe Nietzsche a prononcé son "Dieu est mort!" Il voulait suggérer par là que le pouvoir des religions spirituelles avait décliné au point où elles n'étaient plus efficaces en tant que base pour la vie quotidienne.

Mais la grande question reste à savoir si les êtres humains peuvent ou non vivre sans croire en une religion. Vivre sans croyance, c'est vivre sans but, sans aucun critère. Dans cette situation, la question du sens de la vie se pose dans un net relief.

Depuis la fin du XIX° siècle et à travers toute la première partie du XX°, une recherche a commencé pour trouver quelque chose qui ne fut ni centrée sur la religion, ni centrée sur le monde matériel de la science. Des philosophes comme Kierkegaard, Nietsche, Jaspers, et Heidegger ont développé une vue existentielle du monde, dans laquelle ils déclaraient que nous existons au moment présent. Le philosophe américain John Dewey a affirmé cette vue pragmatique dans laquelle le critère utilisé pour juger de la valeur d'une chose n'est ni spirituel, ni matériel, mais est en accord avec son aspect pratique: c'est-à-dire s'il est utile à la vie de l'homme. Husserl est allé plus loin avec la phénoménologie et a affirmé que toute discussion sur le matériel ou le spirituel est inutile. L'essentiel est la façon dont nous voyons les objets ou les phénomènes tels qu'ils nous apparaîssent. La philosophie de Wilhelm Dilthey était centrée autour de la condition humaine, niant tout autant le domaine matériel que le spirituel.

Ces tendances dans le développement de la pensée philosophique nous montrent que des gens au XX° siècle n'étaient satisfaits ni des croyances idéalistes centrées sur l'âme, ni des croyances matérialistes de la science. Cette insatisfaction générale envers les systèmes courants de croyance est toujours parmi nous; le plus grave problème peut-être auquel ait à faire face l'humanité alors que nous allons passer au XXI° siècle est de savoir quel système de croyance nous allons adopter en tant que critère de civilisation, quels critères vont former la base de nos sociétés à l'avenir.

Dans cette situation, j'aimerais suggérer qu'il nous est possible de nous tourner vers le bouddhisme, et je vais expliquer pourquoi. Le bouddhisme n'est pas une religion spiritualiste, et il n'est pas non plus un système matérialiste; c'est un mode de vie fondé sur l'action. La principale caractéristique de la philosophie bouddhiste, c'est d'être construite autour de l'action elle-même.

Je vais vous expliquer pourquoi je dis que le bouddhisme peut former la base d'un nouveau système de croyance pour le monde. Lorsque j'étais un étudiant de 17 ou 18 ans, je me suis absorbé dans un livre appelé le Shôbôgenzô qui a été écrit au XIII° siècle par un moine bouddhiste, maître Dôgen. Depuis plus de cinquante ans par la suite, j'ai continué à étudier le Shôbôgenzô. Pendant ce temps, en le lisant et le relisant, je l'ai traduit en japonais moderne. En y retournant sans cesse pour en clarifier le sens, j'ai donné des conférences sur le Shôbôgenzô à divers endroits probablement plus de six-mille fois. Cette longue tâche m'a conduit à voir clairement que ce que fait maître Dôgen dans le Shôbôgenzô, c'est d'expliquer la nature de la réalité. Son explication est centrée sur la nature de l'action. C'est devenu très clair pour moi, et m'a convaincu que les critères d'existence qu'explique maître Dôgen, basés non sur des croyances spirituelles ou des faits matériels, mais fermement fondés sur l'action, peuvent former la base d'un nouveau système de croyance, une nouvelle philosophie pour le monde.

Laissez-moi illustrer comment j'en suis venu à croire ceci. Il y a un chapitre dans le Shôbôgenzô qui s'appelle Kajo, ou Vie quotidienne. Maître Dôgen y cite son propre maître, Tendo Nyojo:

"La forme dorée et splendide
Est de s'habiller et de manger ses repas."

La "La forme dorée et splendide" renvoie ici à la figure du Bouddha Gautama, dont il est dit qu'elle était entourée d'une aura d'or. Les mots du maître Tendo Nyojo signifient que nos actions quotidiennes de manger et de nous habiller contiennent la splendeur dorée du Bouddha; c'est-à-dire, que ces actions quotidiennes sont splendides en elles-mêmes. Cette affirmation contient l'essence du bouddhisme. Mais cette essence n'est pas seulement incarnée dans les mots et la théorie; elle renvoie directement à nos actions réelles dans notre vie de tous les jours. Le bouddhisme affirme que les actions comme s'habiller et manger ses repas forment le centre-même de notre existence réelle.

Il y a un autre chapitre dans le Shôbôgenzô appelé Jinzu ou pouvoirs mystiques. Ce chapitre discute de la nature des pouvoirs spéciaux que les gens obtiennent de l'entraînement bouddhique. Maître Dôgen cite un chinois nommé Ho-on, qui était un laïc étudiant le bouddhisme tout en travaillant dans la société:

"Pouvoirs mystiques et fonction merveilleuse,
Porter de l'eau et trimballer du bois de chauffage."

Ceci dit que la signification bouddhique du pouvoir mystique et de la merveilleuse fonction est contenue dans ce qui, à cette époque, étaient les actions quotidiennes de porter de l'eau et du bois de chauffage. Nous buvons de l'eau et l'utilisons pour la cuisson. Le bois de chauffage aussi était essentiel pour cuire et pour chauffer. De sorte que ces deux choses sont des nécessités de base de la vie quotidienne. Ce qui est mysitque et merveilleux dans ces activités, c'est qu'en fait elles nous donnent la vie &emdash; elles sont notre vie-même. Si l'on considère le bouddhisme ainsi, nous pouvons voir qu'il n'est pas une religion fondée sur quelque chose que nous créons dans nos têtes, c'est une religion qui nous enseigne clairement comment mener nos vies jour après jour.

Voyons maintenant où se situe le Bouddhisme dans le développement des systèmes de croyance jusqu'à nos jours. Les croyances spirituelles dominaient au Moyen-Age, mais elles ont désormais cédé la place au matérialisme, depuis les temps modernes. A la fin du XIX° siècle, les gens ont d'abord commencé à perdre leur foi dans le pouvoir suprême du matérialisme, ce qui a amené la situation actuelle où l'on cherche activement et sincèrement une règle de vie alternative

Personnellement, je crois sincèrement que dans ce flot de l'histoire, le Bouddhisme, fondé dans l'action qu'il est, a, en ce moment, tout ce qu'il faut pour devenir le système de croyance le plus important du monde. Il possède un système philosophique qui peut unifier tous les autres. C'est là la conclusion à laquelle me mènent inéluctablement mes années d'étude du Shôbôgenzô. Vous pourriez croire, à m'écouter, que ce que je dis à propos du rôle d'une théorie fondée sur la nature de l'action dans le destin du monde a l'air trop dogmatique &emdash; et ce serait là une première réaction normale. Mais je veux ajouter que j'ai étudié le Shôbôgenzô à l'exclusion de tout le reste lorsque j'étais un jeune homme, et ce que maître Dôgen dit de l'action et des enseignements du Bouddha Gautama ne me laisse pas l'ombre d'un doute : le système de croyance bouddhique fondé sur l'action est destiné à devenir la philosophie centrale du monde.

Au moment où nous sommes, l'humanité ne peut plus croire dans les systèmes spirituels médiévaux, et elle ne peut plus accepter la suprématie de la science, pour nous apporter les réponses. La situation réelle, c'est que les gens ont mis toutes leurs forces dans la recherche. Ils cherchent quelque chose sur laquelle ils peuvent s'appuyer, qui ne soit ni spirituelle, ni matérialiste. Dans une telle situation, il est inévitable que le Bouddhisme ressorte en tant qu'influence prépondérante.

Mais que signifie l'action, exactement? C'est là le point fondamental. Dans le Shôbôgenzô, il y a de nombreuses explications sur la nature de l'action. On en trouve un exemple dans le chapitre Shoaku Makusa, ou Ne Pas Commettre de Torts . Un grand poète chinois, Bai-Lai-dian, discute avec son maître, Zhuoguo Daolin. Bai-Lai-dian (Jap. Haku-Raku-Ten) avait aussi un renom d'homme d'état et étudiait le Bouddhisme avec enthousiasme. Après avoir été nommé gouverneur de plusieurs districts, en Chine, il devint l'élève du maître Zhuoguo Daolin (Giap. Choka Dorin). Il demanda un jour à son maître : "Quelle est la grande intention du Dharma du Bouddha?" Maître Zhuoguo répondit, "Ne pas faire le Mal. Pratiquer les différentes sortes de Bien." Bai-Lai-dian espérait que son maître lui donnerait une réponse savante et philosophique qui le satisferait. Mais maître Zhuoguo lui a simplement dit de ne pas faire le Mal et de pratiquer les différentes sortes de Bien.

Bai-Lai-dian fut très déçu de cette réponse simple et directe, quelque chose d'aussi simple que de ne pas faire le mal et de faire le bien! Il dit au maître, "S'il en est ainsi, même un enfant de trois ans peut le dire!". Il voulait dire que la réponse était si simple qu'elle aurait pu être donnée par un enfant de trois ans. Il montre ici qu'il pensait que le Bouddhisme était une recherche philosophique bien plus sophistiquée, et qu'il ne consistait pas en de simples règles de conduite de notre vie quotidienne. Maître Zhuoguo répliqua: "un enfant de trois ans peut dire la vérité, mais un vieillard de quatre-vingts ans ne peut pas la mettre en pratique!" On peut évidemment faire remarquer qu'un enfant de trois ans peut dire , Ne faites pas le mal, faites le bien, mais il est de fait que cette admonition est très difficile à mettre vraiment en pratique. Même un vieillard de quatre-vingts ans ne peut y arriver.

Cette réponse est une très bonne description de notre situation réelle, dans la vie. Le fait qu'une chose que peut dire un enfant de trois ans ne puisse être mise en pratique par un vieillard de quatre-vingts ans nous montre clairement le gouffre énorme qui existe entre ce que nous pensons et disons en mots, et ce que nous faisons en réalité; la théorie et l'action existent en deux mondes totalement différents. Nous ne nous rendons pas normalement compte de ce simple fait dans notre vie quotidienne. A l'école, on nous enseigne à utiliser le point de vue d'une civilisation fondée sur un mode de pensée qui nous vient, à travers les âges, des idéalistes grecs. Cette conception se fonde sur la croyance qu'il est possible de tout comprendre et de résoudre tous les problèmes grâce à l'intellect. Nombreux sont ceux aujourd'hui qui ont de très fortes réactions à la thèse qui veut que les problèmes ne peuvent être résolus en y pensant, mais seulement en agissant.

Le fait significatif qui nous permet de dire que l'être humain est le plus excellent des êtres vivants, c'est que le cerveau humain se trouve peser plus lourd que celui des singes. Nous avons d'avantage de cellules grises que nos cousins animaux. Cette capacité de penser est ce qui nous distingue des autres animaux. C'est ce fait qui a permis à la race humaine de se poser juste à côté des dieux, en matière de capacité intellectuelle. C'est à cette position que la civilisation occidentale a placé l'Homme dans la chaine de l'évolution. dans cette perspective, il est assez naturel de conclure que nous avons le pouvoir de tout comprendre. La science est fille du grand intellect de l'Homme, et les nombreux développements que nous avons eus dans les champs de la science nous ont amené des bénéfices sans précédents. Le progrès matériel a été si époustouflant que nous croyons naturellement qu'il n'y a rien que nous ne pourrons comprendre, à force. Ce sentiment naturel est devenu une croyance bien enracinée &emdash; que l'intellect règne sur tout.

Si nous jetons un oeil à notre vie quotidienne, pourtant, nous pouvons constater que nous nous faisons des illusions, à cet égard. La vie ne fonctionne pas comme ça. On peut aller en librairie et se trouver confrontés à des centaines et des centaines de livres sur tous les sujets du monde. Si nous en achetons un, que nous l'apportons chez nous et que nous le lisons, il devient vite évident qu'il ne peut nous donner les réponses fondamentales aux problèmes de l'existence. Même si nous pouvons accumuler un tas d'information et de savoir, nous sommes dans l'ensemble incapables de mettre ce savoir en pratique dans nos vies réelles.

Le Bouddha Gautama avait le même type de problèmes. Peu importe combien nous y pensons, peu importe ce que nous pouvons accumuler de savoir sur un sujet donné, même si nous faisons des efforts acharnés pour résoudre notre problème particulier, nous constatons que c'est trop difficile &emdash;Nous n'y arrivons pas, en fait. D'un autre côté, nos efforts nous conduisent souvent à accomplir des choses que nous voulions éviter. Parfois, on dirait que nous en arrivons à ne faire que répéter précisément ce que nous voulions éviter. De sorte qu'en observant notre comportement quotidien, il est clair que nous sommes en réalité très faibles. Quoique nos têtes soient remplies de grandes idées, lorsque nous tentons de les mettre en pratique, le résultat dans le vrai monde est toujours différent de ce que nous désirions. Quand nous vivons de façon habituelle avec la perfection de nos idées en tête et cherchons à fonder nos vies dessus, nous sommes toujours déçus par les résultats de nos efforts. C'est ça, la véritable situation.

Il y a des gens qui forment une pensée, et cette pensée même leur cause beaucoup de souffrance, parce que peu importe ce qu'ils font comme effort, ils n'arrivent jamais à mettre cette idée en pratique. D'autres croient qu'une manière plus sage de faire son chemin dans la vie, c'est de jeter au panier toutes les idées et les buts et de dériver selon la situation. Lorsque les gens font de sérieux efforts pour atteindre leurs idéaux, ils courent tout droit à l'échec, au bout du compte, et ils en sont malheureux. Et ceux qui jettent au rebut toutes les idées et les soucis trouvent souvent difficile de garder une raison de vivre. Vivre au jour le jour en se contentant de laisser passer le temps ne donne pas un sens à la vie. Même si nous pouvons trouver certaines satisfactions dans les plaisirs des sens comme la nourriture ou les beaux vêtements qui nous font nous sentir bien, il y a une limite. Même si nous devenons riches et vivons dans de superbes maisons, on peut toujours douter que nous soyons vraiment satisfaits de nos vies. cette sorte de situation est un problème courant, dans la vie..

Encore une fois, le Bouddha Gautama a été confronté au même problème. A l'époque où il vivait, la religion du Brahmanisme avait dominé pendant plusieurs siècles. Le Brahmanisme enseigne que la réalité divine ultime de l'Univers est Brahma, d'où originent tous les êtres, et auquel ils retournent tous. Ainsi, le monde dans lequel nous vivons est-il l'image de Brahma. Le corps, l'âme et l'esprit humains sont tous faits à l'image de Brahma. Ces enseignements encouragent les gens à développer en eux les éléments de Brahma et d'ainsi redevenir un avec Brahma, état le plus élevé du bonheur humain. On croit que le brahmanisme a surgi en tant que religion vers 1200 ou 1300 avant notre ère. Le Bouddha Gautama Buddha a vécu aux IV° et V° siècles avant notre ère, et donc, au moment de sa naissance, ces enseignements étaient établis depuis longtemps. C'est pourquoi ils avaient dégénéré et s'étaient corrompus, affaiblissant ainsi le pouvoir de la religion à l'époque du Bouddha Gautama.

A cette époque, il y avait une école de philosophie très active et très puissante fondée sur les enseignements de six maîtres hérétiques. De ces six, quatre étaient des matérialistes qui affirmaient que le monde est fondé sur la matière et que les idéaux n'ont aucune valeur. Ils rejetaient la morale et affirmaient que le but de la vie est de satisfaire le corps physique. Ils niaient qu'il y ait une différence entre le bien et le mal. Les deux autres enseignaient une sorte de scepticisme où l'existence d'une norme quelconque pour gouverner les sociétés humaines était niée. Cette école était donc constituée de matérialistes et de sceptiques. Dans ce contexte, il y avait confrontation entre le Brahmanisme traditionnel et les enseignements des six philosophes.

On peut imaginer qu'à partir de son plus jeune âge, le Bouddha Gautama ait pu être angoissé à devoir choisir lequel de ces systèmes il devait croire. Vu son tempérament sincère, il a dû faire de gros efforts pour croire dans le Brahmanisme, et devait être bien au fait de cette religion. Mais il restait très sensible à la question de savoir si on pouvait vraiment croire au Brahmanisme, que celui-ci fut vrai ou pas. Cependant, même s'il finit par ne plus pouvoir croire dans le Brahmanisme, il trouva aussi que les enseignements matérialistes et sceptiques des six philosophes ne pouvaient le satisfaire. dans sa lutte pour trouver quel système était le vrai, il essaya l'ascétisme et Zazen. Après quelque temps, un jour, en voyant au petit matin l'étoile du berger, il se rendit compte que ce monde, ici et maintenant, est splendide. C'est écrit dans les sûtras : "La terre et tous les êtres vivants sont splendides."

L'acceptation totale de toutes ces choses telles qu'elles sont ont donné au Bouddha Gautama la base sur laquelle édifier sa pensée. Si nous considérons les no3mbreux sûtras bouddhiques écrits au sujet de la ralisation du Bouddha, nous pouvons conclure qu'il a atteint ce point de vue ou état parce qu'il vénérait l'action. L'action ne peut pas exister à un autre moment ou endroit que le moment présent; ici et maintenant . Une autre façon de considérer ceci, est en termes de passé, de présent et de futur : peu importe quelles erreurs ont pu être faites par le passé, même si nous les regrettons, nous ne pouvons retourner à ce moment passé pour refaire les choses bien. Il est clair que nous ne pouvons pas retourner dans le passé. En même temps, même si nous voulons atteindre notre rêve ou notre but dans le futur, nous ne pouvons pas aller dans le futur pour cela. Mais si nous considérons la vie comme étant centrée sur l'agir, nous constatons que nous ne pouvons réellement exister que dans le présent. nous ne pourrons jamais retourner dans le passé, et nous ne pouvons pas aller dans le futur.

Ceci est l'essence de ce qu'enseignait le Bouddha Gautama &emdash; l'existence réelle au moment présent. Il a atteint le point où ce qu'il voyait clairement c'est que vivre au moment présent en se contentant de faire de son mieux est la seule façon réaliste de vivre. Aussi longtemps que nous vivons ainsi, il n'y a rien que nous devions craindre, et aucun souci que nous devions nous faire. L'Univers avance sous la loi des causes et des effets. Tout ce que nous avons à faire dans la vie est de vivre pleinement le présent. C'est là l'enseignement du Bouddha Gautama. Et si nous avons cette conception, il n'est rien qui puisse être insurmontable dans nos vies. Même si des problèmes surgissent et passent, avec une action sincère les choses doivent s'améliorer avec le déploiement de la causalité. Mais il nous faut faire des efforts, même dans les moment heureux, pour maintenir cet état de bonheur. C'est là la situation réelle, et c'est ce que le Bouddha Gautama enseignait. Centrés sur l'action, les gens peuvent résoudre tous leurs problèmes.

Nous avons beaucoup de chance que les enseignements du Bouddha Gautama nous soient parvenus à travers les siècles, et nous pouvons ressentir sa grande bienveillance. J'encourage tout le monde à étudier et à suivre ces enseignements de toute leur énergie et de vivre en suivant les critères de l'enseignement du Bouddha sur l'agir.

Traduction de la première partie d'un interview accordé par Maître Nishijima à la radio 1 de la NHK en décembre 1994.
©Windbell Publications

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 07:52

"Quand on fait zazen, on peut connaître de plus en plus profondément ses points faibles, ses mauvais côtés - pas seulement au point de vue moral"

"Se concentrer sans but, ici et maintenant, et ne pas s'attacher à vouloir changer"

"La sagesse, c'est apprendre à ne pas souffrir d'un échec"

"Dans notre vie, inutile d'avoir peur. Mais si nous ruminons, pensons, doutons, nous aurons encore plus peur"

"L'aide la plus haute est d'apporter la paix spirituelle aux hommes"

"Ce n'est pas au moment de mourir que l'on doit se dire: "Comment mourir, pourquoi mourir?". Dans un tournoi à deux sabres, on ne se dit pas: "Je ne veux pas mourir! Et si je perds, comment vais-je faire?". Dans le combat, c'est le corps et l'esprit ensemble qui agissent et qui acceptent la mort. Pour vivre [...] Par l'abandon du corps, la mort devient facile"

"Il ne faut pas avoir de but dans le zen"

"Lorsque vous abandonnez tout, lorsque vous vous dépouillez de toutes choses, quand vous en avez terminé avec votre conscience personnelle, à ce moment là vous êtes Dieu ou Bouddha...Quand tout est achevé"

"Si vous faites zazen, votre karma se modifie complètement et devient meilleur"

"L'ego abandonné signifie le vrai bonheur"

"L'esprit et le corps sont une même chose, comme les deux faces d'une feuille de papier. [...] L'esprit existe dans chacune de nos cellules et, à la fin, l'esprit lui-même est le corps et le corps lui-même est l'esprit"

Tiré de Questions à un Maître Zen, éd. Albin Michel

 

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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 11:04
 

Voici un recueil de contes écrits par Richard Gordon Smith. Beaucoup sont inspirés par l'éthique du Bushido et la pensée bouddhiste.

 

Fairy Tales of Old Japan , de William E. Griffith (en anglais)

 

Autres ressources

 

 

attention: sites en anglais

 

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 10:39

Voici quelques questions posées à Maître Deshimaru par ses disciples, tirées de Questions à un Maître Zen.

Peut-être pouvons-nous nous même y apporter des réponses.

- Quand les attachements et les illusions s'évanouissent (par la pratique de zazen), que reste t-il?

- La recherche personnelle de libération intérieure n'est-elle pas égoïste par rapport à la recherche de libération collective?

- Quand quelqu'un se trompe sur quelque chose, faut-il le laisser faire ou essayer de lui montrer son erreur?

- Pensez-vous qu'il y ait une survie de l'âme après la mort?

- La mort est-elle le satori?

- Comment vivre ici et maintenant quand on pense toujours à la mort?

- Pourquoi sommes-nous imparfaits? Etions-nous parfaits avant et devons-nous le redevenir?

- Nous vivons une époque de complète décadence. Pensez-vous que par la suite la civilisation pourra se ressaisir?

 

Tiré du chapitre "Dialogue avec des moines chrétiens":

- Peut-on abandonner l'égo complètement? N'est-ce pas un idéal?

- Supposons qu'un bouddhiste ne se pose plus de question à propos de sa mort, quelle est sa raison de vivre?

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 10:38

Selon Maître Taisen Deshimaru:

....le plus important est de se concentrer ici et maintenant.....

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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 16:48

Un petit extrait tiré des pages du site nihon-zen, rappelant pourquoi nous faisons des arts martiaux:

"Autant que des techniques de combat les arts martiaux sont des moyens de se réaliser, d'atteindre la maîtrise et la connaissance de soi. La démarche spirituelle, voire religieuse, fait partie intégrante des arts martiaux. Les grands maîtres ont toujours enseigné que l'important n'est pas de se battre, que l'art de la guerre doit être celui de la paix et que, en définitive, il faut gagner sans se battre. C'est l'harmonie qui triomphe du désordre. Un maître du sabre ne tue pas son ennemi : c'est celui-ci, par manque de sagesse, qui vient se détruire sur le sabre. En quelque sorte, les arts martiaux relèveraient de la dissuasion vis-à-vis des autres, ils constitueraient une méthode pour vaincre l'adversaire (parfois en profitant de ses faiblesses) et seraient surtout une voie pour atteindre l'ultime état de la sagesse."

Le meilleur des sabres est celui qui reste dans son fourreau...


 

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 14:49

 

Budo, par Morihei Ueshiba

« Budo », en japonais veut dire la « voie du guerrier ». À l'époque moderne, ce terme a pris une connotation très morale et spirituelle et il n'a peut-être jamais été autant personnifié que par le maître Ueshiba Morihei, le créateur de l'aïkido. Cette discipline martiale héritée des techniques de saisies à mains nues et des techniques de sabre des anciens samourais est aujourd'hui l'une des écoles martiales les plus appréciées par ceux qui veulent voir dans les arts martiaux une école du coeur et de l?esprit. Cette oeuvre capitale contient l'ensemble des réflexions personnelles du fondateur sur les principes premiers de son art, exprimées dans une prose très dense et très riche, ainsi qu'en vers mystiques. Cet ouvrage, manuel technique qui expose les buts ultimes et l'esprit de la discipline est très important pour les aïkidokas, car il s'agit de l'unique ouvrage technique en image de O Sensei Ueshiba. Plus de 400 photos du Fondateur en mouvement, illustrant essentiellement la période d'avant-guerre, époque à laquelle il achève de concevoir l'aïki-budo, l'aïkido des origines.
 
 

L'essence du Zen, par Sekkei Harada

Beaucoup de gens pensent que le zen est quelque chose de difficile. C'est une méprise. Les caractères chinois utilisés pour le mot « zen » signifient : « Démontrer la simplicité. » Le zen est donc un enseignement extrêmement clair et concis.
Qui crée ce labyrinthe où l'esprit et le corps sont noués dans des troubles et des complications, à tel point qu'il lui est impossible de bouger ? Où que vous viviez, en Orient ou en Occident, c'est vous-même. La cause n'est autre que l'Ignorance de la vraie nature du Soi.
« Te connais-tu toi-même ? », « Qui es-tu ? » Si l?on vous posait ces questions, que répondriez-vous ? En réponse au sincère désir de connaître l'essence du Soi, ce qui veut dire de rencontrer la vraie nature du Soi, le zen offre la quête de ce vrai Soi et elle peut commencer n'importe où et n'importe quand.

Ce livre est écrit pour ceux qui veulent pratiquer, mais qui n'ont jamais été jusqu'à expérimenter. Le livre donne une explication simple et concrète de la théorie et des principes du zen, aussi bien que de sa réalité et de son essence.

Sekkei Harada , né en 1926, est le Abbé du temple zen Hosshin-ji de Fukui au Japon. Il entra au temple en 1953 et termina son séminaire en 1957. En 1974 il devient père supérieur puis abbé du temple. Il est reconnu par le groupe zen Soto comme Shike (maître) en 1976. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres sur le zen en japonais et anglais
.
 
 
 
Le Sabre et le Divin, par Risuke Otake
 
 
L'école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu est renommée pour l'excellence de sa technique dans le domaine des armes et pour son haut niveau culturel. Cette école qui est au fondement et à l'origine des arts martiaux japonais est connue dans le monde entier et a su entretenir à la fois un art de combat fort remarquable et une civilisation raffinée et profonde. A notre époque qui a tendance à perdre de vue la signification réelle de l'art du sabre, comme le souligne dans sa préface le grand-maître de l'école, le travail de maître Otake qui s'inscrit dans la grande tradition des arts martiaux classiques japonais constitue une contribution spirituelle indéniable.
En France très nombreux sont les pratiquants de disciplines martiales diverses, dont ceux de la sphère aïki, qui se reconnaissent dans la Katori Shinto Ryu et qui basent leur étude des armes sur son enseignement.
Ce livre contient l'intégralité de l'enseignement de cette grande école d?escrime : sabres, bâton, hallebarde, lance.

Risuke OTAKE, est le plus éminent expert de l?école Tenshin Shoden Katori Shintô Ryû. Sa technique est reconnue par tous comme la plus pure en matière d'escrime japonaise.
 
 

Points vitaux, par Henry Plee (voir aussi Points de vie ,par Henry Plee et Fujita Saiko)

 

Ce livre, attendu depuis des dizaines d'années, recèle rien de moins que l'ensemble du savoir conservé jalousement depuis les temps les plus anciens par les écoles traditionnelles japonaises et chinoises sur l'étude des points vitaux. Ce savoir fut remis sur ordre de l'État-Major japonais pour sauver l'empire japonais de la débâcle de la Seconde Guerre mondiale. Maître Fujita Saikô, 10e dan de ninjutsu et kenpô, nous présente les résultats des recherches médicales militaires ; Maître Henry Plée, 9e dan et père du karaté européen, nous dévoile le résultat de son savoir, de ses expériences. Ce livre est leur héritage qu'ils vous lèguent. À vous de faire l'usage que mérite cet art ultime.Avec les archives secrètes des 32 écoles traditionnelles japonaises. Le livre phénomène de cette fin de siècle ! 

 

L'essence du ninjutsu, par Masaaki Hatsumi

Tiré des textes anciens des maîtres du passé, et de techniques démontrées en dojo (par des photos, dessins, peintures) le dernier grand maître de l'art du ninjutsu encore vivant, Dr. Masaaki Hatsumi, présente ce qui est l'essence du ninjutsu : Les Neufs Traditions. Il y explique pourquoi, après plus de 900 ans, l'art des guerriers de l'ombre continue à inspirer et à servir les pratiquants du monde entier. Ce livre de Dr. Hatsumi contient des rouleaux historiques des ninjas et décrit des techniques de self-défense, démysifie des tours qui sont atrribués aux ninjas, mais qui proviennent plus de tours de cirque que des arts martiaux. L'essence du ninjutsu est un ouvrage qui fait référence en la matière, met en lumière les origines du ninjutsu, expliquant comment cet art continue à enrichir la vie des pratiquants d?aujourd'hui.

Masaaki HATSUMI né en 1931 au Japon, est le maître de ninjutsu le plus gradé et le plus mondialement connu. Il est le grand-maître et l'héritier (sôke) de neuf écoles traditionnelles d'arts martiaux dont trois écoles de ninjutsu. Il est le promoteur du ninjutsu international qu'il a fait sortir de la clandestinité dans les années 1980 par ses efforts d'adaptation à l'esprit occidental et a ouvert à plus de réalisme. Tous les experts occidentaux d'aujourd'hui ont été ses élèves.
Son école le Bujinkan a fusionné l'ensemble de ses connaissances sous le terme de Budô Tai-jutsu, signifiant ainsi que son enseignement va bien au-dela du ninjutsu.
 
 
 
 

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 13:43

 Questions à un Maître Zen (éditions Albin Michel - Spiritualités Vivantes)

Qu'est-ce que le Zen? Qu'est-ce que la posture zazen? Qu'est-ce que le karma? Et le satori? Quels sont l'importance et le rôle de la tradition dans la transmission du Zen, mais aussi dans notre vie de tous les jours? Et qu'en est-il au juste de la relation de maître à disciple? Le grand maître japonais Taisen Deshimaru répond ici à ces questions, parmi beaucoup d'autres.

ce livre réunit l'essentiel des réponses que Maître Deshimaru apporta, durant les quinze années de sa présence en Europe, aux interrogations de ceux qui pratiquaient le Zen sous sa direction et qui poursuivent aujourd'hui sa mission. Ces réponses, fortes et imagées, d'un humour parfois abrupt, constituent à la fois une excellente introduction à la pratique et à la philosophie du Zen, et un appel à vivre réellement la totalité de notre être.

 

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Extrait de l'Introduction par Evelyn de SMEDT

Le Zen est l'enseignement de l'éternité, éternité qui n'est que la succession de chaque instant qu'il est important de vivre profondément. Soyez vigilants, disent les Maîtres zen, aiguisez votre attention mieux que la plus fine épée. Alors seulement vous serez dans la Voie, alors seulement vous pourrez en terminer rapidement avec toute chose. Car on ne peut tout obtenir qu'en abandonnant tout.
Si nous ouvrons les mains, nous pouvons recevoir toute chose; si nous sommes vides, nous pouvons contenir l'univers entier. Vide est la condition de l'esprit qui ne s'attache à rien et vit pleinement l'instant présent.
Le Zen est l'espérience, une pratique à partir du corps, zazen, être dans l'instant même, au-delà de toutes les existences de l'univers, atteindre la dimension de Bouddha et vivre dans cette dimension.
Quand le cerveau humain est calme, le corps immobile, dans une condition de profonde sérénité, le microcosme humain est l'image parfaite et harmonieuse du macrocosme.
Pendant zazen en se concentrant sur la posture du corps et le rythme de la respiration, en développant une expiration lente et prolongée qui apporte une force de plus en plus puissante dans le hara (le bas du ventre, l'océan de l'énergie), l'harmonie juste s'établit, produisant l'état d'éveil. C'est l'état ultime qui s'accomplit de lui-même, inconsciemment, naturellement, automatiquement, sans volition, sans recherche, en oubliant seulement corps et esprit.
Zazen est le retour à la condition normale, originelle du corps et de l'esprit, l'unité de l'objectif et du sibjectif, l'ultime conscience au-delà de l'espace et du temps, l'éternité. [...]

 

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